‹ Le quattrocentoChapitre 66 sur 151 · E dolle belle se ne Irova assai · texte numérisé non relu

E dolle belle se ne Irova assai

Ma non hunno le luan corne tu hai. »

(S. H., II, p. 253.)

plutôt ils le chantent ; car les sacre rappresentazioni sont écrites en octaves qui veulent ôtre chantées. Et rien n'est plus merveilleusement beau.

Tout d'abord, de pareilles histoires représentées au naturel, on retire « un bon fruit ». On s'y éduque, on s'y édilie et on s'y rapproprie. On est à l'église, et d'avoir assisté à une sao'a rappresentazione, c'est aussi salutaire, aussi méritoire et aussi charmant que d'avoir chanté une laude ou d'avoir écouté un sermon.

Les personnages qu'on vous montre sont gracieux, honnêtes, civils, bien parlants, bien voulants, remplis de doctrine et de foi, propres à servir de modèle et d'exemple. Santa-Uliva est dans sa chambre, parmi ses femmes, à répartir l'ouvrage et à chanter dévotement une jolie laude, quand son père vient la trouver. Santa-Barbara, enfermée dans une tour qui n'a qi . deux fenêtres, y perce une troisième fenêtre, tant elle se révèle jalousement observatrice de la Très Sainte Trinité. Santa-Margherita païenne, au prêtre qui lui offre sans autre le baptême, ne demande pas : « Quoi, qu'est-ce, pourquoi? » elle s'écrie: « Je me consume, il me semble qu'il y a mille ans à attendre, ne tarde plus, accorde-moi ce don ' ; » et lorsque les flammes du martyre l'enveloppent, elle dit : « Maintenant je deviens de condition meilleure, comme l'or qui, au feu, se montre plus parfait- », ce qui est très joli. Si Dieu ordonne à Abraham de sacrifier son fils, Abraham saute immédiatement de son lit sans ratiociner davantage ; et quand l'Ange montre aux bergers de Judée l'étoile de Bethléem, les bergers prennent à peine le temps de manger un morceau au préalable, histoire de se garnir l'estomac; ils partent incontinent; ils

1. « lo me ne struggo, e parmi già mille anni, Non ditferir, concedimi tal dono. »

(S. R.,II, p. 125.)

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