‹ Le R.P. Bouchard, missionnaire apostolique [microforme]Chapitre 39 sur 68 · NE PU EH EE ENT 2 EMEA · texte numérisé non relu

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On regretta d'avoir laissé tous les bateliers débarquer à Gibraltar : quelques-uns de ces messieurs firent trop de bruit. M. Gaston Labat raconte la chose en ces termes : “ Vous le savez, ces grands enfants œûtés aiment la gaudriole, à se battre, à rire, à chanter, et c'est ce que deux de nos forts gaillards ont fait, lors de notre passage à Gibraltar, en mettant la police en déroute et en s’écriant :

nous avons vaincu Gibraltar ” !

Et voici ce que le même aimable correspondant écrivait du Père Bouchard :

# Parlons du chapelain. Vous le connaissez certainement. c’est le R. P. Bouchard. Voici l'homme : taille de cuirassier, barbe de sapeur, bâti comme un anonitor, cœur d’agneau.…..Il nous donne des lectures très intéressantes sur l'Esypte qu'il a habitée et il nous dit avec assurance : mes amis, quand nous serons à Khartoum, je vous montrerai la maison de l'homine surnommé le Père aux cinq cents coups ue fouet. C’est un aristocrate qui fait servir cinq cents

coups de fouet pour le déjeuner de ses esclaves.”

Si lex bateliers avaient un bon chapelain, ils

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étaient aussi commandés par de bons officiers. L'un d'entre eux, le chirurgien major Hubert Neilson, leur fit pendant le voyage une conférence très pratique sur la nécessité pour eux d'observer les lois de la tempérance et de la morale. La science médicale et la religion s’unissaient ainsi pour conserver

la vie et la santé spirituelle et matérielle de la pe-

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tite armée.

Le Père Bouchard im'écrivait du taire la lettre

suivante :

Le Caire, 15 octobre 1884.

Révérend et bien cher monsieur, À

Il ÿ a huit jours que je suis arrivé dans la capitale de l’ Egypte, et il est temps, je crois, de vous en informer, malgré la chaleur affreuse dont nous sommes favorisés. Je n’ai pas besoin de vous dire que j'ai été bien reçu par Monseigneur Sogaro, par les missionnaires et les orphelins. Pauvres enfants, en m'apercevant, ils pleuraient, riaient, parlaient tous à la fois; c'était une scène indescriptible. . Et moi aussi ie pleurais, mais j'étais heureux! Ah!ilya des moments dans la vie qui ‘valent des siècles et É

qui font oublier bien des sacrifices. J'aurais désiré fe

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la présence de mes compatriotes, si bons et si généreux pour notre mission ; ils auraient joui en voyant le bonheur de ces pauvres enfants de la Nigritie, bonheur que leur procure leur incomparable charité. En embrassant ces chers petits noirs, J'étais obligé de reconnaître que j'avais fait bien peu pour eux, mais J'étais content de pouvoir me dire que j'avais fait quelque chose.

Je pensais que les canadiens de l’e expédition du Nil se rendraient au Caire; mais arrivés à Alexandrie, ils avaient trouvé l’ordre de continuer leur voyage, sans s'arrêter, jusqu'à Wadi-Halfa. Quant à moi, il me fallait absolument venir ici pour voir non supérieur, et j'obtins facilement la permission des autorités militaires. Monseigneur Sogaro a été enchanté de tout ce que j'avais fait et il m'a donné l'ordre de continuer ina mission de chapelain, Je partirai vendredi matin pour Wadi-Halfa, à une douzaine de jours du Caire. J'ai hâte de rejoindre mes Canadiens, pour me rendre avec eux jusqu’à Dongola qui sera, dit-on, le centre des opérations de notre petite armée.

Ici l'on dit les choses les plus contradictoires au

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sujet de notre expédition: selon les uns, nous courons à une mort certaine ; selon les autres, nous allons seulement faire une promenade sentimentale. Pour ma part, je vais mon chemin sans m'occuper des cancans, bien décidé à faire mon devoir, quoiqu'il puisse m'en coûter. Ce qui m’encourage beaucoup, ce sont les excellentes dispositions de ceux que l’on a confiés à mes soins. Que de consolations ces braves m'ont données pendant la traversée ! De Gibraltar à Alexandrie, la mer était si calme qu'il m'a été possible de célébre: la sainte messe tous les jours, et j'ai eu le bonheur de donner la sainte communion à presque tous mes canotiers avant d'arriver à Alexandrie. Un matin, j'en ai fait communier 53. Ces bons enfants du Canada sont les mêmes partout ;

ils ont toujours un grand respect et une grande

confiance dans le prêtre catholique, même quand il

s'appelle le Père Bouchard. Avec de pareils paroïssiens, on peut se rendre au bout du monde et par conséquent jusqu'à Khartoum. J'espère pouvoir vous écrire bientôt, En attendant, je me recommande à vos prières ainsi que mes bateliers. Demandez à Dieu qu'il nous préserve des dangers,hélas ! si nom-

breux, qui nous attendent, afin que tous nous puis-

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