M. Lagacé, principal de l'Ecole Normale
LE R. P. BOUCHARD ol
jnis cent-cinquank^ francs pour aclieter un enfant noir, que j'ai déjà trouvé un beau petit nègre très intelligent et qui promet beaucoup. Il a douze ans et s'appelle Farage, ce qui veut dire vide. C'est bien vrai, il est vide de la grâce de Dieu, mais bientôt il sera chrétien ; et, comme le désire son généreux libérateur, il portera le nom de Pierre et, je n'en doute pas, il sera un excellent chrétien. Je vais faire mon possible pour envoyer la photographie du ptîtit à son généreux libérateur. Combien de personnes au Canada trouveraient trente piastres par an, sans se priver du nécessaire, afin de racheter un enfant nègre ! Combien de dames, dans mon pays, <lépensent pour une seule soirée plus qu'il ne faudrait pour tarir bien des larmes et sauver bien des âmes 1 Quelle consolation sur leur lit de mort, si elles pouvaient dire à Dieu : je me suis privée des joies éphémères de ce monde pour procurer votre gloire ; maintenant. Seigneur, assistez-moi. Dieu (jui ne se laisse pas vaincre en générosité, enverrait ses petits anges pour les conduii-e au séjour du bonlieur et de la gloire pour toute l'éternité.
Pardon, mon cher Monsieur, si je vous attriste par le récit des souffrances des pauvres noirs de
o2 XOTICTE BIOGRAPHIQUE
l'Afrique Centrale. lia bouche parle de l'abondance du ccTfe^ur et c'est un besoin irrésistible de s'ouvrir quelquefois.
Je suis oblige de tei-miner, car la nuit est très avancée et je n'ai plus d'huile dans ma lampe, je suis obligé de tirer la mèche à chaqne instant. Je vais, avant de m' étendre sur ma natte, adresser au bon Dieu une prière pour vous et pour tous nos autres bienfaiterirs du l>eau Canada : et pendant quelques heures, je vais oublier les contrariétés qui m'attendent à mon réveil.
Priez et faites prier pour la pauvre Afrique Centrale, pour ses missionnaires et en particulier pour votre humble et reconnaissant serviteur.
A. Bouchard, Ptre, Miss. Apost.