Annales de la Propagation de ta Foi
LE W. P. BOUCHARD 7-î
juissioiinaires et de secours eu argent. Il fut délégué lui-même, et le 5 de novembre il partit pour traverser de nouveau l'immense désert qui sépare Berber de Souakim, sur les bords de la mer RougX', La dénûment de la mission ne lui permit pas de Noyager avec un grand luxe, et malgré les dangers <le tout genre que présentait ce voj^age, il ne put se taire accompagner que d'un nègre et «l'un chamelier.
Le 12 janvier 1882, il m'écri^-ait de Vérone la lettre suivante :
Je me mis en route le 5 novembre, et après un long et pénible voyage, j'arrivais à Rome le 7 janvier suivant. Le Cardinal Préfet de la Propagande,prévenu de mon voyage en Europe,avait nommé undes missionnaires administrateur provisoire de la Mission. Pendant les 12 jours que je passai à Rome, je pus terminer avec Son Eminence les affaires du Vicariat, et je suis maintenant à notre séminaire de Vérone où, malgré le froid, ma santé commence à se refaire un peu. Je dois vous dire que je ne suis pas sans iut|uiétude pour lavcnir de la mission de l'Afrique
Centi-ale, Le nouveau chef n'est pas encore trouvé et il sera difficile d'en trouver un, m'a dit le Cardinal Simeoni, car des difficultés de toutes sortes et surtout le climat meurtrier découragent les plus intrépides. Le nombre des missionnaires est réduit à huit en tout, six prêtres et deux frères. Malheureusement, le séminaire de Vérone ne peut guère nous venir en aide, car il n'a que sept novices et ils sont tous en première année de théologie. Si quelques prêtres ne viennent pas d'ailleurs à notre secours, qu allons-nous devenir ? Chaque année, en moyenne, quatre à cinq prêtres missionnaires succombent sur le champ de bataille <le l'Afrique Centrale et je suis à me demander (]ui pourra les remplacer. A ces difficultés il faut joindre les difficultés pécuniaires ; vous avez pu voir par la letti'e di^ regi-etté Mgr Comboni ce qu'il en coûtait pour ne pas mourir de soif au Cordofan ; mais vous pouvcv. difficilement vous faire une idée de toutes les dépenses que nous avons à faire tous les jours pour nos voyages et notre entretien. C'ependant, je suis loin de perdre courage. Si la mission, comme je nen ai aucun doute, est vraiment l'œuvre de Dieu, elle subsistera ft réussira en dépit de tous les obstacles.
LE R. P. BOrCHAllT) 7.)
Eli attendant que Rome se prononce et nous «lonne un nouvel évêque, mes supérieurs désirent <|ue je reste en Europe pour refaii-e ma santé et nussi pour aller demander des secours pour la mission. Il y a quatre ans, j'avais fait en France des collectes qui avaient donné d'excellents résultats ; je retournerai sous peu dans ce pays (^ui est encore le soutien de toutes les bonnes œuvres, et j'espère .recevoir plus que la première fois. Il me suffira de faire connaître l'étendue de notre misère, pour que les âmes généreuses en soient touchées et s'efforcent de nous venir en aide. Je me propose de vous eur voyer une relation de mon voyage, et puisque vous me dites qu'au Canada l'on s'intéresse beaucoup à tout ce qui regarde notre chère Afrique Centrale, ^e tâcherai de vous donner tous les détails que je pourrai, afin le satisfaire les charitables membres de la Propagation de la Foi.
Vous trouverez ci-inclus deux ])hotographies de Monseigneur Comboni, l'une pour Monseigneur l'Archevêque, à qui vous voudrez bien présenter mes plus humVjles respects, et l'autre pour vous.
Je serai très heureux de recevoir de vos bonnes
N0TIC£ BlOGBAPHlQUi:
nouvelles. Veuillez adresser vos lettres au Seminario Afrlcano, Via dd Semlnario, 3^^/ X^, Vcroncf, lUdui.
Je recoinmande à vos- bannes^ prières notre Mission
et
Votre humble et reconnaissant «^rviteur,
A. BorcHABD,
Mis>»ionnaire Apostolique,
Pendant les dou/ie jours qu'il pa.ssa à Rome, le Père Bouchard eut plusieurs audiences du cardinal 8imeoni, qui le tenait en très grande estime et qui le retenait chaque fois à son bureau, aimant à l'entendre, le tuto^'ant et le tiaitant couime son enfant. Ce qui paraît ceitain, c'est que, quelque temps après, il votiltit le nommer évêque, et successeur de Mgr Comboni. Et ce n'est pas, comme on pourrait peutêtre le penser, le Père Bouchaid qui nous a appris ce fait, — il n'en a jamais parle que je sache au Canada,— mais un pi-être de Québec qui voyagea, à cette époque^ en Europe et en Orient, et (jui entendit parler (hi missionnaire Canadien et de l'honneur dont il était menacé, Pour échapper à cette charge