‹ Le R.P. Bouchard, missionnaire apostolique [microforme]Chapitre 32 sur 68 · ADR RATS DR EE O+ CR EL ES · texte numérisé non relu

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En 1871, Gordon quitta Gravesend pour aller représenter le gouvernement britannique à la commission du Danr.be, et il succéda ensuite à Sir Samuel Baker et fut nommé parle Khédive gouverneur du Soudan. Après avoir parcouru, à plusieurs reprises et en dépit de tous les dangers, les quatorze provinces soumises à son autorité, il se consacra à la tâche pour ainsi dire surhumaiïne de réformer les

abus et d'organiser l'administration du pays.

Abandonné par les rares européens qui formaient son état major et qui ne purent supporter les chaleurs torrides de ce climat, il resta seul et suffit à tout par une infatigable activité. Cet homme était de fer. Il se fabriqua une srmée régulière, composée d’arabes et de noirs, et put relier par une série de postes les stations du Nil supérieur, qu’il étendit jusqu'au lac Albert Nyanza. En même temps, il faisait la guerre aux chasseurs d'hommes et punissait sévèrement les fonctionnaires prévaricateurs- On comprend que ces réformes lui créèrent de nombreux ennemis et lui firent des difficultés auprès du Khédive, qui n'avait pas les mêmes principes que lui sur l'esclavage. Iloffrit sa démission qui fut acceptée De retour à Londres, le 24 décembre 1876,

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il fut redemandé par le Khédive qui regrettait amèrement son départ, et à son arrivée au Caire, le 8 février 1877, il fut nommé gouverneur du Soudan et du Darfour, souverain des provinces de l’Equateur et des rives de la mer Rouge jasqu’à Berberah, Inutile de se demander si un homme de cette trempe et de cette capacité était bien va des missionnaires catholiques et s’il leur était utile. Aussi Mer Comboni avait-il la plus entière confiance en lui et en recevait-il les marques les plus signalées de respect et de dévouement, Lisons cc qu'il dit de lui dans un long rapport publié dans les Annales de la Propagation de la Foi :“ L'opposition des missionnaires à la traite des noirs leur crée le graves eni- Lbarras… Heureusement le Khédive à nommé gouverneur général du Soudan...le colonel Anglais Gordon, qui s’est distingué en Chine dans le guerre contre les rebelles. Il est partisan: de l'abolition de l'esclavage. Doué d’un excellent jugement, d’un courage et d'une fermeté indomptables, cet officier portera, j'en suis certain, un coup mortel à la traite.” Et voici a qu'avait de luile R. P. Bofchard : “J'ai bien connu Gordon (1) à Khartoum

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1 Le Père Bouchard connut également à cette époque Emin Pacha qui était alors employé de Gordon (1879).

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où il était gouverneur lorsque j'y arrivai pour la première fois, et j'ai pu me rendre compte par moimême de ses hautes capacités intellectuelles, de son énergie et de son zèle pour le bien des noirs. Pour eux il n’épargnait rien : ni son temps, ni son travail, ni les voyages, ni même sa fortune privée. Il serait certainement arrivé à abolir la traite des esclaves, si le gouvernement égyptien n'avait pas empêché son œuvre philantropique. Gordon était aussi entièrement dévoué aux missionnaires catholiques, leur rendant tous les services possibles, ne mettant aucun obstacle à la conversion des nègres et faisant aux missions des dons d’une valeur considérable, Très religieux lui-même, bien que protestant, sa conduite morale était non seulement à l’abri de tout reproche, mais pouvait servir de modèle à tous les catholiques européens qui se trouvaient au Soudan. Je l’ai toujours regardé comme un protestant sincèrement convaincu et de bonne foi, comme l'était sans doute Livingston, le grand explorateur africain, et j'espère que Dieu ‘e récompensera un jour des services éminents qu’il a rendus

à la mission catholique.”

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neur jusqu’à la chute du Khédive Ismaïl, en 1879, et revint en Angleterre après avoir rempli une mission diplomatique auprès de Johannès, roi d’Ethiopie. On le voit ensuite accompagner le marquis de Ripon aux Indes, revoir la Chine où il reçoit le plus chaleureux accueil, aller à Bruxelles, mandé par le roi Léopold qui veut le consulter sur l’expédition du Congo, partir pour l'ile Maurice, se rembarquer pour le Cap de Bonne-Espérance, à peine de retour en Europe, repartir pour faire un pèlerinage en Terre-Sainte, et enfin accepter l'offre du roi des Belges qui veut l'envoyer au Congo. (1)

Il était sur son départ poar ce pays, quand le gouvernement britannique lui demanda d'aller au Soudan, pour établir un gouvernement indigène à Khartoum,et pour secourir les garnisons égyptiennes menacées par les troupes victorieuses du Mahdi. Gordon partit, au mois de janvier 1884, seul et sans soldats, se rendit au Caire, gagna Korosko et de là, accompagné seulement par le colonel Stewart, il franchit en aix jours, à dos de chameau, et d’une

1 Il aurait été le collègue du fameux explorateur H..M. Stanley qui le demandait lui-même au roi Léopold et qui se trouvait alors au milieu de grandes difficultés au Congo,

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seule traite, le désert de deux cent quarante milles qui sépare cet endroit de Berber. Jamais cette affreuse solitude n'avait été traversée en si peu de temps. Aussi un écrivain anglais disait-il : “ Gordon seul avec sa bible et son épée, voyage avec la vitesse d'un tourbillon.” (du Tablet de Londres), Grâce à une habile proclamation dont il s'était fait précéder, il fut reçu en triomphe à Khartoum où il s’occupa d'organiser Ia résistance. Mais il comptait sans l’entêtement aveugle et l’inexplicable mauvais vouloir du gouvernement qui venait de lui demander un si grand sacrifice. Ce fut en vain qu'il suggéra de faire venir par Souakim un corps de 3000 à 4000 Tures, afin de faire tomber par leur présence le fanatisme musulman soulevé par le Mahdi ; en vain aussi demanda-t-il le concours de son ancien adversaire Sebehr-pacha, exilé au Caire depuis dix ans : les ministres restèrent sourds à toutes ses requêtes ! Il ne restait plus au héros anglais qu'à rester à Khartoum et à attendre patiemment l’arrivée du Mahdi, ou celle d’une armée de secours si le

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