Sive lied faciles uumeris iiicludere versus
Libéra sou peJibus coiiipouere verba sdIuIIs, Sive quid ijisa ])aras (jrajie uon inscia lingu.t. »
autre pape Nicolas et un autre roi Alphonse, il ne restait chez les Grecs aucun livre qui ne fût traduit. » Federigo di Montefellro, prince d'Urbin, achète tout ce qu'il peut acheter : Arislote, Platon, Homère, Sophocle, Pindare, Mènandre, les Vies de Plutarque, la Cosmographie de Ptoléméc, Hérodote, Pausanias, Thucydide, Polyhe, DémosLhcne, E;chinii, Plotin, Hippo-. crate, Galien, Xénophon, tous les docteurs et tous les pères. Avecles livres, ont fait venir les gens. L'un des premiers, Pallas Slrozzi, exilé à Manloue, entretient deux Grecs, Jean Argyropoalos et Andronic Callistos, qui, pour le consoler de ses chagrins, lui lisent Platon et Aristote : lorsqu'il se promène dans les rues, il marche llanqué des deux savants, « et il n'y avait personne, ni petit, ni grand, qui ne lui tirât son bonnet». Un des derniers, le prince Alberto Pio deCarpi, héberge le Grec Marc Musuros à qui il adonné la jouissance d'un Poclere : « Ce petit bien, écrit le Cretois, suffit à tout ce qui m'est nécessaire en blé, en vin, en huile, en fromage et par sa belle position m'offre une tranquillité parfaite ^ » A Bologne, le cardinal Bessarion tient une sorte de cour érudite et d'académie mondaine, où Italiens et Grecs se réunissent dans le luxe de belles salles, de beaux livres, de divins banquets. Guarino enseigne le grec à Ferrare. Vittorino l'enseigne à Mantoue. Filelfo l'enseigne à Milan. Demetrios Ghalcondylas l'enseigne à Padoue, Théodore Gaza à Naples, Constantin Lascaris à Messine.
Le grec est le complément obligé de toute éducation soignée'-. H n'est plus seulement considéré comme une parure de l'esprit, mais pour les latinistes comme une
1. « IIp^ç « vàp Ttîaav ûndipx*( tûv àvaYxafwv çopàv èntTy,8ïtov Stà Tii T-?,c 0(<7e(i>( evç'jc;, iftoy Te, |Spoji''o\>Te -/.al D.afou xai TupbtvTo;. » Firptnin-Didot, Aide Munuce, Paris, ÏHlô p. .'iOiJ.
2. Il est aussi une occusinti de double giiin pour les humanistes. « Lniirentiiis Valla, raconte l'ontano, cuin ab eo qua'sissct Nicolau» Quintus PontiTex Maxiinus cur senex jain et in latinis lilteris corisuinatns tarito studio griLM-.as disceret : ut diipliccui, iiii|uit, abs lo, l'oiitifex, mcrcedem accipiani. » Po.fTAXo, De l'rincipe.
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iiéct'ssilé sci(Mitifîqiie. <( Sans l^ grec, aflirmo Guariiio, on 110 peut (îuiiiiailre le latin. » <« S'il n'y avait pas eu de letlres grec(ines, ajoute Codro Urceo, les Latins n'auraient aucune érudition'. » « Ceux qui ne se sont pas imbus des diseijdincs grcccjucs, dit Filotico, errent dans les ténèbres comme des aveugles'. » « Un poète qui ignore le grec, prétend Basini, n'est pas un vrai poète '^ » « S'il est beau, assure Carleromacbos, de se dislinguer quand on écrit sa propre langue, il est encore plus remarquable d'écrire dans ufle langue étrangère, surtout dans la langue grecque. » Aussi bien, les uns et les autres tâchent d'écrire dans cette langue givcque, ([ui au dire de Conslanlin Lascaris, est plus cultivée en Italie qu'en son pays ''. Celle-ci n'est pas seulement enseignée aux jeunes gens, mais encore aux jeunes filles : à huit ans, la i)etite Gecilia Gonsague sait déjà lire et écrire le grec; Ippolita Sforza, reine de Naples, emporte dans sa corbeille d'épousée les Ecaiifj'des en grec ; Battista Sforza, princesse d'Urbin s'amuse avec l'humaniste Filetico de la mauvaise prononciation grecque d'un de sci familiers; tellement qu'on peut assurer que, dès la seconde moitié du XV* siècle, il n'est pas d'esprit honnête qui ne sache le grec ou ne désire le savoir.
(( A noire époque, écrit Aide Manuce, on peut voir beaucoup de Gâtons, c'est-à-dire de vieillards, qui dans leur vieillesse apprennent le grec. Car des petits adolescents et des jeunes hommes qui s'y adonnent
1. « Nisi litteniî grtecnB essent, Latiai nihil eruiiitionis haberent. » CoDKo Uhi:eu, 0/jera, p. 92.
•2. « Per tenebras pi-ofecto vagantur, tamquam cieci, qui crfecis non suiit disciplinis iiubuti. » Pecci, Conlribulo alla storia tleç/li umanisli nel Lazio, p. 483.
3. « Quis ferat indocli temeraria iurgia vulgi, Diiiu piitat Ausonios Gru?cis sine posse poetas Aiiibus e niedio deducere verlice Musas Parnassi?... »
Anecdota letlerana, Rome, 1713, p. 405.
4. « Kai [xâXXov Â(5yoî aùtôiv àv 'IraXta 7\ âv 'EXXâSt âyâveio StaTicTuve- •/îï; ô'jTrjyat; xoj yévou;. » Iriarte, Regiae bibliolhecœ matrilensis codicen Grœci," Madrid, 1769, 2 vol., 1, p. 186.
lo nombro est presque aussi considérable que le nombre de ceux qui s'adonnent au latin '. » Les grands seigneurs se montrent curieux de lettres grecques; traduire une vie de Plutarque, un traité d'Aristotc, un dialogue de Platon, est une occupation patricienne; et, tandis que jadis les copistes laissaient en blanc les passages grecs, aujourd'hui il est réputé galant d'émailler sou discours ou sa lettre de citations helléniques. On échange des correspondances en grec, on compose des épigrammes en grec, on prononce des discours en grec. En 1500, Aide Manuce cl ses amis fondent à Venise une académie savante, où il est défendu '< de converser entre soi autrement qu'on langue grecque ». « Que si quelqu'un s'exprime dilTéremmeat parmi nous, est-il écrit, soit à dessein, soit par inadvertance, il paiera comme amende une petite pièce d'argent. H n'est établi aucune amende pour les solécismes, à moins toutefois qu'ils ne soient commis à dessein et de propos délibéré-. » Regardons qui eu fait partie : on y trouve, outre les professionnels, un procurateur de Saint-Marc, trois sénateurs, deux cardinaux, trois médecins, un architecte, des nobles, des bourgeois, des étrangers.
Dans cette pénétration de la Grèce par l'Italie, les Grecs de Byzance, de Sparte, d'Athènes, du continent pélasgique et des îles, ont joué un rôle qui, s'il est moins prépondérant qu'on ne s'est plu à le dire, ne doit point cependant être négligé.
i. « Noslris vero leinpnribiis mullos licel videre Calones, hoc est, leriCH iii seiKictute gni*cc ciisrerc. Nain adolosciMilulonini et jiiveniiiiii, gruicii incuiiibcntiuiii, jnin tiiiitiis est tiiitiicriis, (|iiiirit(is coriiiii est latinJB. » Ai.DK Maxick, Préface île l'Or/funon tl'Arislule, éd. de li'Jj.
"2. « Kr Tt; îk aAA«i>; StaXiyotro f,iv juv i) iÇitî'TÔi;... ^/jixi/i jctîw à^yj^ilio-t ev, inoTTAii iv fjyr^ toCto icoimv. iloÀotxtTiiov Si |Ar, xi:t(/<o ï.',[x:a. ei \>.r, «0'' nt, ir:(r?)2«0<i)v i$a|i.xpToi xxt Zi\>:o. u Firmin-Uidot, op. c, ]>. VM'i.