‹ Le quiétiste espagnol, Michel MolinosChapitre 31 sur 46 · CHAPITRE XVI Épilogue · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI Épilogue

Dès les premières difficultés soulevées par son livre, Fénelon avait pensé à une édition corrigée. Le projet en fut même réalisé, après quelques tergiversations ; mais les circonstances arrêtèrent tout ; le manuscrit, demeuré en portefeuille, n'a été publié qu'en 1911 ^

Les corrections apportées étaient plus apparentes que réelles. En face de ce nouveau texte, Noailles et Bossuet n'y auraient pas reconnu la doctrine des trente-quatre articles d'Issy ; les théologiens romains seraient demeurés inquiets ; et probablen^ent le bref Cum alias aurait été signé par Innocent XII.

On sait comment Fénelon reçut la décision de Rome. Il s'y soumit, par sa fameuse lettre du 9 avril 1699, « simplement, absolument, sans ombre de restriction », avec une promptitude qui fit l'admiration de son temps. Il voulut même qu'un ostensoir fameux témoignât de son obéissance^.

Le jugement pontifical fut accueilli dans tout le royaume sans discussion. Remercîments du roi au Saint Père (6 avril 1699), approbation des évêques rassemblés par province sur le désir exprimé par Louis XIV dans une circulaire aux métropolitains (22 avril), édit royal d'exécution (4 août), délibération de l'assemblée du clergé de France et entérinement dans ses procès-verbaux d'une relation de toute la cause (23 juillet 1700) : rien ne manqua à la solennité et à la plénitude de l'adhésion française.

^ A Ghérel, Explication des maximes des Saints. Ed. critique, Paris Bloud, 1911. — 2 Par des témoignages très graves, M. Gosselin avait établi l'existence de cet ostensoir qui disparut de Cambrai à la Révolution. M. Griselle a publié, dans ses études sur Fénelon, un témoignage nouveau, plus décisif encore, qui achève de mettre hors de doute ce fait que certains traitent de légende.

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