NOUVELLES LITTÉRAIRES ET BIBLIOORAPHIQUES
Le Messager de Bayonne explique ainsi le voyage du prinee Louis- Lucien Bonaparte en Biscaye :
• Le prince Louis-Lucien Bonaparte est venu séjourner quelque temps dans les provinces basques françaises et espagnoles, pour recueillir sur les lieux les documents et les rares renseignements dont il a besoin pour mettre la dernière main aux deux œuvres importantes qu'il va publier, véritables monuments élevés en Thonneur du peuple basque, dont le prince a longuement étudié r histoire et la langue.
B Le prince Lucien va commenc er, h son retour à Paris , la publication de Vévangile de saint Mathieu dans tous les dialectes basques; puis celle d'une inaji^nifique carte des contrées dans lesquelles la langue basque est encore parlée.
> Chaque jour le prince réunit à sa table, h Saint-Jean«de*Luz, des représentants des nombreux dialectes existants en Espagne et en France. Plus d'une fois, il est arrivé que les convives, parlant tous basque, ne se comprenaient pas entre eux ; mais toujouiv le prince, grftce à la connaissance profonde qu* il possède de tous ces dialectes, expliquait à chacun des interlocuteurs, dans son idiome particulier , le mot, la pensée qu'il n'avait pu comprendre dans Tidiôme de son voisin».
— Les journaux de Berlin publient la déclaration suivante du célèbre savant M. Alexandre de Humboldt :
« En 1826, j'ai publié à Paris, comme extrait de la grande édition de mon Voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent , un travail sous le titre de : Essai politique sur IHle de Cuba, qui concerne la situation de TagrieuUure et de l'esclavage dans les Antilles. H en ipeml ^^^^^xt^ ^^si^^Nit^-
duction tnglatte et une traduction espignole , laquelle porte le tkn de : Efuaya poïuico $ohn la Ula de Cuha^ et qoi n*a rien retranché daapnions indépendantes que m'avaient inspirées les sentiments d'humanité.
• Il parait aujourd'hui à New-Tork une nouvelle traduction an^ise olquée sur la traduction espagnole, et, tout en rendant justice aux addition intéressantes, que l'auteur de la traduction a ajoutées à mon travail, et à l'esprit de modération avec lequel il discute mes opinions quand il ne les pl^ tage pas, je ne puis passer sous silence qo^it a trouvé bon de supprînMr. dans un ouvrage qui porte mon nom, tout le septième chapitre de la tiadiKtion espagnole. J'attache à ce chapitre plus d'importance qu'à la partie parement 8cienti6que.
> J'ai examiné avec franchise, telles sont les expressions dont je me soii
• servi il y a trente ans, ce qui concerne l'oi^anisation des sociétés fanmaiaes
• dans les colonies, l'inégale répartition des droits et des jouissances de b » vie, les dangers menaçants que la sagesse des législateurs et la modéra- » tion des hommes libres peuvent éloigner , quelle que soit la forme des > gouvernements. Il appartient au voyageur qui a vu de près ce qui toor-
• mente et dorade la nature humaine de faire parvenir les plaintes de » l'infdftune à ceux qui ont le devoir de les soulager. J'ai rappelé dans cet » exposé combien l'ancienne législation espagnole de resclavage est moios » inhumaine et moins atroce que celle des États à esclaves dans rAmériqv » continentale au nord et au sud de Téquateur ».
> Ayant toujours défendu la plas large liberté des opinions parlées on écrites, j'aurais supporté les plus violentes attaques, mais, en retour, j'aurai^ cru devoir m'attendre à ce qu'il fût permis de dire dans les Etals libres d'Amérique ce qui avait circulé dès la première apparition de l'ouvrage, dans sa reproduction espagnole > .
— Aux ouvrages de bibliographie et de bibliothéconomie, plus ou moin^ importants, que nous avons cités sous les n^* 969 à 1051 du Quérard, il fau; en ajouter deux récemment publiés. Le premier est intitulé : Memoin o( Librairies; together with apractical Hand-Book of Library Eeonomy; h\ Edward Edwards, esq., of the British Muséum. Lond., TrUbner, 2 vol. in-S. 1 1. 4 sh. Nous connaissons du même auteur, et la possédant : « A statistic^l Wiew of the principal publics Librairies of Europe and Amenca > dont la 3<^ édition, corrigée, avec des tables additionnelles et 12 cartes gravées, est do Londres, 1849, in-fol. de 48 pages et 12 cartes ; puis : « A Manual historical and practical on the formation, organizalion, and œconomy of publia Librairies , and more especially of printcd Books ». Londres, 183., 1 vol. in-8, avec un grand nombre de plans gravés, de diagrammes, de fac-simiii et autres illustrations. Le second ouvrage est un Index Pseudonymorum. Worterbuch der Pieudanymen, oder Verzeichniss aller Autoren, die si:h falicher Namen bedienten, Leipzig, Verlag von Falcke u. Rœssler, ia>6, gr. in-8 de x-282. Ce volume a été publié sous le nom de Emil Weller, nuiis, u sa conte&ture, au dédain avec lequel l'auteur parle de ceux qu'il a pillés, on doit lire Oettinger's Schere, ou ce livre est d'un des fervents disciples de cj compilateur, prenant partout, et injuriant tous ceux à qui il emprunte. }iou< reviendrons prochainement sur cet ouvrage, aussi incomplètement universel que la « Bibliographie biographique >•
•— Puisque nous sommes en train de parler d*ou\Tages de biblicgraph! \ nos lecteurs nous permetltowl d« Icrk dm <\uelque8 mots sur ceux qui ap-
pariieniieDt à notre propre officine; les explications que doiib allons donner sont nécessaires poar rassurer les souscriptears à deox de nos publications : noQs voulons parler de racbèvement du tome XI de notre France Uitérenfê et du tome V des Supereherieê littéraires dévùilées^ volume extrait dn pre> cèdent.
Les traités internationaux ont bien aboli la contrefeçon et le plagiat à l'étranger, mais ils n*ont pu faire supprimer Tusage des ciseaux en France, où Ton sait admirablement se servir de cet outil pour se couper un manteau de savant dans l'étoffe d'autrui. Or, depuis longtemps, malgré nos justes plaintes, des ciseaux très actiiis saisissaient au passage les livraisons de nos deux ouvrages en cours de publication. Les coupables ne partagent pas l'bonorable et très juste opinion suivante émise récemment par 11. Laurent-Pichat, dans la < Revue de Paris (1) ». « U est permis, dit-il , d'aller » puiser dans un travail consciencieusement fait des documents dont on » peut avoir besoin ; mais encore faut-il le faire dans une certaine mesure, » et doit-on toujours indiquer les sources auxquelles on s'est adressé. C'est » ici une question de loyauté littéraire >. Nous, on nous a tout pris, à tel point que si le livre avait quelque valeur nous pourrions en revendiquer la partie la moins mauvaise, environ la moitié; et nous n'avons jamais été cité que pour être injurié !
L'épigramme suivante, assez faible, à l'adresse de nos incessants emprunteurs, ne compense pas le préjudice qu'il nous ont causé :
De tous ses concurrents honteux Quérard se plaint sans réticence.
Bti! n'est-il pas trop heureux De voir piller son opulence?
Les tribunaux étaient bien là pour nous rendre justice; mais intenter un procès, quelle qu'en eût été l'issue, peu douteuse, il eût fallu dépenser de l'argent ; or, nous n'en avons ni de trop, ni assez pour payer les procès qu'on nous intente à nous-méme. Un parti nous restait à prendre pour mettre un terme à ce découpage continuel : c'était de nous laisser d4>asser par nos confrères peu scrupuleux. C'est ce que nous avons fait. Leur livre étant à la veille d'être terminé» nous reprenons les deux nôtres pour être achevés dans l'espace de trois mois. Nous nous proposons de démontrer péremptoirement que nos propres recherches n'appartiennent pas à tout le monde, ainsi qu'on l'a avancé sans vergogne ; que nos découvertes sont neuves et bien notre propriété, retournant contre la fousse assertion de nos compilateurs l'épigramme que le chevalier d'Aceilly [de GaiUy] a décochée contre l'antiquité.
Dis-je quelque chose assez belle?
L'antiquité tout en cervelle Prétend l'avoir dit avant moi.
C'est une plaisante donieile I Que ne venait-elle après moi ?
J'aurais dit la chose avant elle.
Nous signalons comme par le passé les nombreux articles omis dans le r^ swné des tables de la Bibliographie de la France, parce que les ciseaux
(1) N* du 15 août 1SS6. pp 106 et suiv., <laiis une drconstance presque idenlioue à la n^tre. M. Euf. Jung a pubUé Tannée dernière un ouvrage intitulé Henri iV écrivain^ dont
Eliuieurs revues ei Journaux ont rendu un compte aYantageux. Advient que ■. Arthur de a Guerronniére a le même sujet à traiter. U prend le livre de M. Jung, le suit pages par par pages: copie, transpose les feuilleta du livre de I8S5. et a<* parle nullement de «on au* leur.
mière ^rii"ii«„ — .-,.„„c, quoique beau miwe édition, est maintenu à 16 fr i o,
<*ac«nede vingt feuilles, qui pL'^Uron; J«^nt été accordés aux bibliofbèqu< «« • ^oefle la h*te civile impérialea s
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de réfotatiODS de « l'Univers» et de M. Sainte-fiouve; celle de M. Alex. Damas père ; celle de Hon. de Balzac, et œlle de M. de YillemesfiaQt. Il ne faut point espérer trouver des faits et renseignements nouveaux dans ces notices. Ce ne sont que des à-propos sur de» hommes littéraires, des anecdotes. La notice sur Béranger est tout à fait nulle sous le rapport de la vie littéraire du poète.
N'oublions pas la « Biographie pittoreeque universelle > que publient MM. Julien Lemer et Aug. Challamel, comme Tune des parties du journal « la Lecture ». Cette biographie paraît par livraisons de 8 pages, pet. in-fol. à deux colonnes, avec portraits gravés sur bois. Trente ont vu le jour , et vont jusqu^au mot Bogoas. La concision des articles rappelle une autre biographie publiée en 1834, dont on attribua la paternité à M. Taschereau, mais qui, en réalité, est de M. Ackerman, Dictionnaire biographique universel et pittoresque.... orné de 120 portraits, imprimés dans le texte. Paris, Aimé André, 4 vol. gr. in-8 à deux colonnes. L'une et l'autre de ces publications ont eu pour but de rendre la biographie populaire ; il a peut-être été manqué, parce que l'aridité en a supprimé l'attrait, et partant l'instruction.
L'auteur des « Contemporains > vient d'avoir un quatrième biographe qui le juge assez sévèrement. Eugène de Mirecourt, sa biographie et ses erreurs, avec un portrait ei «n autographe (P^ris, Tarride, in-18), tel est le titre de ce pamphlet biographique piquant, attribué à un écrivain d'esprit, mais qui a eu le grand tort d'employer vis-à-vis de M. Eugène de Mirecourt une série d'épithètes qui n'appartiennent point à la société polie.
— Il est 4ifioiU d'Iftre prophète éoD» ion piva. E» voici nne nouvelle preuve. On se rappelle qu'au commencement de cette année trois honora hles libraires de Paris prirent l'iniliative d'ouvrir une «HiSQnptîonen faveur del'auteur de la France litiéraire . comme récompense de ses travaux non moins ingrats qu'utiles. Cette souscription, qui devait se couvrir par la librairie française, a pris des proportions assez grandes, puisque libraires , bibliophiles et bibliothécaires, non-seulement de l'Europe, mais encore de l'Amérique, ont voulu y prendre part. Parmi les ooni^ervateurs de bibliothèques étrangères figurent ceux de Berlin, de Moscou, voire de New-York, qui ont ainsi reconnu l'utilité qu'ils ont retirée dans leurs fonctions des recherches du bibliographe français. Les administrateur et conservateurs de la Bibliothèque du British Muséum, MM. Pantzzi, John-Wmter Jones et Thomas Watt, voulant s'associer à cette démonstration sympathique pour le Don Quichotte de la bibliographie française, viennent d'adresser 150 fr. à la souscription. Le conservatoire de te Bibliothèque impériale de Paris s'est abstenu jusqu'à ce jour.
Que la honte soit légère au conservatoire de la Bibliothèque impériale de Paris, et particulièrement à MM. Taschereau et Raveoel.
— M. Félix Bourquelot est trop avancé dans sa pauvre publication pour craindre qu'il nous emprunte, avec son san^-façon ordinaire, un pseudunyme tout frais que nous venons de découvrir. Nous désirerions le faire ronnaître u l'un de nos frères en bibliographie, un frère hyperborêen, M. Serge Dmitriewifz, mais on ne lui n'apprend que fort rarement quelque chose do nouveau sur les écrivains de ses con>rées. Nos lecteurs alors profiteront donc seuls du renseignement. II a été public dans ces dorriers temps deux ouvrages my»tiques, le premier intitulé * La vie motiastiqu de l* Eglise orientale. PHtis, et Genève, J. CherbuUez, 1^55, in-1^ format anglais, de Ixxxij et 468 pag., ouvrage divisé en ^uatx« v^xVx^ *ss«s^.\vfe vcs^n^v
Fr-.t : !• Origine de la TÎe monastique; S* Un pMirinay à Tmtsa ; 9» Ih :;or.taire de la grotte de Saint-Béat; 4* Réponse aox apologistes des moÎBBi (•Il cinq lettres). Le second ouvrage est intitulé : La SuÙMt aUemiande d '' ' xursion du Mcmch. Tome l^, Paris, et Genèye, J. Gherbuliez, 185S, iu- 12 format anglais, de xxlj et 366 pag., avec une grarore. Ce dernier oavrage, que Fauteur a dédié à ses frères les RoumainSy formera trois ou quatre volumes. La couverture du volume, publié en 1855* annonçait on second ouvrage de l'auteur sous le titre de Heurm de 6ofiÂair, ou la Stttsss « 1855. Nous pensons que c^est cet ouvrage qui a été publié sous le titre de la Suisse allemande. Ces deux ouvrages ont été imprimés soos le nom de la comtesse jDora d^lslria. Or, ce nom est an pseudonyme emprunté ï l'Italie. Ce pseudonyme cache M»* la princesse KoUzoff 'MauaUki , d'une famille noble beaucoup plus ancienne que celle des RomanolT, r^nante en Russie, puisque la comtesse descend, d'après un livre de noblesse, incontestable même en Russie, le Livre de velours, de l'heureux cbef des pirates des bords de la Baltique, fondateur de l'empire russe, de Ruridc.
BIBLIOGRAPHIE
LES LETTRES FRANÇAISES EN EUROPE