L. iN. (^ittadella, Ucaslello di Ferrara, Ferrare
3. « Beuchè in aruii e di colpi non fossi niolto strenuo... »
4. « Questo sif,'nore senipre lu campnf,'na cavalcava vestito di panne d'oro e di seta: per la terra porlava collane di settanta inillia ducati luna. » {Diario ferrarese, Muratori, Rerum, t. XXiV, p. 233
Frédéric III de passage, qui le revêt d'un manteau rouge fourré de vair, le coitîe du bonnet ducal, larme de l'épée nue, le titre duc de Ferrare, de Modène, de Reggio, comte dePolissene enRovigo. Et autour, massé sur la place, le peuple crie d'une seule voix : Diica, Diica!^ En 1471, lorsqu'Herculc d'Esté l'ait son entrée à Ferrare, la baguette d'or à la main, il est vôtu, « à la ducale », du manteau de brocart cramoisi, du collier chargé de pierreries, du bonnet constellé de diamants : descendu de cheval, il entre àTéglise sous un baldaquin de satin noir. Lorsqu'un Este part en voyage, il emporte avec lui un équipage princier : 175 mules à ses couleurs pour le gros bagage. 75 mules aux clocbetles d'argent et aux manteaux de velours cramoisi pour sa garde-robe, 500 cavaliers en brocart d'or, 80 veneurs tenant chacun quatre chiens en laisse, les trompettes, les fifres, les estaliers, les écuyers en brocart d'argent, et la suite^.
Les Este battent monnaie, publient des bans, appliquent la torture, donnent audience, rendent justice, conduisent la guerre. 11 faut qu'on les serve et qu'on les respecte. Qui dans le huis-clos de sa maison clabaude contre eux, ou refuse de coudre une veste à un de leurs pages, ou dit d'une de leurs entreprises « que Dieu même n'aurait pu la tenter», paie l'amende^. Il faut qu'on les nourrisse. Les premiers jours de l'année, les Este à cheval vont «chercher leur aventure », c'est-à-dire demander leurs étrennes; le 5 janvier 1 i-73, Hercule d'Esté reçoit 823 chapons, 276 formes de fromage, 103 perdrix, 82 langues salées, 02 saucisses, 5i veaux, 291 boîtes de bonbons, des oies, des
\. iJiario ferrarese, ih., p. 200.
2 « In primo p/isso ill'i iniilli ron le sue coperle di panno alla divinn binnco, rosso e vende, et allri 75 con la f,'iifir(la robba di sua persona, ronerli 'di velludo crcuiesino cou le (iriiii a recami ddro, H quali T.'i inuili havevnno cauiftanazzi d'urgonto al collo...» (A. Cappiiili, Nolizie di V. (.'aleffini Alli e Meuioric pir le prov. uiod. c parmciisi, Mod/îtie, 18()'., p. :{0(i.)
3. A. Venturi, L'Arle a Ferrara nel periodo di Dorao d'Esle^ Turiu, 1886.
LA RENAISSANCE A FKRRARE 347
agneaux, dos épices, de la cire, du vin'. La hiérarchie est ligoureuse, Téliquelte stricte. Aux tables d'honneur, on boit dans des coupes d'argent à pied; aux autres tables, dans des coupes d'argent sans pied. Lorsqu'avant le repas, les Este trempent leurs doigts dans des bassins d'eau de rose, la sociétd se découvre. Lorqu'ils éternuent, la société se découvre encore.
La chevalerie, qui n'est ailleurs qu'un souvenir littéraire et galant, est ici une réalité vivante. Il y a un ordre chevaleresque, celui de l'I'lperon d'or, des jeux d'amour, des questions d'honneur, un champ clos, Via del Praisolo, réservé aux duellistes; des carrousels, des lêtes et des joutes d'armes, où l'on y va de tout son cœur, de toute sa force. « Le 18 mai 1466, raconte le Diario Ferraresc, le très illustre duc Borso fil faire une belle joule sur la place de Ferrare, qui dura trois jours; et il fit un château jusqu'au palais d(» la Ragione, et les cavaliers y arrivaient un à un, armés, la lance à la cuisse ; et lorsqu'ils arrivaient à la barrière, ils demandaient qu'elle leur fût ouverte; et un capitaine répondait de ne point entrer, mais qu'il fallait combattre corps à corps avec un vaillant cavalier; et lui répondait qu'il voulait passer, et combattre, et voir s'il était homme si vaillanl... Et ça dura trois jours-. » Le 6 juin 1476, le duc Hercule fait assavoir, «à ceux qui désireraient s'employer par vertu et par force, d'aller au delîi pour remporter le prix de leur valeur, et qu'ils seront bien vus et caressés ^ » En 149i, le comte Niccolô da Correggio sort vainqueur d'un tournoi proclamé h la Défense du Dieu Amour. Guido Vaino da Imola tue le cheval d'Aldobrandino Pialtese. Galeozzo da San- Severino armé d'une lance, « grosse comme un homme à la cuisse », casse la tète à un seigneur de Mirandole.