A. Solerti, At. e Mem. per le prov. di Honiagna, x
3. " lo scio che tu sei Ferrarese; et io Ferrarese ; et Fcrrara. inclita città de Italia ne ha produoti. alcvati e arresciuti, e perù non sajuvii io adriciare la linjfua se non al Ferrare.se idioina. » (A. Venliiri. L'Arte a Ferrare net j/criodo di Horsu U'Jîsle, Turin, 188(i.)
LA RENAISSANCE A FERRAKE 357
leur luxe obligé. II en faut aux festivités heureuses qui épantlout des octaves parmi les roses, aux cortèges de Nymphes chasseresses qui ofl'renlaux hôtes des rimes avec des pièces de gibier, aux réunions triomphales qui honorent les visiteurs illustres de harangues magnilogucs et de mythologies apprêtées ; il en faut pour les banquets dont les services sont introduits par des dieux de l'Olympe et les intervalles charmés par des histoires; pour les tournois dont les exploits de force sont parfois préfacés par une dispute de poésie; pour les estrades dressées le long des processions, où des scènes dramatiques se jouent ou se miment; il en faut dans les spectacles de gala, oii quelque fable ou comédie sert d'occasion aux intermèdes, ballets, musiques, danses, pantomimes et machinerie ingénieuses. Et Ferrare entretient des poètes, des novellie?'i, des cantastorir, comme elle entretient des peintres, des musiciens, des brodeurs, des tapissiers, des mimes et des bouffons.
Bizarre petit groupe littéraire que celui-ci, allant du noble comte de Correggio (1450-1508), beau, riche, gracieux, arbitre de toute élégance et maître de toute vénusté, au pauvre domestique Antonio Cammelli (1440-1510), relégué avec les estaiiers et les esclaves à l'oflice, où il mange sur une nappe trouée <( du pain qui a des poils et de la vache qui semble du cuir», et cela en passant par le chante-histoires Francesco Cieco, qui, quoi([u'aveugle et portant son infirmité inscrite sur son front, et n'apercevant, « ni lumière, ni horloge, ni étoile », et contraint par la pauvreté, qui lui enlève « la hardiesse et le talent*, » a mendicart' le sue spese^ n'en est pas moins le premier des chante-histoires.
Bardes nomades, latinistes en rupture de ban, grands seigneurs dilettante, fonctionnaires lettrés, subalternes de talent, serviteurs de cour propres à tous les offices;