II, p
2. Sur les sacre rappresentazioni, voir D'Ancona. Origini del leatro italiaiio, Turin, 1891, -2 vol. — W. Greizenach, Geschich/e des neueren Ih'amas, Halle, 1893. — Colomb de Balines, Bibliografia délie cniUche rappresentazioni ilaliane sacre e profane net secoli XV et XVI, Florence, 18.j2. — Sacre rappresentazioni dei secoli XIV, XV e XVI, pub. et ilhist. par A. D'Ancona, Florence, 1872, 3 vol.
3. Selon toute vraisemblance, la sacra rappresentazione est le résultat de deux genres accouplés, celui de la laude dialoguée, telle que nous la trouvons en Onibrie, et celui de la scène religieuse, figurée et mimée, telle que nous la trouvons, dérivant du Mystère latin du moyen âge, dans les processions et les fêtes d'église de la Renaissance. Quelqu'un eut l'idée de mettre dans la bouche des personnages muets les paroles des laudes, et un nouveau genre littéraire
204 LE QUATTKOCENTO
La scène est dressée dans une église, dans un cloître,, dans un réfectoire de couvent, et quelquefois en plein air, sous le ciel, dans un champ. Les acteurs sont de jeunes garçons, appartenant à des Compagnies de doctrine telles que celles de San-Francesco, du Geppo, du Freccione, qui ont été éduqués par le festa'molo qui leur a appris à bien dire, à bien citer, à faire les gestes, à se tenir, qui leur montre et qui leur souffle. Alors le peuple qui est de loisir et qui n'a rien à payer, le peuple qui a travaillé dur toute la semaine vient voir au lieu d'aller jouer sur la place ; c'est à voir.
11 y a des trucs ou ingegni. Brunelleschi en personne les fabrique.
On y voit, « en haut, un ciel rempli de figures qui bougent et une infinité de lumières se couvrir et se découvrir comme en un éclair' ». On y voit le Christ, emporté de dessus une montagne « très bien faite, en bois, par une nue remplie d'anges '. » On y voit « les anges qui viennent pour l'àme de sainte Cécile et qui la portent au cieL^ ». On y voit « un temple plein de colonnes et, sur chaque colonne, une idole d'or ou d'argent'* » et la bouche de l'enfer, et des coups de foudre qui cassent tout, et une grande amande qui s'ouvre, et des serpents, et des dragons qui marchent. Sans compter les chansons, les musiques, les baïKjuets, les joutes, les cortèges, les chasses, les batailles, tous les intermèdes. Dans Santa Margherita, il yen a un
fut créé. Il a surtout Henri à Florence dans la seconde moitié du Quatlrocento. — Sur les prcniirres formes de la sacra rnpixesenttizione, voir V. de Uartholoinifis, l)i un codice sane.se di sacre r.ip/nrsenluzioni, Lincei, Rome, 18'J0, p. :illi ; (Jna rappresenlaziune ineililu dell'fipp/irizionc ad Eminaus. Ih , I8'.»"2. p. 76!) ; Di ulcune uiUiche rnpprexenlnzioni ilaliane, Sliidi di fil. romanza, VI, ISD.'t, p. 161.
1. « In alto im cielo pieno di (ij^ure vive muoversi, c una inlinità di lunii quasi in un haleno sc,o|)rirsi e ricoprirsi.» (Vasahi, Vilti di lirunelleschi, éd. Milane.si, II, |). 'M").)
i. « Crislo levato di sopra un monte, Itenissimo fatlo di lcf,'nauu', da una nuvola piena d'Angcli. » (Vasahi, ViLa del Cecca, il>. III, 1117.)
.'i. « Il cielo s'aprc e gli Angeli vengono per l'anima, c portonla in Cielo. »
4. < Un tenipio pieno di colonne, in su o^mi colunna un idolo o d'oro 0 d'arii^culu. »
qui danse la îiwrcscn avec les sonnailles. Dans Santa Cristina, « quelques jeunes filles s'en vont chantant une belle chanson ». Dans Abramo e Isac , « ils font un bal on chantant une laude ». Dans San liossore^ « on fait le banquet, et on danse et on chante et on joue ». Dans Santa UHva, c les cavaliers et jouteurs font le tournoi avec trompettes et allégresse ». Dans Eu.stachio, il y a « un char triomphal sur lequel monte Eustachio, et il est tiré par deux chevaux, et devant il y a la musique, et les trésors gagnés, et les prisonniers liés», et dans Judith, « les Assyriens font une grande charge contre ceux de la cité avec arcs et flèches et arquebuses, et les Hébreux se défendent virilement et, la bataille finie, cbacun retourne à son pavillon', »
Il y aies supplices. On écartèle, (m tenaille, on roue, on verse du plomb fondu, on brûle les gens sur le gril, onleur arrache les seins, on leurarrache la langue. Le bourreau casse les dents à Sanla Appollonia, frappe San Lorenzo de balles plombées, de fouets, de scorpions, enlève avec des fers la peau à Sanla-Gristina et en jette un morceau à la face de son père. Santa Giuliana est conduite à une roue garnie de rasoirs, Santa Dorotea osl lacérée avec des crocs pointus. San Ignazio a le cœur arraché de sa poitrine. Le sang gicle ; les chevalets sont dressés ; les cordes sont graissées ; les charboris sont allumés. Il y a enfin les histoires.
Ce ne sont pas des histoires de brossées et de paladins, des histoires d'OrlandoeUle Rinaldo, mais desaintes histoires, de belles histoires qui édifient et font du bien et qu'on ne sauraittropentendre, comme, parexemple, l'histoire â\i/jra/ia?net ïsaac, l'histoire à" Abraham et A(jar et V\i\^io\TQ;([G Joseph, fils de Jacob ^Vhhlo'iYQ àaV Enfant prodigue ;ovl bien les histoires de la Heine Esther, de Tobie, de San/, de Barlaam et Josaphat, du Roi superbe, remplacé quand il est en guerre par un ange ; toutes les histoires des évangiles ; celles de grands saints et de grandes