‹ Le quattrocentoChapitre 96 sur 151 · XVIII, 1V · texte numérisé non relu

XVIII, 1V

LA RENAISSANCE A FLOIŒNCE 321

Margutic biaise, finasse, tourne autour et ressort toujours victorieux et indemne. Petit, chaussé d'énormes éperons, fermant son petit œil et écoutant, il accomplit des exploits suprêmes. Il dépouille un cabaretier, dont il s'est fait l'ami, de tous ses ustensiles, qu'il emporte sur une chamelle, et il met le feu à sa maison. Un géant l'attaque; il se jette sur ses mains, laboure le ventre du colosse avec ses éperons et, piétinant son cadavre, il semble un poulet sur une meule. S'il n'y a point d'eau ou de feu, de quoi boire ou de quoi manger, son industrie aux aguets a tôt fait de se procurer ces choses. Pasun comme lui pour la cuisine. Et im jour, de voir un singe qui s'essaie ses chausses, il meurt de lire. Morgante en eut beaucoup de chagrin. Quant h Astarotle que le nécromant Malagigi évoque pour avoir des nouvelles de Rinaldo, c'est un diable, mais un diable serviable, courtois et théologien ^ 11 a fréquenté l'Académie platonicienne, lu toute l'œuvre de Marsile, écouté l'astronome Lorenzo Buonincontri commenter V Astronomicon de Manilius-. Il a des opinions sur l'essence de Dieu, la trinité, le libre arbitre, la chute et l'éternelle damnation des anges. Il explique à Rinaldo, dans le cheval duquel il est entré et qu'il ramène d'Egypte, qu'il y a bien plus d'oiseaux et de bêtes dans la création que sur le pavillon de Luciana; en passant (îibraltar, il lui découvre qu'au-delà les colonnes d'Hercule, il y a des cités et des pays et une race, appelée Antipode \ qui adore le soleil, Jupiter et Mars'*; chaque religion est, selon lui, agréable à Dieu,

Page 1