CHAPITRE V
l'hellénisme italien
Ses œuvres: les lettres, les discours, les épigrammes. — Les traductions. — Les éditions : Aide Manuce. — Déclin des études grecques au jvi* siècle. — Les grands hellénistes du xvi' siècle ne sont plus Italiens. — Influence de Ihellénisme italien sur l'Europe savante.
On a vu le goiit du grec naître à Florence, envahir rilalie, atteindre à Florence son maximum de bonheur, occuper des chaires, susciter une culture, réunir l'Académie platonicienne. Il est temps de se demander ce qu'il est resté d'une passion aussi fervente et d'un mouvement aussi général.
Tout d'abord, il en reste des œuvres. Des lettres de Filelfo aux épigrammes de Politien, nous possédons toute une petite littérature grecque d'Italie, qui pour n'être pas très considérable, remplirait quand môme un volume. Inédite ou publiée, éparse dans les œuvres latines contemporaines, composée de discours prononcés en des occasions solennelles, de lettres échangées entre savants, d'inscriptions, d'épigraphes, d'épitaphes, de madrigaux et de légèretés, elle est le témoignage valide de la facilité avec laquelle l'Italie s'assimila la langue et le génie de l'Attique.
De cette littérature un peu mince, les Epigrammes grecques de Politien, publiées en 1496 par le Florentin Zanobi Acciajuoli, quehfues jours avant que Zanobi entrât dans le couvent de Savonarole, représentent sans contredit le fruit le plus charmant. Encore enfant, au milieu des promenades et des repas, Politien improvise en grec ; il joue et il s'amuse, n'importe comment, de n'importe quoi ; il plaisante à propos de mouche-