I, XXV
2. « Cotanto amava lui quella dori/.ella Che di fada turbare avea paura; Turpiii che mai non mente, di ragione in cotai atto il cliiama un babbïone. »
(II, XIX, oO.)
la suit, s'amusant des adorations qu'elle soulève, égrenant son rire dans le silence admiratif où elle passe. Se& amoureux qui souffrent, qui pleurent, ne sont qu'un hochet à ses doigts cruels et malicieux; quand ils l'ont servie, elle les rejette, et pour se défaire d'Orlando, elle l'envoie chez la fée Morgana, c'est-à-dire à la mort. Et elle serait odieuse, si elle n'était, elle aussi, une victime de la loi damour. Ayant bu au Fleuve d'amour, elle a aperçu Ranaldo couché dans un pré et, aussitôt subjuguée, elle a effeuillé des lys et des roses d'épine sur le visage de l'endormi; mais Ranaldo, qui a bu à la Fontaine d'oubli, la repousse, et, en dépit de ses rebuffades, elle continue à l'aimer. « Le seul mal que tu puisses me faire, lui dit-elle, est de me mépriser, mais tu ne peux pas empocher que je t'aime. » Dédaignée autant qu'elle dédaigne, pleurant autant qu'elle fait pleurer, souffrant autant qu'elle fait souffrir, elle est notre pauvre sœur humaine en douleur et en passion. Boïardo qui avait trop pâti des femmes, n'aimait guère les femmes, « mobiles comme feuille au vent, enjôleuses, simulatrices, ouvrières de fraudes et de mensonges», ressemblant à l'Origilla dont il nous a tracé la silhouette, « dame d'extrême beauté et remplie de caresses, qui tenait les larmes à son commandement, ainsi qu'une eau do fontaine et faisait voir aux hommes des violettes en plein hiver' ». Mais Boïardo avait connu Antonia Caprara, et si, pour tout le mal qu'elle lui avait fait, il pouvait dire comme Orlando : « Que maudit soit à jamais celui qui se he à quelque femme que ce soit! » en souvenir de la joie qu'elle lui avait donnée, il pouvait ajouter comme le paladin de France : « Pour