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Mais ce malaise moral provient d'une noble origine; il est le supplice de F^rométliée, u l'inquiétude née du trop savoir' ».
Aussi faut-il admirer dans ce siècle pratique, à visées courtes, à intérêts immédiats, ce grand souffle d'idéalisme transcendantal, qui s'élève d'un vol aussi pénible que courageux au-dessus du monde des phénomènes. Et la conception que se lait l'Académie dun univers graduel, harmonieux, symphoniqne, procédant par degrés successifs, par ordonnances symétriques, par séries évolutives; la part de toute-puissance et de toute beauté qu'elle accorde à l'àme humaine, seule réalité; l'identilicalion qu'elle essaie de cette âme avec l'homme, œuvre de Dieu, reflet de Dieu, centre, lien, noyau de l'univers, possibilité suprême; le rôle qu'elle donne h l'amour ; la place qu'elle réserve au bien ; le culte, passionné et panthéiste, qu'elle professe pour la divinité, sont de vastes idées, aussi généreuses qu'imprévues, dans l'Italie des tyranneaux. Depuis trop longtemps les esprits n'étaient plus préoccupés de « questions divines»; les platoniciens de Florence en sont agités jusqu'à la sainte déraison.
Regardons ces hommes qui, sur la colline idéale oii tout converge et s'associe, dans la région supérieure où toute contradiction humaine se résout, ont franchi le seuil de l'arche trois fois sainte. Ils savent ce qui n'a jamais été révélé ; ils détiennent le secret de la loi universelle ; ils ont été élus par une grâce à l'explication
Ne la presunzïon del vano e rio Nostro intelletto dee più alto ascendere; Né ricercar con tanta inutil cura Le cause che nasconde a rioi natura.
« Oggi il niortal ingegno ])ur présume Ensere un ben ocrulto &1 quale aspira : Move l'uiiian disio il basso acume, Né Irova ove feniiarlo : onde s'adira E duoisi che la mente ha troppo lume, Quel ben presupponendo : e se noi mira, Si duol del pono, e vedo che non vedc; Ester cieco o 'l'Teder perfetto chicde. » Ib.