‹ Le quattrocentoChapitre 71 sur 151 · Cennino Cennixi, /a., passim · texte numérisé non relu

Cennino Cennixi, /a., passim

2. « Eziandio i più eccellenti pittori in cosi fattilavori si esercitavano senza vergoj^marsi. » (Vasahi, Le opère di Giorrjio Vasari, éd. Gaetano Milanesi, Florence, 1878, 9 vol.)

écussons de familles, des cadres, des plateaux d'accouchée {(/eschi da parto), des dossiers de fauteuil, des chevets do lit. Giovanni Santi, père de Raphaël, dore des candélabres en bois; Ghiriandajo enlumine les paniers des commères. Donatello met la main à toutes les choses « sans prendre garde à ce qu'elles fussent viles ou de prix* ». 11 n'y en a point comme Antonio PoUajuolo « pour attacher les bijoux et travailler au feu les émaux d'argent^ » ; Botticelli fut un des premiers « à trouver à travailler les étendards et autres étoiles, de manière à ce que les couleurs ne déteignent pas-' »; et les questions de pâtes et d'enduits demeurent, pour ces gens, des affaires principales. C'est ainsi que, lorsqu'on mure la coupole de Sainte-Marie-de-la-Fleur, l'architecte Brunelleschi s'inquiète du plus infime détail, des bois, des pierres, des briques; u et on n'y mettait pas une petite pierre ou une brique qu'il ne voulût la voir, et si elles étaient bonnes, et si elles étaient bien cuites et bien nettes; la diligence qu'il mettait à la chaux était merveilleuse, et il allait en personne aux fours, se préoccupant des pierres, se préoccupant de la cuisson, et du mélange de la chaux et du sable, et de tout ce qu'il fallait'*».

Les humanistes ignorent ces petites gens; ce sont d'ignobles gâcheurs de couleur et de gypse, dont le service et l'œuvre ne méritent aucime considération. A une époque quia vu tleurir Donatello, Ghiberti, Bru-

l. « A lutte le cosc mise le mani senza guardare che elle fossero o vili 0 (li prenio. » ^Vasaki, II, p. i2ij.)

i. « Per legare le gioic e lavorare a fuoco smalti d'argento. » (Vasaiu. III, p -m.)

.'{. « I)i lavorare gli stendanli ed altre drapperie di conimesso, perché i l'olori non istinguno e niostrino du ogiii banda il colore del drappo. » (Va»ahi. m, p. :{2.{.)

i. « K non vi si rnctieva una pircola pictra, né un matlone a suo tempo, che non gli volesse vedere, e se l'ernno buono. e se l'erano ben cotte e ben nette... ; la diligcnlia che e' meltcva nella calcina era maravigliosa c andava aile Tornaci in persona rispelto aile piètre di esse, e rispetto al cuocerc che parova d'ogiii cosa maestro, cosi e luesiugli dclle rené con la calcina, e di quello che bisognava. » (Alessandro Chiappelli, Uella vilu di F. brunelleschi allribuita ii Anlotiio ilancUi, Arch. slur. il. Florence, 1896, p. 263.)

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nellesclii, Delhi Quercia, Bartolommeo Fazio peut se plaindre de la pénurie de sculpteurs excellents i. En vain iMasaccio et Lippi et Uccello el Piero délia Francesca sont-ils au travail, il leur préfère un peintre étranger, le Flamand Jean van Eyck '-. Pontano cite également Jean van Eyck, et, sans y altaclicu- plus d'importance, (iiotto, Gentile da Fabriano, Donatello. Maireo Vegio ne s'arrête pas davantage à la peinture,' « parce que, à l'heure qu'il est, ell(i ne compte guère parmi les arts liJM'raux'^ ». Et, au début du siècle suivant, Castiglione devra s'excuser d'exiger du paifait homme de cour de savoir peindre et dessiner, « laquelle partie semble peut-être aujourd'hui mécanique, et peu convenable aux gentilshommes '» ». Pour le beau monde les artistes sont de simples artisans^.

On les traite domestiquement et familièrement. On les tutoie. On les appelle par le nom de leur village, ou parla profession de leur père, ou par leur sobriquet, ou par leur petit nom. Cosmede Médicis, lorsqu'il emploie Fra Filippo Lippi, qu'il connaît de coraplexion amoureuse, l'enferme à double tour pour qu'il n'aille pas courir aj)rès les femmes; Pie II fait manger son architecte à la table des charretiers et des porteurs d'eau; Nicolas V confond dans un môme registre les comptes de ses peintres et de ses charrons, de ses sculpteurs et de ses paveurs, de ses orfèvres et de ses maçons. Le plus ordinairement on les paie au mois : Gentile da Fabriano qui, en 1427, travaille à Saint-Jean-dc-Latran,

1. « Ex sculptoribus paucos in lanta raultitudine claros haberaus. »

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