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II. OUVRAGKS POOH ET CONTRE MARre-AUTOlNETTE

Années 1774-84.

7. Amours (les) de Chariot et de Toinette, pièce dérobée à V. S. 1., 1779, in-8 de 8 pages.

Satire erotique contre la reine Marie-Antoinette et le comte d'Artois, depuis Charles A. Rare.

8. Anecdotes du règne de Louis XVI (1774-90). Contenant tout ce qui concerne ce monarque , sa famille et la Reine ; les vertus et les vices des personnages qui ont le plus contribué aux événements ; les Princes, les ministres, etc., les Assemblées des notables, l'Assemblée nationale, les Anecdotes particulières sur plusieurs de ses membres, avec Tesprit des principaux décrets, qui forment la constitution du royaume ; les détails intéressants et secrets de la Révolution, ainsi que des mouvements patriotiques ou criminels qui ont Ueu dans la plupart des villes des colonies et possessions françaises ; les événements de la deniière guerre: les États-Unis de l'Amérique septentrionale; la la marine, les finances, l'administration judiciaire et militaire; les faits dignes de remarque, etc. (par Fierre- Jean-Baptiste Nougaret). Paris, 1791, 6 vol. in-12.

Cet ouvrage avait paru précédement par parties détachées dont Toici l« titres des deux premiiTes : Anecdotes du règne de Louis XVÏ^ depuis 1774 jusquen avril 1776, ITTG, in-«2.— Anecdotes du règne de Louis XVi, contmanl ce qui s'est passé en 1777, 1778, in-12.

9. Portefeuille d'un Talon-Rouge , contenant des Anecdotes galantes et secrèttes (sir) de la Cour de France. Paris, de Timpr. du cooiU) de Parades, l'an 178..., pet. in-8.

Voici, sans contredit, un des pamphlets les plus rares qui aient été M- Wiés, k cette ôfwquc, contre la Cour de France. Il ne nous est pour ahisi mre connu que par la mention fort succincte qui en est faite par Manuel, dans sa Policé dô rariê dévoilée ( tome l* r, p. 38). Il nous apprend que < tQ^te * Pédhion, ou ^ peu près, a été saisie, mise au dépôt de là Bastille ci eQlW4 » au pilon». Un des exemplaires, pouvons-nous A\t« Y\ç\vtv^xsi^'«i«çv\à ^a»:^

de cette destruction (1), est tombé entre nos mains, et nous permei dt fûn connaître cette prodactîon ténébreuse, qui, sous les ijiparenoes d'une Imms modération, contient en germe la plupart des accusations odieuses qui fmpèrent alors les femmes les plus aistinguées par la naissance « l'esprit on li beauté, et qui atteignirent jusqu'à la souveraine elle-même. Tout en obnr- Tant à son égard de perfides ménagements, c'est surtout en faisant gmnter autour d'elle les astres secondaires que le libelliste ne la perd jamais de rat, depuis son arrivée en France, comme Dauphine, jusqu'à répooue de la publication du pamphlet ; la forme anecdotique qu'il a adoptée lui permet de glisser, sous forme de récit , les aventures les plus suspectes ou de pure inagination. Telle est, par exemple, la revue nominative critique que la Reine passa, en plein bal, des dames de la cour (pag. 14-18) : • Lorsqu'elle ne

• dansait pas, elle était presque toujours en pourpaler avec le comte d*lr- » tois et l'archiduc son frère, riant tous trois à gorge déployée, tantôt sur

• la figure bizarre do celle-ci, tantôt sur Tajustonent gotnique de celle-là;

• sur les prétentions de l'une , sur les ^ucheries de l'autre. Toutee passèmit

• en revue. La Reine distingua, parmi les femmes, les siècles, les eoUsth

• montés et les paquets. On appelait siècles celles qui étaient sur râge;les

• eollets-montés étaient les prudes qui font métier de dévotion et de médi* » sance : les paqtAets étaient celles qui colportaient los nouvelles et les em- > poisonnaient ».

Après toutes les insinuations peu bienveillantes du prétendu Talcn-Rimgt sur le compte de sa souveraine, ne doit-on pas regarder comme ironique, m partie, ce jugement qu'il finit par en porter : • Sur le trône de France no»

• n'avons point eu, depuistrois siècles, de souveraine qui la vaille. H défie, ■ depuis cette époque, d'en montrer une plus aimable qu'elle »•. S'il a èt€ donné à l'auteur du Portefeuille de vivre jusqu'à la fin (le 1793, il aura pa se convaincre aussi qu'il n en est point que ses malheurs et la grandeur sublime de caractère qu'elle sut déployer alors, aient élevée aussi haut dans rpstime de la postérité.

Il est bon de faire connaître aussi que les princes delà branche d'Orléans, et surtout le duc de Chartres (Louis-Philippe Égalité) , sont fort maltraités par le Talon-Rouge, ainsi que plusieurs ministres (Âraelot, Sartines, etc.)i ^ leurs subalternes.

Doit-on regretter beaucoup la perte presque totale de l'édition du Pariéfeuille? i/is amateurs de ces sortes de pamphlets répondront affirmativement; mais les possesseurs du petit nombre d'exemplaires échappés à la destruction exprimeront un sentiment contraire. (J. L., Bulletin du Bibliophile, ann. 18o5.)

10. Mémoires de M. le duc de Lauzun (jusqu'en 1783). Paris, Barrois rainé , 1822, in-8 de 26 feuilles 3i4 (6 fr.), et sur pap. vélio, (12 fr.) , 2 vol. in-18 (3 fr.), sur pap. véUn (7 fr.).

Les Mémoires d'Ârmand-Louis Gontaut , duc de Lauzun , plus tard, en 1788, duc de Biron, sont un pamplet contre Marie-Antoinette. L'homme qui est censé les avoir écrits passe pour avoir été l'un des trois ou quatre favoris sérieux oui aient été donnés à cette malheureuse reine.

Cette publication est, par sa date, l'une des premières faussetés littéraires de ce siècle, car elle avait été tentée sous le gouvernement impérial.

À l'époque impériale la liberté de la presse illimitée comme on la réclame auioura'hui n'existait aucunement. Etait-ce un mal ? Il fallait pour bien des publications obtenir au préalable Tautorisation de la censure. Les auteurs de ce livre durent donc adresser lo manuscrit au ministre de la police.

Celui-ci ayant trouvé le manuscrit trop inconvenant, il en référa au mat-

(li II s'en U'ouTait un aulre «exemplaire dan^ Ip » (;aUlogue des rurioiilét Httérairet et U»loriquet des XVin et XIX* fiMen ... puUié par N. lann^^i, ISSt. in-S. N* VII. oo ao», aa prit de 14 fr.;

tre, <|oi, rayant lu» en fut indigné. «cQuoil dit-il, ce n'est pas asseï que ces misérables aient fait monter cette malbeureose femme sur l'échafaod, il faut encore qu^iU salissent sa mémoire. Que veulent les auteurs de ce pamphlet? De Taisent. Qu*on leur en donne, et que celte saleté ne voie pas le jour. » Nous svons entendu dire que les auteurs furent largement désintéressés.

Mais vint la Restauration. Alors nos auteurs se posèrent en victimes du despotisme impérial : ils Grent des démarches pour que leur livre pût être imprimé, et, à la honte du gouvernement de cette époque, ils trouvèrent un ffrand seigneur de la Cour, qui non-seulement s'intéressa à e ux , mais leur fit obtenir de l'argent. Ainsi Louis XVIII eut la lâcheté de favoriser la publication d'un pamphlet contre sa belle-sœur , tandis que Napoléon avait eu la générosité de la défendre.

^ Le principal auteur de ces Mémoires est un homme qui s*est attaché plus d*iine lois à salir les noms les plus éminents de la France, le juif et libelUste Lavis Goldsmith (voy. son article dans notre a France littéraire»). Son complice est un M. Tissot, qu'on nous a assuré être Tacadémicien ; mais pour l'honneur de celui-ci nous aimons croire qu'on a fait une fausse attribution. L'éditeur littéraire et le libraire-éditeur sont une seule et même personne : M. Ch. • J. Babbois. (Note de nos Supercheries.)

11. Mémoires du comte Pt>rr^-iltea?an€fr« de Tilly (ancien page de la reine Marie-Antoinette), pour servir à l'histoire des mœurs de la fin du dix-huitième siècle. (Ouvrage posthume). Impr. de Le Norman! fils, à Paris. Paris, les march. de nouv., 1828, 3 vol. in-8 (21 fr.).

Ces Mémoires c^ui ont été écrits pour justifier Marie- Antoinette de l'accusation de légèreté sont en définitif des Mémoires scandaleux. L'auteur a connu trois amants à la Reine.

Le comte de Tilly écrivit ses Mémoires en Allemaffne, pendant son émigration ; il les laissa même à Berlin avec sa correspon&nce , lorsqu'au printemps de 1807 il disparut de cette capitale. Dix-huit ans plus tard, ses Mémoires furent traduits en allemand sur le manuscrit autographe , et publiés sous ce titre : Memoiren des Grafen Alexander von T — ; aus den franz. Handschrift iibers. Mit biograph. Notiz Uber den Grafen von Tilly. Berlin, 1835, 3 vol. in-12. Ce n^est encore que trois ans plus tard qu'on a donné l'édition française.

Le comte de Tilly était un joueur effréné, et, comme finissent beauooun de joueurs, il avait di\ mettre fin à ses jours, à Bruxelles, le 26 décembre 1816.

12. Mémoires de la baronne d'06^fttrcA sur la Gourde Louis XVI et la société française avant 1789 ; publiés par le comte ( Léonce de Bernard) de Monthrison. Paris, Charpentier, 1853, 2 vol. in-12 (7 fr.), et Bruxelles, 1854, 2 vol. in-18.

Les Mémoires delà baronne d'Oberkirck sont d'une lecture très attrayante, aussi ont-ils été beaucoup loués ; mais c'est en somme un éloge de la Cour dans les termes les plus pompeux, ce qu'on devait attendre d'une noble dame pour qui la royauté doit toujours avoir raison, quoi qu'elle fasse*

B. Affaire du collier (1785-86).

L'affaire du collier a eu un grand retentissement, et de très fâcheuses conséquences pour la réputation de la Reine, que la comtesse de La Motte avait mise en jeu dans cette dégoûtante affaire.

Bien des écrits, soit avec noms d'auteurs , soit anonymes ont été publiés pour et contre la misérable femme qui s*est fait un nom fameux en ourdissant cette infernale intrigue.

Ijii amateur a autrefois réuni une grande partie des piàeee qatOBt été publiées à Toccasion de TafTaire du collier, dans laquelle la fameuse comtesse de La Motte a été la principale actrice ; il en a formé un recueil pour lequel il a fait imprimer des frontispices et des tables. Ces nombreuses pièces sont réunies en i volumes in-8, sous le titre de i( Collection complète des pièces relatives à Taffairedu collier». Paris,

Si nous ne nous trompons, cet amateur doit être un homme qm, depuis 1786, s'est fait connaître dans les lettres par des romaas, Jean-Gharles-Vincent de Bette d'Etienville, gravement impUqaé dans celte sale affaire. Il a écrit quelques notes sur plusieurs des factoms qui composent la collection formée par lui. Ce recueil, qui n'est pas le soûl qui ait été ainsi formé, est aujourd'hui la propriété de M. Xav. Marniier, qui a bien voulu nous le communiquer. Mais le recuefl de M. \av. Marmier ne renferme pas tout ce qui a été publié dans cette affaiie.

L'affaire (lu collier, à son époque, a occupé tous les esprits, et Ton en recueillait au jour le jour tous les nouveaux factums, connme on recueillit plus tard les nouveaux journaux depuis la révolution du il février i8i8: mais on les conservait avec si peu de soin , que pas une (les bibliothèques de Paris n'en possède la collection complète. S celle qui appartient à M. Xavier Marmier n'est pas unique, toutefois est- elle la plus complète qui existe à Paris, puisqu'elle renferme trente-quatre pièces, tandis que l'exemplaire de la Bibliothèque impériale, le plus complet qui vient ensuite, n'en renferme que vingttrois. Ce dernier est tlivisé en six parties, portant pour titre factice et collectif : « Collection complète de tous les Mémoires qui ont paru dans la fameuse affaire du collier, avec toutes les pièces secrètes qiii y ont rapport, et qui n'ont pas paru». Paris, 1786, 6 parties in-ii. i^ Bibliothèque publique de Versailles en possède une tmisième collecti)n. moins complète encore, mais dans laquelle il se trouve quelques pièces qui ne font point partie des deux dont nous venons de parler. M. Le Roi, son conservateur, a eu l'obligeance de nous les faire connaître. Rnlhi, un de nos amis, qui s'est attaché à recueillir le plus do pièces possible sur des faits particuliers de l'histoire de France, a bien\ouIu,;i notre intention, parcourir toutes les bibliothèques de Paris pour prendre noie des différences qui existent enu^ leurs recueils sur l'alTaiie du collier, et c'est par suite de sa niinutioiL* vérification que nous présentons notre nomenclature des écrits publiés à propos de cette affaire.

13. Mémoire instructif remisa S. M. la Reine, le 12 mai 1785, par les sieurs Bohmeret Bassanj^e. Avec les Plaintes du procureur-général et autres pièces relatives à l'affaire du collier. S. I., 1786, in-8 de 'lï pages.

L,s pior4?s qui se trouvent à la suite de la Plainte et Ri^quisitoire de M. If proGureur-générul sont un Mômoire instructif sur la cooDaissaDce deMi*>'lt ron:tesse de Valois avec les sieurs Bohmer et Bassange, et une lettre contenant la déposition de M">^ la conitc?se Du Barry.

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