‹ Le quattrocentoChapitre 122 sur 151 · II, IV · texte numérisé non relu

II, IV

perses' ». C'est Amour « qui infuse aux tigres une àme pieuse et fait les hommes dieux». « Jeunes et vieux s'en vont à sa danse, la basse plèbe comme le seigneur altier. L'amour n'a pas de remède, et la mort n'en a pas. Il prend un chacun, tout le monde et de toute sorte*. » Et grâce à l'Amour, les deux matières de France et de Bretagne, les deux cycles de Charles et d'Arthur se pénètrent, s'étreignent et se confondent. Leurs noces seront fécondes : il en sortira Angélique.

Le poème s'ouvre par la description d'une cour royale. Nous sommes à Paris, à la Pàque des roses. Charlemagne est assis sur un trône d'or à la Table ronde; autour de lui, ses paladins et ses preux, et par quartiers de noblesse, les rois, les ducs, les marquis, les barons ; étendus à leur façon sur des tapis, les Sarrasins ; et, parmi ces groupes aimables, qui boivent de compagnie en des calices précieux et raisonnent à mivoix de belles choses, on distingue déjà quelques femmes, Gallerana, Aida, Clarice, ArmcUina. Soudain, entre quatre géants et flanquée de son frère Argalia, apparaît Angélique, si blonde, si claire, si délicieusement jolie qu'incontinent les uns et les autres en tombent amoureux. Namo au poil blanc, Rinaldo qui devient rouge comme braise, Ferraguto qui, tantôt sur un pied, tantôt sur l'autre, se gratte la tête et « ne retrouve plus lieu », et le plus frappé au cœur est Orlando. Les conditions qu'aux chevaliers pose la donzelle, que Malagigi a soudain reconnue pour magicienne et fille du roi Galafrone, sont de cet ordre : qui se mesurera en champ clos avec son frère Argalia et le jettera bas des arçons aura pour récompense son

1. « Amore è c|uel che dona la vittoria E dona ardire al cavalier armato. »

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