‹ Le quattrocentoChapitre 62 sur 151 · III · texte numérisé non relu

III

LE PEUPLE. SON SEMLMEM RELIGIEUX l<j7

citoyens, ô femmes, ô mes enfants, n'attendez pas, n'attendez pas, convertissez-vous à Dieu'.» Il dit encore : « Je m'en irai, et quand je m'en irai de vous, j'emporterai un cœur tout gonllé de chagrin et de soupirs-. » Et il dit : « Oh! si vous pouviez voir mon cœur, je vous parle si tendrement et avec tant d'amour'M» Et il faut savoir tous les bons conseils qu'il donne et le profit qu'on retire de l'avoir écouta. Au lieu de cette grande pourriture qui désole le monde, Fra Bernardino rOve une famille bien unie, bien voulante, animée d'intentions pures, travaillant, aimant et priant. Selon lui, rien n'est plus beau que d'avoir une belle femme, grande, bonne, sage, tempérée, « et qu'elle vous fasse beaucoup d'enfants». L'homme seul, sans une femme, qui veille au grenier, à l'huile, à la viande salée, qui descend à la cave voir si aucun cercle ne s'estrompu au tonneau, en proie à uneservanl<' voleuse ou indifférente, est un malheureux, quand il n'est pas un réprouvé . « Sais-tu comment va sa maison ? Oh ! je veux le le dire, moi, parce que je le sais. S'il est riche et a du blé, les moineaux le mangent et les rats. S'il a de l'huile, parce qu'il n'y prend point garde, l'huile se verse; lorsque les vases se cassent et qu'il s'en est répandu, il met dessus un peu de terre, et c'est fait. Et du vin? Il va au tonneau, prend le vin et ne j)ense à rien autre ; des fois, le tonneau est sens dessus dessous, et le vin s'écoule. Au lit, sais-lu comment ii est à dormir? Il dort dans un fossé, et comme il a mis le drap, jamais il ne l'enlève, sinon quand il est déchiré. Pareillement dans la chambre où il mange; il y a par terre des cosses de melon, des os, des débris de salade, il laisse tout par terre sans jamais le balayer. La table, sais-lu comment elle est servie? Ainsi qu'il a mis la napj)e, jamais il ne l'enlève, sinon quand elle

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