JU1S
sions revenir sains et saufs dans notre belle et chère
patrie ....
Votre ami dévoué,
A. BOUCHARD
Missionnaire Apostolique.
Le contingent canadien ne manquait pas de correspondants pour donner de ses nouvelles au pays. Nous connaissons déïà le chapelain et le sergent d'hôpital, M. Labat ; voici maintenant M. L. H. Duguay, l’un des bateliers, qui lui aussi écrit des lettres très intéressantes. Nous en détachons le passage suivant, qui vient à la date voulue pour la continuation de notre récit, et qui dit quelques mots carac-
téristiques du héros de cette biographie :
.... “Nous avions encore une journée de marche pour atteindre Wady-Halfa, lorsque nous sommes accostés par le steamer de la malle, sur lequel est M. l'abbé Bouchard, notre aumônier. Le bon père, qui nous avait laissés au Caire, pour rendre compte de ses deux années d'absence à son évêque, nous apporte des nouvelles du pays. Il a en mains plusieurs lettres qu’il distribue à qui de droit. Le soir, ‘il met pied à terre pour serrer la main à tous les
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canadiens, par qui il est adoré. Nos évêques ne pouvaient jamais nous mettre entre meilleures mains, À part son ministère, il a un chic épatant pour faire venir à lui non seulement les petits enfants, mais les hommes les plus rebelles. Vous pensez bien que parmi un composé de voyageurs, hommes de chantiers, draveurs, sauteurs de rapides comme celuici, il s'en trouve qui ne sont pas de la croix de Saint-Louis. J'en ai rencontré plusieurs qui, après une entrevue avec ce bon missionnaire, s’écriaient le cœur plein de joie : “ ça c'est un bon Père ! ”
“ A part ce rôle, il remplit aussi celui d’interprète, car l'abbé Bouchard parle très bien la langue du pays qu'il a parcouru, comme apôtre de la Nigritie, pendaut plusieurs années. Combien de fois n'a-t-il pas été de la plus grande utilité à nos offciers dans mille circonstances imprévues qui se renconvrent et qui se rencontreront souvent dans cette expédition ? c’est au point qu'il est devenu indispensable et qu'il est considéré parmi nous comme
un envoyé de la Providence.”
Après avoir parlé ensuite de la visite du général
Wolseley, M. Duguay rend hommage à l’habileté
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