L HELLÉNISME ITALIEN
rons, chante Vénus Anadyomène, félicite V^arino Favorino pour son Thésaurus Cornucopiœ^ blâme Pic de la Mirandole qui brûla ses vers d'amour; il décrit un orgue, met une inscription sur un manuscrit du prince d'Urbin ou sur le cortile des Ciampolini de Rome, célèbre au hasard de l'occurrence Argyropoulos, Gaza, Chalcondylas, Buoninsegni, Toscanelli, un jeune homme blond, une bouche sale, un vieux prêtre. Alessandra Scala, fille du chancelier de la République, a récité dans une compagnie VElech'e de Sophocle : aussitôt Politien part : « J'ai trouvé, j'ai trouvé celle que j'ai toujours cherchée, celle que je priais d'amour et dont je rêvais, la vierge immortelle dont le génie n'appartient pas à l'art, mais à la simple nature, la vierge insigne dans l'un et l'autre idiome, excellente dans les chœurs, excellente sur la lyre ^ » Et sur le même ton, dans le même mètre, Alessandra Scala répond à Politien : « Rien de plus éclatant que la louange d'un sage. De quelle gloire m'a comblée ton éloge ! Les charlatans sont nombreux, mais les devins sont rares. Tu m'as trouvée, dis-tu : non, tu ne m'as pas trouvée, tune m'as pas trouvée môme en rêve. Le divin poète l'a bien dit : un dieu nous pousse vers ce qui nous ressemble. Rien de plus dissemblable de toi qu'Alessandra. Toi tu répands autant de flots que le Danube. En plusieurs langues, dans la grecque, dans la romaine, dans la lydienne, ta gloire repousse les ténèbres. Les astres, la nature, les nombres, les lois, les médecins t'appellent Alcide, t'attirent tour à tour. Mais mes écrits de jeune fille, mes amusettes comme on dit, Bocchoris les comparerait aux fleurs et à la rosée 2. »