Abbiamo dextimo soldi sei. » (Gaye, I, p
3. « Necessariis plerunique indigebat. » (Ann. bon. Muratori, Herum, XXIll.p. 912.)
4. « Truvoiiii veccliio e senza inviatnento, e non posso acercilare, e la donna infcrtna. » (Gaye, 1, 147.)
a. « io Ropradetio non ebbi mai, né ho alchuna suatanza al niondo. » (Gaye, I, 143.)
il. « El si per le gravezze porlato per cagione dele guerre, e pcr 11 piccioli guadogni, so rirnasto no lanto povuro, ma mendico et vechis- «imo d'anni ottanta qualro o circa, e cola donna inferma et ancora iopoco sano... » (Gaye, 11, p. 15ti.)
et que je vous le conserve, et puis vous ne pouvez plus me donner un sou. Moi j'ai éprouvé de ça grande douleur à plusieurs égards, et l'un de ces égards est celui-ci, qu'il est clair qu'un des plus pauvres frères qu'il y ait à Florence, c'est moi. Et Dieu m'a laissé avec six petites filles à marier, et infirmes et inutiles, et le peu, qui est beaucoup pour elles, c'est moi. Si je pouvais me faire donner dans votre maison un peu du blé et du vin que vous me vendez, ce me serait une grande joie. Mettez-le à mon compte, je vous en prie, et vous en charge avec les larmes aux yi^ux. Car, si je m'en vais, je le laisse à ces pauvres enfants'. »
De gens de cette condition et de cette qualité, il ne peut sortir une œuvre savante, un art académique, littéraire, érudit, exigeant une culture, une préparation, une initiation qu'ils n'ont guère; où Tauraient-ils prise?
Les histoires de l'Ecriture Sainte, quelques fragments de vieux poètes, quelques débris de l'antiquité, voilà tout leur pauvre et charmant bagage. Ceux-là mêmes qui passent pour doctes n'en font guère accroire aux professionnels, comme Brunelleschi, qui peut bien discuter, avec l'astronome PaoloToscanelli, de questions de hautes mathématiques, mais qui le fait empiriquement et « avec la nature de l'expérience pratique » ; comme Ghiberti qui, s'avisant de composer des commentaires, sait cependant (< mieux dessiner, travailler au ciseau et couler en bronze que tisser des histoires- », comme
1. « Ed è chiaro essere uno de più poveri frati, che sia in Firenze, sono io. Ed ami lusciato Dio con sei nipote fanciulie da mariti, e infermi e disutiii, e quello poco è assai dibene ulloro sono io... Seppotessi l'ariui dare a casa voslra un poco di grano e di vino, ctie mi vendete, mi sarà grande letizia, pouedolo a niio chonto. Io vene gravo cholle lagrime aliiocchi, che s'io mi parto Io lasci a questi poveri fanciulii... »(Gaye, 1, 141.)
2. « Sapea meglio disegnare scarpellare e gettare di bronzo che tessere storie. » (Vasahi. il, p. 247.)
234 LE QUATTROCKNTO
Mantegna qui, rimant des sonnets, « monte au Parnasse d'un pied lioîteux' ». Ce ne sont pas des liumanistcs, ou, du moins, ils ne le deviendront que plus lard. Ils ignorent la logique, le rylhme et le nombre du discours. Ils ne pratiquent pas IN'doquence. Ils n'alieignent pas l'abstraction. Ils manquent de tenue et de dignité. Ils parlent en vulgaire 2.
Sans doute qu'ils connaissent Tanliquitc et qu'ils s'en inspirent, mais ils connaissent cette antiquité, en quelque sorte traditionnelle, que le peuple d'Italie a toujours connue, non l'autre, celle des humanistes, celle retrouvée aujourd'hui, celle qui était périssable, puisqu'elle s'était perdue. De tout temps, en tout lieu, ils l'ont étudiée, au chapiteau d'une colonne, sur le basrelief d'un sarcophage, au fronton d'une pierre m illiaire, comme ils ont étudié, d'ailleurs, le dessin de la ronce qui mord ce marbre, le lézard qui s'y chauffe, la bète à bon Dieu qui s'y pose. Ils n'ont point distrait la colonne du paysage qui l'encadre, ni fait de l'antiquité partie intégrale de leur vision. Si Drunelleschi prétend que c'est à Rome seulement qu'on apprend à murer, ses palais maigres et fms, la coupole à tranches qu'il édifie, sont aussi bien la continuation de la tradition médioèvale que l'initiation d'un art nouveau. Ghiborli, penché, comme lui, sur les débris antiques, ne met point à l'encadrement de ses portes du Baptistère les palmelles, les fleurons, les bucrAnes qu'il remarque aux frises romaines, mais les détails indigènes recueillis dans la flore et la faune locales: le lys, le l>ouquet