TS DORE
cœurs à recevoir la parole de Dieu. Les exigences de la perfection chrétienne se trouvent ici d'accord avec les artifices de la rhétorique.
Quoique sa science fût étendue autant que solide et profonde, le P. Saché se faisait de lui-même une si pauvre opinion, qu'il avait honte d'adresser la parole à l’auditoire même le plus humble; devant une assemblée d'élite, la défiance qu'il avait de ses forces devenait pour lui une souffrance presque physique.
En 1850, il ouvrait la conférence préparatoire à la retraite ecclésiastique du diocèse de Québec par cette application personnelle du texte de l'Evangile : “ 7% quis es? Qui êtes-vous ? Cette question, qui fut posée autrefois à Jean-Baptiste, vous pourriez, mes vénérables confrères, en me voyant paraître au milieu de vous, me l'adresser, et avec dé bien plus justes raisons. Qui
êtes-vous, que cela vous donne l'assurance de vous présenter à nous comme pour nous instruire et nous diriger ?
“ Je le sais, votre bonté et votre modestie ne vous ont pas même permis d'en avoir la pensée. Mais n'ai-je pas dû moi-même me l'adresser cette question, lorsque votre illustre Prélat a jugé à propos de m'imposer cette charge bien au-dessus de mes forces ? Oui, je me suis demandé : qui es-tu pour prendre la parole, lorsque tu devrais écouter, pour enseigner ceux qui sont tes maîtres et par l'âge et par l'expérience ? Et ma première pensée, et ma première réponse a été celle de Jérémie: Hélas! hélas !
je ne sais pas parler ; #escio loqui
Cette vertu d'humilité qui s'attaque à ce qu'il y a de plus profondément enraciné dans notre nature, est d’un exercice difficile pour tous les hommes. Mais c'est surtout pour ceux qui sont constitués en autorité
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