‹ Le quattrocentoChapitre 2 sur 151 · DIFFUSION DU GREC EN ITALIE · texte numérisé non relu

DIFFUSION DU GREC EN ITALIE

lesta colloque dans son église la dépouille de Gémistc Pléthon, qu'il a fait rechercher en Orient. En 1478, à Manloue, Demetrios Moschos dédie au marquis de Gonzague sa comédie grecque de Neera. A la môme époque, Ermolao Barharo lit u la lueur des premiers rayons du soleil les Idylles de Théocrite à la jeunesse dorée réunie dans son palais; Ercole Strozzi de Ferrare entreprend de chauler en grec la Guerre des Géants^ et le pore d'Ercole Strozzi, Tito-Vespasiano, exalte en hexamètres la princesse Blanche, qui compose des vers grecs ^

Acclimaté par les maîtres d'Orient ou par les maîtres d'Italie, le grec a pénétré dans chaque province, on peut dire dans chaque l|niversité et chaque cour. Et ce n'est pas une des moindres surprises de cette époque si fertile en surprises que de voir Uome, citadelle de la culture latine, ouvrir toute grande sa hihliothèquc vaticaiie aux heautés dangereuses d'une pensée profane ou schismatique. Car c'est hien la Grèce entière, classée, étiquetée, mise à la portée de chacun dans un latin clair et dans des manuscrits splendides que le pape humaniste Nicolas V rèvc d'aligner dans son palais. Impatient, nerveux, hilieux, distribuant l'ouvrage, réparlissant les journées, il met en quelque sorte la Grèce en coupe de traduclion réglée. H partage Aristote enlre Trapezuntios, Gaza, Tifernate ; donne Thucydide et Hérodote à Valla ; Diodore à Poggio; Appien à Decemhrio ; Théophraste à Gaza; IHoîémée à Traj)ezuntios ; Epictète à Perotti, Homère à Marsuppini. «Tu nous as ordonné, lui dit Valla, à nous qui parlons les deux langues, de mettre autant que possible la Grèce à tes pieds, c'est-à-dire de traduire des livres grecs en latin. » Le roi de Naples, Alphonse, partage celle passion, u S'il y avait eu, écrit Vespasiano, un

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