Veufawako, Vile, p
LE PEIPLi:. SON SENTIMENT RELWIELX 181
femme rOste del)oiit : « Je loue et je remercie Notre- Seigneur de cet ("vdnement qui est sa volont»^, car je sais certaine que Dieu a vu que c'était le salut de son âme; et j'en vois la preuve dans ce que tu m'écris qu'il s'accorda si bien h cette dure et âpre mort; et bien que j'aie éprouvé dans mon cœur un deuil tel que je n'en ai jamais ressenti de pareil, j'ai pris confort de telle peine de deux choses, la première qu'il était près de toi, car je suis certaine que médecins et médecines et tout ce qui a été possible de faire pour son salut a été fait, et qu'on n'a rien laissé en arrière pour lui maintenir la vie, et cela ne lui a servi à rien, car telle était la volonté de Dieu que cela fût ainsi ; l'autre chose dont j'ai pris apaisement est de la grâce et des armes que Notre-Seigneur lui donna au moment de la mort, de se déclarer coupable, de demander la confession, la communion et l'extrème-onction ; et j'ai appris qu'il fit tout cela avec dévotion ; et tout cela est signe que Dieu lui a préparé une bonne place*. »
Dans une époque qui produit de tels caractères, la religion est vivante. Mais si, parmi les hautes sphères de la société, sa leçon est combattue par d'autres leçons ; si, avec la croyance à la joie, l'instinct heureux, la littérature profane, une autre conception de la vie est révélée à ce monde d'artistes et de mécènes ; si les lèvres savantes et les esprits choisis se déshabituent de
1. « Lodo e ringrazio Nostro Si^more di tutto quello ch'è sua volontà ; che son certa Iddio ha veduto chc ora era la sainte dell'anima sua; e la sporieuza ne veggo per quanto tu u)i scrivi, che cosi bene s'accordasse a questa aspra e dura morte... E bene ch'io abbia sentito tal doglia nel cuore uiio. che mai la senti'tale, ho preso conforto di tal pona di due cose La prima, che egli era presso a di te; che son certa che uiedici e medicine e tutto quello è stato possibile di fare per la salule sua. con quegli rimedi si sono potuti fare, si sono fatti, e che nuUa s'è lasciato indrieto per mantenergli la vita : e nulla gli è giovalo : ché era volontà di Dio che cosi fussi. L'altra, di che ho preso quiète, si é délia grazia e dell'arme che Nostro Signore gli diè a quel puuto délia morte, di rendersi in colpa, di chiedere la coufessione e conuuiioue e la stremaunzione :e tutto intendo che fece con divozione; cho sono segni tutti da sperare che Iddio gli abbia apparecchiato buon luogo. » (Ali SSA.NDKA MAC.ixdHi NF.Gi.i SiROzzi, Letteic d'unu gentildonna /iorenlina, pub. par Gesare Guasti, Florence, 1877, p. 178.)
la simplesse de Vave, de manière que Pannonio peut écrire, « que personne n'est à la fois religieux et poète- », et qu'Erasme peut remarquer « combien, surtouten Italie, les bonnes lettres écartent du christianisme ceux qui ont vieilli dans leur sein ~» ; si ^Eneas-Sylvius hésite à prendre les ordres, parce qu' « il craint la continence » : si Gampano se désole d'être nommé évêque, à cause des jeux, ébats et amours 3, dont il sera privé, et si Domizio Calderini, se rendant h la messe, ose dire : Eamus ad popnlarem errorem; si l'indifférence, le scepticisme, une ironie discrète et détachée deviennent, chaque jour plus, chaque jour mieux, l'attitude des intelligences patriciennes, le petit peuple, le menu peuple n'est pas atteint, ou à peine, par ce mouvement nouveau. Lui que l'humanisme a laissé à son idiotie et abandonné à sa tourbe, est demeuré identique et fidèle. Son âme sent toujours la rosée ; son esprit reste fleuri comme un bouquet d'autel; il est vierge comme un matin. Aucune pensée étrangère ne le travaille; aucune discipline voluptueuse n'a remplacé son vieux catéchisme. Il appartient à la confrérie du quartier et du métier; il porte des cierges d'un sou à la Madone; il trempe dans un bénitier de faïence le brin d'olivier bénit ; il se signe devant les croix de la route ; il prête foi aux histoires de l'aïeule ; il garde une fraîcheur et une ferveur incomparables. Et c'est dans ce terreau solide et épargné que pousse encore, au Quattrocento, toute une littérature religieuse.
C'est ainsi que, parmi la foule des chansons profanes,
qui habitent sa mémoire, le peuple compte des laudes.
Comme nous l'avons vu, après l'ouvrage, à la cloche