‹ Le Rachat des Offices MinistérielsChapitre 68 sur 87 · NÉCESSITÉ PRESSANTE DE SA RÉALISATION · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ PRESSANTE DE SA RÉALISATION

Tous les chiffres accumulés au chapitre précédent aboutissent bien plutôt à obscurcir le débat qu’à l'éclairer. Nous venons de démontrer que, ne représentant pas les faits. mais des impressions personnelles, ils ne peuvent donner aucune idée vraie de lopération.

Fout le monde ne sait1l pas, qu'il ny à aucun rapport, aucune proportion dans la réalité, entre les chiffres de la Chancellerie et ceux payés par les acquéreurs; que la pratique, disons courante, pour ne rien dire de plus, des contre-lettres, dont le montant est versé de la main à la main ou masqué sous des achats à peine déguisés d'immeubles et d'installation, fait que les prix de la Chancellerie sont inférieurs dans'une proportion impossible à déterminer À ceux qui sont payés en réalité, Nous avons entre

autres, parmi les défenseurs du régime actuel, l’aveu de l'Economiste français sur ce point. Il est précieux à enregistrer. «Il y a les contrelettres. dont l'usage est sinon général au moins très fréquent, sans parler des achats d'immeubles et des reprises d'aménagement qui peuvent si facilement servir à masquer un supplément inavoué du prix de Pachat officiel. » Nous avons la preuve par les faits puisqu'il y a une-jurisprudence sur la matière. De plus, les prix, ainsi établis, ne rémunérent pas seulement les résultats existants, constatés, justifiés, ils tiennent compte dans une certaine mesure de l’augmentation qui doit se produire, qui ne peut pas ne pas se produire. Celle-ci est la conséquence à la fois du développement de la richesse et de la multiplication des échanges.

L'opération s’analyse donc dans la restitution à l'Etat d'un monopole que, désormais, il exploitera à son profit, dont il fera les frais sans doute, mais dont il percevra seul les revenus, tous les revenus. Cette opération ne peut pas donner les résultats désastreux qu’on nous prédit. Cela n'est pas possible parce que cela n'est pas présentement et qu'il s’agit de ressources de monopole pour la plupart.

Quand on nous parle de diminution dé revenus, qu'est-ce que cela signifie? S'agirait-1l, par hasard, de perceptions indument faites par les

officiers ministériels, qui deviendront impossibles quand ceux-ci seront remplacés par des fonctionnaires rétribués par l'Etat? Ces diminutions de revenus, si elles existaient, nous serions d’ailleurs assez portés avec M. Cézar Bru (1) à les considérer comme un avantage de l'opération car ce sera autant qui ne sera pas perçu sur le public.

On nous fait des comptes quelque peu fantastiques; on nous montre l'Etat dans l’impossibilité de faire face aux dépenses des services des officiers ministériels avec les seules recettes provenant de ces services. Mais alors comment font ces officiers, à l'heure actuelle, puisque non seulement ils couvrent ces dépenses mais encore réalisent des bénéfices importants, à en juger par ce qui se raconte dans l'intimité ou simplement dans lentourage des titulaires d’offices.

La vérité nous paraît être que dans les grands centres et partout où l’activité économique est un peu développée, non seulement les bénéfices passent de beaucoup toutes les évaluations données, mais encore sont en constant progrès. Et de cette dernière constatation qui est indéniable, aucun des calculs ci-dessus ne fait état.

Restent les centres d’où se retirent l’activité

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