D'Ancona, Orir/ini del tealro, I, oi
saintes, très belles histoires; et les histoires de pauvres demoiselles cruellementaccusées, persécutées, martyrisées ; de Madonaa Guglielma, qui est calomniée par son beaufrère et qui, au désert, reçoit de la Vierge Marie le don de guérir; de Madonna Stella, qui est calomniée par sa belle-mère et se sauve dans un bois ; de Madonna Uliva, qui possède des mains « comme on n'en trouve point ^ », et qui est aimée par son pèreTempereur à cause de ses belles mains, et qui se coupe elle-même ses deux mains, et qui est rencontrée dans une forêt parle roi de Bretagne, et qui est assaillie par un baron félon, et qui est courtisée par le prêtre au couvent, et qui est jetée à la mer dans une caisse, et qui est épousée parle roi de Gastille, et qui est condamnée à être brûlée vive par la méchante mère du roi, et qui est derechef jetée à la mer dans Uiifi caisse avec son enfant, et qui arrive au bord du Tibre chez deux vieilles, et qui, douze ans après, est retrouvée par le roi de Gastille venu en pèlerinage à Rome.
De telles histoires sont communes, familières, domestiques. On les a vues peintes dans les églises. On les a vues mimées sur des chars. On les a entendues chantées dans des laudes. Seulement cette fois elles ne sont pas que peintes, que mimées, que chantées : elles sont représentées au naturel. 11 n'y a pas à regarder ou à écouter : il y a à regarder et h écouter à la fois. Los gens vont, viennent, bougent, se meuvent, marchent, s'assoient, font les gestes, portent d3 vrais habits, de vraies armes, de vraies couronnes ; ils voyagent, prient, se convertissent, se battent, ont des cafants; ils airaiint, détestent, dorment, mangent, boivent; et ce qu'ils font, ils le disent ; ils disent au fur et h mesure tout ce qu'ils font; ils disent tout, expliquent tout, commentent tout, accompagnant chacun de leurs actes par une parole ; ou