L'alto e giusto Motor che tutto vede E con eterna legge
Tempra le umane e le divine cose,
Siccome ei sol la su governa e regge
R solo in alto sede
Fra quelle anime elette e luminose,
Cosî qua giù propose
Chi de' mortali avesse in mano il freno :
Chè mal senza rettor si guida barca.
Perù con lalma scarca
408 LE QDATTROCENTO
C'est ainsi qu'en dépit de tant de choses charmantes et dignes d'intérêt, au moment même oii la Renaissance esta peine éclose et oii la Giostra de Politien garde dans ses vives arêtes je ne sais quel ressouvenir de la rude et robuste Commune, Naples, dont l'âme s'est liquéfiée au soleil de la monarchie, développe le germe de la décadence.
Désormais le cercle est bouclé, et l'œuvre du Quattrocento est accomplie. Toutes les voies littéraires que suivra le siècle à venir sont ouvertes. A Machiavel, à Guichardin, au Castiglione, Leone-Battista Albert! a donné la prose, et les princes, les politiques, les courtisans ont donné la matière. A l'Arioste, Politien a donné la forme et Boïardo le fond. Au chevalier Marin, Naples a donné le mauvais goût.
Houlettes et pastorales, madrigaux et dithyrambes, festons et astragales ; ornements, préciosités, mièvreries, concetli; le geste grandiose et la miette mignarde, l'enjolivure et la boursoufflure,les afféteries maniérées, tortillées, chiffonnées, et les métaphores à panaches, les hyperboles dressées sur leur cothurne, la sonorité continue; toutes ces efflorescences du vide qui s'enfle ou se brode, se tuméfie ou se ravaude, se pavane ou se pomponne ; toute cette littérature de monarchie qui va s'accroître, prospérer, infester les cours d'Espagne, d'Angleterre, de France : tout cela est né.
Il faudra la Révolution pour le détruire.
Di sospetto e di sdegni, e col cor pieno D'un placer dolce ameno, Al voslro s ta to primo Ititurnate... »
(Sannazaho, Le Rime.)