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Monseigneur Comboni, épuisé de fatisue, après le voyage vralment désastreux qu'il venait de faire. Depuis mon retour à Khartoum, j'ai été tellement surchargé d'occupations, que je n'ai pas trouvé un seul moment pour vous écrire. Aujourd'hui même, Je vous écris à bâtons rompus, et au milieu du vacarme affreux que font un grand nombre de noirs
et d’Arabes qui travaillent devant ma porte.
Monseigneur Comboni me dit qu'aussitôt qu'il sera inieux il vous écrira une longue lettre, Moimème je voulais vous envoyer certains détails sur la vie que l’on mène au Soudan, mais Je dois y renoncer pour le moment ; car, outre mes devoirs multiples, je suis jour et nuit constamment au chevet du pauvre confrère que J'avais amené avec moi, et qui, loin de se rétablir, s'en va rapidement à la mort. Un miracle seul pourrait le sauver ; nous ie demandons avec larmes au Dieu de toute miséricorde, afin qu'il nous épargne la perte la plus douloureuse qu'il nous soit possible de faire en ce moment, Le cher malade est le plus saint et le plus habile missionnaire que j aie connu:rempli de talents,
dans une année, il à appris presque parfaitement
ul [oisur r'e DITS he-
noi,
l'arabe, chose qui ne s’est jamais vue. Chacun de
nous serait heureux de mourir à sa place.
J'espérais qu'un autre supérieur serait nommé à Khartoum, mais mon espoir a été trompé et il me faut encore porter ce fardeau trop lourd pour mes faibles épaules. Que la volonté de Dieu soit faite ! Je ferai mon possible, et Dieu fera le reste et méme le tout. Nous somimes peu nombreux et nous écrasons sous le fardeau. Ni vous connaissiez quelquesuns de vos confrères qui eussent la vacation de inissionnaires, vous nous rendriez un grand service en les dirigeant ici ; vous pouvez leur promettre bien des souffrances, mais aussi de bien douces consolations. L'ouvrage ne leur manquera pas : il y a ici plus de cent millions d’âämes à convertir et à conduire au ciel. Quelle belle moisson ! O mon Dieu, envoyez-nous des ouvriers pour travailler à votre
vigne.
Je vous envoie la tabatière que je vous ai pro-
nise dans ma dernière lettre ; ne considérez pas,
je vous prie, la valeur de l'objet offert, mais le cœur
de celui qui le donne. Je suis forcé à regret de ter-
RSS TE
miner, car le courrier doit partir dans quelques instants.
Je me recommande à vos prières ; soyez assuré que, chaque ïour, je prie Dieu de vous combler de
ses plus abondantes bénédictions.
Votre reconnaissant serviteur, A. BOUCHARD, Ptre, Miss. Apost,