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"EÇoj^ov ev Te j^opot;, à'So/ov ëv te X-joy;. »
(Politien, éd. Del L'ungo, p. 200.)
2. « O-JSÈv àp' r)v aîvoto irap' £|Ji?po''^î àvSpb; àjAEtvov,
Kâx aéOsv aivo; âiJioi y'o^o^ àetpe xXÉo;.
A côté de pièces semblables, l'hellénisme italien a laissé des traductions K
Ces innombrables traductions, qui constituèrent une des branches principales de l'activité des humanistes, furent sévèrement jugées par la forte critique du xYi*" siècle et par la philologie allemande contemporaine : on n'est plus à en compter les erreurs, à en relever les incorrections, à en souligner les bévues ; les passages difliciles sont suprimés; des périodes entières, inventées de toutes pièces, sont intercalées dans le texte; jamais la physionomie individuelle de l'écrivain n'est respectée; un flot continu de magniloquence uniforme la submerge et la noie. Mais ce dont Tàge moderne fait un tort à l'humanisme italien, l'humanisme italien le revendiquait précisément comme un mérite, persuadé qu'il était que le grec, maître du latin, n'était en quelque sorte que du latin supérieur. Selon l'opinion courante, Homère devait avoir chanté avec plus d'élégance, Thucydide raconté avec plus de brio, Démosthène péroré avec plus d'ampleur, Platon philosophé avec plus de charme, Aristole disputé avec plus de vigueur que les auteurs latins. Le monde lettré recherchait dans le grec la beauté, une beauté latine idéale, et cette beauté représentait la condition nécessaire, en même temps que la condition suffisante de ses travaux. C'est ainsi qu'au début de l'hellénisme, Coluccio Salutati pense que le jeune Loschin'a pas besoin de
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Hu?î; ; i'p' oOy evpe;, oJS'ovap f,vTfaTa;. ^•f, yàtû 6 Oeïo; aoiôô;' riyei Oeô; èç tôv ojaoiov
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'K>.>.â3c, 'l'omaïx'^, 'Kgpaïxr,, A\;5tr,. "A-irpa, ç'jTi;, <i'àpi(i[xol, 7toiT||iaTa, xii'pSi;, latpol
'iV),xe!?-/iv v.x'/.iti n' àvTt|X£Oï)./«i|Aîva. Tà|X3e iï Ttapûïvtxf,; «iTtouîxTixaTa, Trat'yvia ça^f,
H4y.yopi; èÇttirot, à'vOia xal 8p<4toc <o;. »
[Ib., p. 201.)
I. Dorinto <;r.ivino, .S'fl</7io d'una Slorin dei volffarizzamenli (t'opère fjieclie iiel aiuolo AT, N/ipicH, IK'JO.
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connaître le grec pour traduire Homère : il n'a qu'à se servir de la version littérale du calabrais Léonce Pilate, qu'il rendra plus harmonieuse en coupant d'exclamations et d'interjections les périodes trop longues, en retranchant ici, en ajoutant ailleurs et en donnant à tout l'ensemble nn bel ordre et une belle façon.
Ce qui importe, n'est pas la fidéliti^, mais la forme; le point essentiel demeure dans le style, et pourvu que le style réponde aux conditions d.; nombre et d'élégance exigées, on s'inquiète peu des vérités doat il est le véhicule. « Il faut souvent, écrit Valla, mettre de coté le caractère grec pour en imagiaer un nouveau; il faut inventer des ligures; il faut obéir au nombre'. » Et ceci nous explique comment Poggio peut réduire la Cy/o/j^V/iV' de Xénophon de huit livres en six, comment Bruni, oubliant d'en citer les auteurs, nous donne les Commentaires dp F/iistoirf grecque de Xénophon, les Coniinentaires de In première guerre punique de Polybe, la Guerre contre le^ Gotlis de Procope, comme autant d'ouvrages personnels, et comment il arrive à Trapezuntios de corriger dans le texte les idées qui lui semblent déplaisantes.
Imbus de pareilles idées, les humanistes d'Italie ont néanmoins rendu service à la cause de la civilisation en répandant au loin, sous une forme accessible et séduisante, la pensée grecque oubliée. Si l'on rétléchit aux difficultés presque insurmontables qui semblaient empêcher leur tâche, à l'absence des lexiques, à la rareté des textes, au mauvais état de conservation de ces textes; si l'on se rappelle, en outre, qu'aucune besogne pr.'paratoire n'avait été accomplie, qu'on ne possédait d'Homère qu'une version comme celle de
1. « Est enim relinquoiidiis cliar.acter ipseGriT>ciis,excogitandusnovu8, parieiidii- lii,'ura!, numeris omniiio serviondum. » Valla, Opuscula tria, m. p. 138. — Diijfi Chrysolor.ts prohibait la traduction littérale, comme nous l'apprend A^japilci Ceiici : « Ferebat Manuel, homo sine ulla dubitationc divinus, conversioneni in latinum ad verbum minime valere, nam non modo absurdam esse asseverabat, veruia etiam grœcam liiiguam omnino pervertere. » Gravino, p. 39.
Léonce Pilate, et d'Aristote qu'une exégèse comme celle de la scolastique, on saura gré à l'effort tenace de ces premiers hellénistes qui, à force de patience, donnèrent à l'humanité, sinon une notion parfaite, du moins une première notion, de la culture de la Grèce. Et à tout prendre, la traduction deVIliade, de Politien, les traductions de Platon et de Plotin de Marsile sont des œuvres.
Enfin, l'hellénisme italien a laissé des éditions.
Gomme nous l'avons dit, c'est Milan qui imprima, en 1476, le premier livre grec, la grammaire de Constantin Lascaris. « J'ai trouvé, dit Démétrius de Crète, qui en fondit et en grava les caractères, le moyen d'imprimer aussi des livres grecs, ce qui était fort difficile, en raison de la composition si variée et si nombreuse des lettres employées en grec et de l'attention toute particulière qu'il faut apporter aux caractères portant des accents. » En 1480, paraissent, à Milan, Esope et Théocrite ; en 1486, paraît, à Milan, la Batrachomiomacliie; en 1488, paraît, à Florence, Homère; en 1493, paraît, à Milan, Isocrate; en 1494, paraît, à Florence, V Anthologie ; en 1496, paraît, à Florence, Lucien.
Un nom reste attaché à cette noble entreprise, celui d'Aide Manuce. « Je ne saurais, écrit Niccolo Lconiceno, assez louer Aide Manuce le Romain, dont le génie est aussi remarquable que le savoir et qui, par son industrie et son travail, s'occupe d'imprimer en volumes innombrables toute la sagesse des Grecs, leur grammaire, leur poésie, leur éloquence, jusqu'à leur médecine 2. » Sobre, pauvre, érudit, cet imprimeur, qui a
\. « ... iiônif TToXXà |i.àv TÔ Xo^tirtifô, TtXerora Se t^ mlpa 6ia«ovi^(T«;, [i^'/.ii evpov w<rr' ï'x*'^ ''"' P('6Xou; 'K),AT)vtxâc èvfjTtfrxrat, xaV» te tt)v tmv YpapipidtTtov TAJVÔTiXïiv 7ro).AT|V xal 7totxt).y,v irap' "IO.),r,iT(v ojuav xal toÙ; twv 7tpoa<i>6i(î)v rjTvouc irepirr^v ti xal o-jx ô'iAyy]^ 6e6|Jievov oxé4'£i»); ëj(0VTa. » Firmin-Didot, Alde-Mmiuce, p. 37.
'2. « Qiio circa, iiiinqiiam satis laiidari possct Aldus Maniitius Romanus, vir non minore ingenio «jiiam doctrina, qui sua industria atqiie iabore omnein Gruicoruni sanienliam, ffrumiuatiraui, jioelicain, oratoriani, phiiosophiarn, et inedicinaiii eliaui innuuicrosis vuluniinibus curât iiiipriinenda. » .Niccoi.o Lkoniceno, Lihellus de epidemia, Venise, 14'J7, préface.