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sistible! Et comme il avait vite fait de dissiper les petits nuages noirs qui s'étendent quelquefois sur le ciel de l'âme, et d'arracher les petites épines qui lancinent méchamment le cœur et font tant souffrir !
Les quatorze années que dura sa charge au Sault-au-Récollet semblent se refléter fidèlement dans ce souvenir qu'en a gardé un de ses anciens novices et dont il nous
fait part en ces termes :
‘ Parmi les grandes grâces de ma vie, je compte celle d'avoir eu, au début de ma vie religieuse, des maîtres qui, comme Notre Seigneur, faisaient et disaient, et qui étaient eux-mêmes les modèles vivants de cette perfection à laquelle ils nous conviaient.
Quelles qu'aient été les distractions des.
années subséquentes, les souvenirs du novice sont toujours restés gravés en mon âme en lettres de feu. La perfection n'est
SAULT-AU-RÉCOLLET 103 pas un vain mot; mais la plus vivante des réalités. Je l'ai vue de mes yeux, touchée
de mes mains, ouïe de mes oreilles. ?
Cette vie de contention habituelle, ce silence du Noviciat, si parfait, si édifiant, mais qui est aussi un martyre plénier pour les tempéraments actifs, finissaient par élever autour du P. Saché un brouillard gris qui lui supprimait l'air : c'était l'ennui qui l'envahissait.. Lorsqu'il se sentait trop près d'étouffer, il partait brusquement à travers champs, dévorait d’un pas allègre la distance qui sépare le Sault-au-Récollet de Montréal, prenait le diner au Collège Ste-Marie et revenait aussitôt par le même chemin. Cette course de cinq bonnes lieues secouait l'ennui, ce bain de grand air lui remettait de la vie au cœur pour un temps; il rentrait toujours de ces excursions joyeux et dispos; ses novices, qui n'avaient pas
tardé à en faire la remarque, avaient tous une grande dévotion à ces pèlerinages du Père Maitre.