XIV
brûlé et écartelé devant vos yeux. Tous ceux qu'on connaît, qu'on aime, dont on sait les prouesses et les généalogies, sont là; tous, Carlo Magno'. le bon vieux, le gros vieux, le pauvre vieux, à qui l'on a pourtant révérence, parce qu'il est vieux, en regrettant cependant qu'il soit si tombé en enfance^ ; Orlando, gros corbeau de clocber, brave, fort et sage, n'étant point fait pour courtiser les femmes, et n'ayant pas besoin de celui d'Arpinum, de Quintilien, de Démosthène, ni de personne « pour lui enseigner doctrine; » Rinaldo à qui Ulivieri dit : Tu sei pei' le ciancie, aussi gamin, écervelé, bravache, vigoureux et sympathique que jamais ; Ulivieri, Bicciardelto, Astolfo, Dodone ; les autres; et Gano qui semble plus lidèle qu'un patr?"^ noster, mais qu'Astolfo ne croirait pas, quand il serait le credo. Et il y a encore tous les rois et tous les barons de Paganie. le Vecchio délia montagna, le nécromant Malagigi, l'évoque Turpino.
Les filles de roi ou de sultan regardent aux fenêtres, montent de blancs palefrois, font le coup de lance ou d'épée. Meridiana porte une robe à la païenne, fleurie de blanc et de rouge comme son visage de grenade et de lait, des rubis et des gemmes sur la poitrine, une escari>oucle sur la tète; Florinetta qui, « comme jeune fille s'en allait seulelte pour le grand désir d'une petite guirlande'')), est happée dans le bois, où elle cueille des Heurs et écoute le rossignol, liée à un arbre, gardée par un lion et nourrie de serpents par deux géants ; Antea'' a des pieds j)ctits et blancs, une main longue et candide, des rires suaves h écarquiller dix paradis; pour les cheveux, elle semble Danaé, Vénus pour le
1. G. Tancredi, La fiqura ili Carlo Magno nel Mort/anle maqgiore. Naples, 1891.
2. « Perché se' vecchio, io t'ho pur roverenzia E increscemi tu sia si riiiihiuiibitu. »
(Xm, 23.)
3. <i Coiiic raïK'iulIa iii'anilavo solcita l'er tfrari vaL'he/za duna urillaiidelta. »