Vedi ritalia in guerra
E la carestia grande, La peste Dio disserra.
E'I suo giudizio spande.
Quesle son le vivande Délia tua vita — cieca e smarrita.
Per la tua poca fe' — omè, ouiè, oniè.
Astrologi e profeti, Uomini dotti e santi, Predicator discreti T'han predetti e tuoi pianti.
Tu cerclii suoni e canti, Perché se', stolta, — ne' vizi involta; In te virtù non è, — omè, omè, omè. »
comme des aveux. Elles se répètent indéfiniment comme des prières.
C'est ainsi que, devant un danger qui le menace ou qui Tassaille, le pauvre peuple chante des laudes dévotes, comme il chantait des chansons d'amour profane dans la caresse heureuse du soleil. Il chante la Vierge ^larie, comme il chantait sa bonne amie. Il chante l'Etoile de Bethléem comme il chantait le mai nouveau. Il chante les petites vierges de Jésus comme il chantait les Pastorelle montaninp. Il chante l'Ange de Dieu comme il chantait la Galantiiia morosina. Sur le pieux exemple des disciples de saint François, qui s'intitulaient GiiiUari di Dio, il chante l'un et l'autre! sur le môme air, avec la même musique et des paroles»^ à peine altérées. Pace non trovo e vivo sempre in guerra sert a un mot près de début commun à un sonnet de Pétrarque et à une laude de Francesco d'Albizzo. La chanson de Lisabetta de Messine, dans Boccace, Chi (ji((U'(/a raltrui cose fa villania devient la laude de Fco Belcari Chi non cercaJesù con mente pia. LaCajizo/ie/ta jnia de Giuslinian se transforme en Dolce preghiera mia ; Oramai che fora sono devient Oramai sono ink-ctà; lamo alla caccia devient lamo a Maria et En susa in su r/K/'l monte chiara vi sorge la fontanella devient In su quelTalto monte v'è la fontana che traboccliella^.*.
L'accent, l'allure, Tinlonation, tout est gardé. 11 n'ya que cette différence que, tandis qu'ici le peuple s'aban- j donne aux doux instincts de la terre, là il élève sa souf-^ France misérable vers le ciel.
El comme le peuple a des laudes mêlées à ses chansons, à côté des chante-histoires il a des frères prêcheurs.
I. Voir I)"Anconn. La poeaiu popolare italiana, op. c., p. 8i. — lliihieri, Slorin ilelln pnfmti popolare italiana, op. c. (). l.'Ji. — Hmkcln\am\,Jaln'burh f. roui, und etig. Lilt , IX, 1**2.
Ames fraiches ; cœurs simples; paroles familières; voix tonnantes et consciences indignées ; bonhomies souriantes et enseignements domestiques ; vertus candides, extases épanouies, et dans leurs robes de bui'e, si pures physionomies de santé, de clarté, de rondeur!
Les humanistes peuvent couvrir de quolibets leur ignorance ; mais, pour le peuj)le que n'atteignent pas les himianistos, ils sont l'intelligence, la science, l'éloquence. Ils détiennent toute autorité et toute beauté. Ils représentent la vie supérieure de l'esprit. Ce sont des hommes remplis de doctrine qui, quoique sachant le latin, quoiqu'écrivant de beaux et gros livres en latin, ne redoutent pas d'employer le vulgaire', et il semble « qu'il leur sorte de la bouche des pommes, des lys et des violettes pour embellir la vérité- », Et ce sont de saints hommes, promis au Paradis, promis h la Légende, qui, de leur vivant, accomplissent des miracles. Quand Giovanni da Capistrano se signe et que des milliers d'inlirmes sont du coup guéris I Quand Bernardino jette son manteau sur le lac et, au nez du passeur, traverse le lac sur son manteau! Quand Jacopo Berloni meurt, et que les cloches se mettent d'ellesmêmes à sonner, « et tantôt il apparaissait sur un fleuve, et tantôt sur une montagne, et quelqu'un parlait à une femme, et c'était la Vierge"^ ».
1. Nous avons des œuvres latines de Fra Bernardino da Siena, de Fra Bernardino de' BuHti,de Fra Alberto da Sarteano.de Fra Michèle da Milano, de Paolo Attavanti, et dune intinité d'autres. Cependant ils prêchaient en vulgaire, comme en font foi les innomhra.h\es prediche, recueillies directement de leurs bouches, et que les bibliothèques d'Italie, particulièrement celles de Florence, conservent manuscrites. Leurs œuvres latines ne représentent le plus ordinairement que des sommes ou des canevas de sermons.