Fuggo i bci raggi del mio ardente sole... » (P
3. « Cerchi chi viiol le pompe e pli nltri onori Le piazze i tcmpii e gli edifizi magni,
Le delizie, il tesor ..
Un verde praticel pien di bei fiori,
Un rivolo che l'erba intorno bagni,
Un aiigcllctto che d'anior si Ingn
Acqueta rnolto tiieglio i nostri urdori. » (P. 119.)
4. Il y a véritablement un écart trop considérable entre l'homme aain et actif, que nous avons étudié, et le poète qui va « sospirando una nebbia di martiri ».
tricienneet son aisance souveraine, ne s'arrête pas en si beau chemin. A côté de rilalien écrit, il s'inspire de ^y l'italien parlé. Et comme il a été aux bourgeois, il va au peuple ei aux paysans, à ce peuple dont l'humanisme n'avait jamais fini de sourire, à ces paysans honnis, proscrits, tournés en ridicule par tous, à qui Malïeo Vegio prêtait non une apparence humaine, mais de bœufs 1, et dont la satire constituait une sorte de comique national.
Et tous ensemble, Laurent en tête, vont recueillir, par les champs et par les rues, les rispetli des amoureux.
Florence avait été précédée dans cette tentative par une tentative analogue accomplie à Venise dés le début du siècle.
Lconardo Giustinian, né en 1388, mort en 1443, que nous avons rencontré parmi les latinistes, est grand de Venise, comme Laurent est bourgeois de Florence. Comme Laurent, il est l'ami des humanistes, élève de Guarino, correspondant de Niccoli, de Traversari, de Filelfo, traducteur de Plutarque, sachant le grec à saluer le Paléologue dans sa langue ; il est aussi ciloyen de cette Sérénissime qui pense « qu'aux lettres sans la vie il faut préférer la vie sans les lettres », avogadore de la République, gouverneur du Frioul, soldat contre le Visconti, sage du conseil et procurateur de Saint-Marc.
Pour se reposer de charges aussi lourdes, Leonardo Giustinian aime à se promener sur le rivage fleuri, pêcher dans une barque, musiquer sur le luth,llàneren
1. « Non hominuni species vestra, bovum magis est. » On trouvera non seulement chez les humanistes comme Matleo Vegio et Battista Mantovano, mais chez les novellieri, comme Sermini, et même chez les poètes alla bv^-chia, à peine sortis du peuple, de nombreux témoignages du dédain où étaient tenus les paysans. — Voir D. Merlini {Suf/gio di ricerche sulla salira conlro il villano, Turin, 1894).
302 LE QLATTROCKN'IO
gondole, qu'il lient pour le genre de véhicule « le plus suave et le mieux accommodé à nos études». « Est-ce que je lis toujours? écrit-il à Guarino, pas le moins du monde; je m'arrache violemment des livres, et le souci de la bonne santé, qui m'est extrême, interrompt chez moi non la satiété mais le zèle de la lecture '. » Le long des berges, parmi les Calli étroits, au cœur de la lagune, les garçons chantent les filles. Leonardo Giustinian les écoule, retient les airs, note les paroles, et pour se divertir 2, comme passe-temps de grand seigneur, comme piquant contraste à la gravité de ses études, il se plaît à les imiter.
D'où ces c«;iso/i^//^ légères, nées à l'air de la musique, portées sur l'air de la musique, atmmbotti, hallate, ca/izoniy fragments de scène, bouts de dialogue, choses ailées et légères, signées du nom de Giustinian et qu'on chante encore aujourd'hui.
Quelquefois on y peut découvrir comme le hl ténu d'une petite histoire. Un garçon passant par une rue a remarqué une fille ; il y repasse si souvent, se montre si courtois qu'il est remarqué à son tour ; la hlle trompe la vigilance de sa mère, s'accoude à la fenêtre quand il paraît, et lui, radieux, emporte son sourire, quelquefois son fichu. L'intrigue est nouée et en reste là si l'on veut. Plus souvent un rendez-vous est pris. C'est nuit close; personne ne traverse le quartier désert; le garçon s'annonce en toussant, en crachant par terre, en lançant un caillou contre la fenêtre, et la conversation s'engage par couplets alternés : lui dans la rue, le nez en l'air, le dos au froid, elle à son balcon, agaçante et décevante. Se se. liant certaine, elle laisse le galant se morfondre durant des nuits, durant des semaines.
i. « Quid ergo? Scm|)er ne le;<o? Minime certe. Me ipsiim nnmqiic O'triler rolnctautein e libris iliveilo, cl rulio vnletudinis, (juii' iiiiiii plurimiini liahendii f.'sl, non sfilietiiteiii. sod Icctionis ^'iisttun iiilcniiinpil liiiiii... /; (U. Sabhadini, Hvyli sliidi vulguri di L. (iiiisliniun, p. ;tt)i.)
2. 'c Lcvia profecfo siint f,'(;nera i|)sa diccndi et u nobis iuler gniviorcii uccupationes studia mislra non taiu oxorcendi aiit illustrandi (|uaiij ingcnii laxandi causa iucondile jactalu. » [Ib., p. .31U.}
LA RENAISSANCE A FLOKENCE 305
« (JuelqLiefois lu tiens ta main sous la joue avec tant de pitié ; puis tu prends un enfant dans tes bras; quelquefois tu le baises, doucement, et puis gracieuse, tu me regardes et tu ris; avec les voisines, tuaflectes seulement de parler pour que je t'écoute, et moi, comprenant bien ton beau manège, je me ris souvent, caria sotte voisine t'écoute de bonne foi et ne s'aperçoit pas de ce que tu veux (lire; quelquefois tu viens le soir à ton balcon, quand lu m'entends passer ; je te dis doucement mes raisons, tu écoutes mes plaintes ; mais lu ne consens jamais, voleuse, à me donner réponse'. »
Lorsque la coquette persévère dans safroideur, l'amoureux s'adresse à la voisine, la supplie d'intervenir en sa faveur, et, si la voisine n'y consent point, brusquement il tourne contre elle ses batteries; la voi.sine, d'autant plus vite gagnée qu'elle esl jalouse, se laisse attendrir, indique l'église où elle fréquente, ou bien dit: «Viens mard i ! »
L'amourette peut aller jusqu'au bout : la dame qui a joué l'amoureux esl jouée à son tour. Une telle constance, de si jolies cliansons, le froid qu'il fait, sont autant de raisons qu'on lui donne ou qu'elle se donne pour abdiquer sa résistance, et un jour, ôtant ses socques, sur la pointe des pieds, elle ouvre l'iiuis de sa porte. Si le garçon n'a pas su profiter de la bonne aubaine, il se prend la tôle à deux mains le lendemain : « 0 fou, ô babouin ; maintenant je m'aperçois de ma