‹ Le quattrocentoChapitre 68 sur 151 · Gredi tu veramente in un Dio solo · texte numérisé non relu

Gredi tu veramente in un Dio solo

E tre persone corne hai detto ? — Credo.

Au pied de la croix, devant le Fils mort, Marie se désole :

O mon doux fils qui t'a tué ?

Chère espérance, ô mon Père, ô mon Dieu, Asile et port de mes justes pensées, Douce espérance, amour sur tout amour, Au moins si je t'avais porté quelque confort ! A son père, ils ont bien laissé Isaac^

Dans la Disputa^ Marie exhorte ses fils bien-aimcs :

Fils bien-aimés qui croyez sur la terre Trouver mon fils, le Dieu compatissant, Ne restez point en cette rude terre.

Car Jésus n'est point avec le méchant.

Qui l'y veut voir bien lourdement se trompe. Et comme un fou il meurt dans le désir. Qui le veut aille au temple, entre dedans. Car votre vie est comme feuille au vent 2.

Marie-Madeleine convertie pleure toutes les larmes de ses yeux :

Faites mes yeux de larmes une rivière Pour pleurer qui j'ai si fort offensé.

Sans prendre garde à la claire lumière, Pleurez le temps que j'ai mal dépensé,

Et in Cristo Jesù, vero figliuolo

Del Padre eterno e di Maria ? — Credo.

(S. R., Il, p. 83.)

« 0 doice figliuol mio, chi mi t'h« morto ? Gnitn speranza, o mio padre e Signore, De' niia giusti pensicr salute e porto, iJolce speranza, .sopra ogni aitro amorc. Almen t'avesse io dato alcun conl'orto...

a Figliuo' diletti ! Clie cerrate in terra, Trovar il ligliol mio, pieloso Iddio, Non vi fcniiate in qut-sta rozza terra (îhé Jesù non istà col mundo rio.

Pleurez tous les plaisirs, les vilaines manières,

Pleurez le bien que j'ai mal entendu,

0 doux Jésus, ô Jésus, ô pitié.

Pour l'âme à qui plus repos ne se trouv e .

Ces douces choses, ces claires choses, que les anges, les saints, les rois descendus du paradis, viennent dire, chassent du co!ur l'obstination mauvaise;, fondent le cœur, l'enveloppent d'un baume de tendresse. De candides émotions envahissent l'âme; de ravissantes larmes montent aux yeux ; un flot de pureté couvre et noie les habitudes vulgaires, les expressions ignobles, les goûts grossiers et sarcasliques. On pleure, et quand on a assez pleuré, on rit, car dan ; les sacre rappresentazioni, il y a aufvsi de quoi rire.

11 n'y a pas que les saintes figures d'anges, d'archanges, de patriarches, de vierges, de martyrs, de dames, de demoiselles, il y a les autres, et, à côté du ciel, la terre se montre. Il y a les marchands lourds d'écus et gros d'importance, les évoques fourbes et simoniaques, les soldats à la bouche remplie de goulots et de jurons, les bourreaux aux manches joyeusement relevées, les détrousseurs de grands chemins, les postiers et coureurs, les taverniers, les astrologues, les juges, les médecins, les notaires, la canaille, la racaille, la fripouille et les moines.

Les moines sont, à la vérité, des hypocrites, des paillards et des gloutons; si on peadait tous les voleurs,

Chi vel crede trovar, fortemente erra E conie stolto morrà nel disio.

Al tempio, chi lo vuol, venghi oggi drento. Ghè il viver vostro è corne foglia al vento.

(S. R., l,p. 240.) 1. « Occhi niia fate di lacrime un fiuuic

Per pianger quello ch'io iio tanlo oH'eso, Non risguardando il vero e chiaro lume : Piangete il tempo ch'io ho uiale speso, Piangete ogni piacere e van costume, Piangete il bene ch'io ho mal inleso : 0 dolce Jesù mio, pietà ti muova Deiralma che nïun riposo trova. »

2i2 LE QUATTROCENTO

il n'y aurait plus de moines ; et ce qu'ils savent le mieux trouver, c'est le fond d'une écuelle^ Les gueux, béquillards et claquedents, geignent, pleurent, disent des litanies, tendent la main, et la monnaie jetée par le passant, se ruent sur la monnaie et chantent en chœur la divine paresse. Les garnements de la rue ou de la campagne s'accroupissent par terre, blasphèment, insultent et jouent aux cartes. Les médecins sont appelés au chevet de Lazare ; ils arrivent les doigts chargés de bagues, parlent en bus et en basse, ne voient rien à la maladie de leur client et l'envoient m extremis le plus gaillardement du monde. Les nourrices comparaissent devant Hérode : « — Gomment s'appelle ce poupon ? — Il s'appelle Abraham. — Le mien Petit Samuel. — Oh ! Monusmelia, le vôtre est si rogneux, ne l'approchez pas de ces poupons. — C'est un peu de croûte de lait. — Oui, de la croûte de lait, de la lèpre! Regarde le mien s'il est candide, et blanc, et rose, et blond, et il vaut cent florins! — Bien qu'il soit beau, il me semble un vilain petit rat, et il a le visage fait comme un singe-. » Dans le temple de Jérusalem, avant que Jésus monte prêcher, deux commères se disputent une place : « Monna Francesca, ça c'est ma place, vous me l'accaparez trop souvent! — Regardez la menteuse! Xwv a-t-elle un caquet! Reste tranquille. Tu sais bien que ce n'est pas la place. On dirait vraiment qu'elle l'a achetée, celte place. Chaque matin, c'est à recommencer ce commerce. Allez, allez à vos affaires. Que le

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