‹ Le quattrocentoChapitre 121 sur 151 · lo ti dono le chi.ivi in seinpiterno · texte numérisé non relu

lo ti dono le chi.ivi in seinpiterno

Délia mia vita, e tien tu il core e l'aima, io vo'che il nostro anior si facci eterno, Tu se' colei che l'ulivo e la i)alnia M'arrechi, e che rai cavi deirinferno. »

{Morgante, XV, 69.)

et que l'empereur est en danger, se soucie comme d'une paille de la France; bien mieux, il souhaite «que les saintes bannières aux Ijs d'or, et Charles, et son monde, soient abattus ' », pour que lui-même puisse conquérir Angélique. Christ et Charles n'expliquent plus à eux seuls les mêlées furieuses de deux peuples; c'est pour s'emparer de Baïardo et de Durindana que Gradasso amène cinq cent mille chevaliers du fond des Indes ; pour égaler Alexandre, moins que pour « agrandir la loi de Mahomet», qu'Agramante traverse la mer. La lutte des croyants et des infidèles reste le cadre du poème, non plus son idée déterminante. Le monde n'est plus partagé en bons et en méchants, ceux de Chiaramonte et ceux de Maganza. Partout on trouve de la valeur. Si les chrétiens comptent Orlando, Rinaldo, Griffonne, Aquilante et les autres, les Sarrasins leur opposent, Brandimarte et Ferraguto en tête, des « rayons de puissance » qui les égalent : Chrétiens et Sarrasins se ressemblent; comme on Ta dit, «ils vivent sous une même loi : la Chevalerie ». Et c'est l'amour qui leur a donné cette loi -.

Seul Amour a pu opérer ce miracle de faire de preux de Charlemagne des chevaliers errants, de donner des manières fines à ces soldats, de distraire des entreprises nationales ces héros. Amour est le plus grand maître, et Amour est despote absolu. C'est Amour « qui a trouvé les rimes et les vers, les musiques, les chansons et toute mélodie 3 ». C'est Amour « qui a réuni en douce compagnie les races étranges et les peuples dis-

1. « A pregar Iddio divotamente Che le santé bandiere a gigli d'oro Siano abbatlutc e Carlo e la sua génie. »

(II. XXX, 6i.)

2. Pio Rajna, Fonli deliOrlando furioso, Florence, 1876, p. 19-28. — L'Orlando innamnralo di Malleo Maria Hoiardo, Studi, p. 117.

3. « Aiiior primo trovo le rime e' versi, I siinni, i canli cd ogni melodia;

E genti islrane e popoli dispcrsi Cungiunse Aiiiore in dolce cornpagnia. »

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