Sovra l'asin, Silen, di ber sempre avido
Gon vene grosse nere e di mosto utnide Marcido sembra sonnacchioso e gravido :
Le luci ha di vin rosse enfiate e luinide : L'ardite ninfe l'asinel suo pavido Pungon col tirso, e lui con le man tumide A' crin s'appigiia; e raentre si l'aïzano, Casca nel colle, e i satiri lo rizano. »
« Candida c ella, e candida la vesta, Ma pur di rose e (iordipinta e d'erba; Lo inanellato crin dell'aurea testa Sceiide in la fronte umilmente superba.
Ridegli attorno tutta la foresta, E quanto pu6 sue cure disacerba.
Nell'atto regalniente è mansueta; E pur col ciglio le tempeste acqueta. »
« Giurar potresti che dell'onde uscisse La dea premendo con la destra il crino, Con Taltra il dolre porno ricoprisse ; E stampata dal piè sacro e divino, D'erbe e di fior la rena si vestisse ; Poi con semblante lieto e peregrino
Vernis de Botticelli. Et sans doute que Raphaël, quand il peignit su Galatée à la Farnésine, se souvenait de cette stance de Politien : « Deux beaux dauphins tirent un char. — Dessus est Galatée qui tient la bride; — Et eux nageant respirent de concert; — A l'entour s'ébroue un troupeau plus lascif. — L'un crache l'onde salée; d'autres s'enroulent; — Celui-ci paraît rire et jouer par amour. — La belle nymphe, avec ses sœurs fidèles, — D'une si grosse chanson, gracieuse rit*. »
Tout cela est net, catégorique, évident, dun dessin clair, d'une couleur bien liée, agencé et relevé avec une adresse tout aimable. L'octave, si diffuse chez Boccace, et brisée dans la rappi^esentazione ^ et âpre et inégale encore dans les Silve du Magnifique, s'assouplit, s'allonge, se recueille, s'accorde et s'ajuste et devion l'instrument léger et sonore que l'Arioste et le Tasse von porter à leurs lèvres. Et au bruit de ses accords savants la Renaissance s'ouvre une route triomphale.
Non seulement l'antiquité donne à ce petit poème, à la fois laudatif, lyrique et didactique, sa conception générale, empruntée aux délicates versifications de l'Age d'argent, mais son détail avec ses épithèles, mais ses épisodes avec ses personnages. La figure de Julien ressemble à l'Hippolyte d'Euripide et au Narcisse d'Ovide; la chasse de Julien se rappelle lâchasse de Didon ; le palais de Vénus est bâti de matériaux arrachés au De niiptiis Honorii et MarLv de Claudien. Le modèle antique soutient l'inspiration indigène qu'il
D.ille tre ninfe in grembo fusse accolta E di stellato vestiniento involta. »
« Due formosi ilclfiiii un carro tirono : Sovra esso e Tinlatea clie'l fren corrcgge ; K (\w\ notando pariaicnlc spirono :
lluolasi allorno niù lasciva gre^'ge.
Oual le salse otinc spiitn, c (|uai s'aggirono Quai par chc por aiinir gunxrhi c vanegge. La hr-lla ninf'a con le suore fUie Di si rozo canlar vezosa ride. »
harmonise, équilibre et accomplit; il lui impartit sa ^râce fine et son sourire tranquille; il la marque d'un caractère d'éternité. En môme temps, cette œuvre d'élégance et de sobriété n'est pas une servile copie de l'antiquité. Elle se ressouvient par endroits de la rudesse vigoureuse de la commune; elle garde la spontanéité et la crudité des choses locales ; elle prolonge l'accent familier du terroir. Politienne connaît pas qu'Homère, Euripide, Virgile, Ovide et Stace; il connaît Dante et Pétrarque, il connait les vieux poètes du doux style, il connaît les chansons de la rue. Glaudien et Guido Gavalcanti ! Anacréon et un berger de Pistoie! Et tout ce qu'il connaît, il le met en u-uvre. Il harmonise les mille éléments de culture que s'assimila son génie studieux et curieux, les broie, les mélange, les amalgame en son petit creuset doré et les fond en un précieux métal de Corinthe, dont la nouveauté etl'éclat sont pour charmer le monde. Son petit temple inachevé paraît attique ; il ressemble à une de ces façades adorables dont les Grecs migrateurs semaient leurs colonies; seulement la claire lumière de Toscane joue autour; il s'encadre de cyprès et de collines bleues; par l'intervalle des colonnes on voit fuir vers l'horizon la ligne argentée et sinueuse de l'Arno ; en sorte que, quoiqu'il en ait, il reste toscan. 11 conserve je ne sais quelle grâce fine et maigre, quel contour sec, quel profil précis et fort qui le rapproche des monuments d'art contemporains et autochtones, des bronzes de Verrocchio, des palais de Brunelleschi, des mylhologies de Botticelli.
Et comme ces choses, il porte à son fronton l'écusson des Médicis, qui aimaient cette forme de beauté et l'aidèrent à naître dans le monde.