PATI10GÉNIE DES ALTÉRATIONS OSSEUSES
cations alimentaires, de la syphilis, de la tuberculose, de la broncho-pneumonie à répétition, des pyoder-
mites chroniques.
En étudiant les altérations de la moelle au début du rachitisme, nous avons vu qu'elles présentaient quelques variétés et que, dans certains cas, la prolifération portait principalement sur tel ou tel élément (globules rouges à noyau, myélocytes éosinophiles, mégaearyocites, myélocites neutrophiles, myélocytes sans granulations, lymphocytes); il est possible que ces différences de la réaction médullaire initiale dépendent de la cause qui les a provoquées ; c'est oe que des recherches ultérieures pourront peut-être démontrer. Il est également possible que certains aspects microscopiques des lésions rachitiques à la période d'état dépendent elles-mêmes des caractères de la réaction médullaire initiale et partant de la cause qui a déterminé la maladie.
Pour qu'une infection ou une intoxication chronique puisse produire le rachitisme, une condition est nécessaire : il faut qu'elle survienne à une certaine phase de l'ossification, phase qui va des derniers mois de la vie intra-utérine à la fin de la seconde année et durant laquelle les modifications de la moelle osseuse provoquées par ces maladies peuvent troubler l'édification du tissu osseux. Il faut ajouter que les causes efficientes seront d'autant plus actives qu'elles agiront
00 l'ATIIOGÉNIE DU RACHITISME,
sur un sujet prédisposé ; l'observation montre que, parmi les causes prédisposantes du rachitisme, li s deux plus puissantes sont l'allaitement artificiel, surtout quand il est institué dès le début de la vie. et l'hérédité (fréquence du rachitisme dans certaines familles, particulièrement dans les familles d'arthritiques ou de sujets dits a dégénérés ») ; ensuite vient, mais à un rang- inférieur, l'habitation dans les lieux humides, privés d'air et de lumière.
En somme, chez tout nourrisson atteint d'une infection ou d'une intoxication durable et sérieuse, il se produit des réactions médullaires; mais ces réactions n'aboutissent pas toujours à déterminer le rachitisme, au moins un rachitisme appréciable à nos moyens d'investigation. Pour que ces lésions médullaires puissent troubler l'ossification et créer le rachitisme, il faut une prédisposlion ; nous avons indiqué quelques-uns des facteurs de cette prédisposition; il en est peut-être d'autres que nous ne connaissons pas encore.
Sans nous dissimuler que la conception précédente pourra être critiquée, nous devons dire que ce qui nous y a attaché, ce qui, au cours de nos études, nous y a toujours ramené, c'est qu'elle s'explique l'ensemble des caractères du syndrome rachitique ; c'est que, par elle, des parties obscures de son histoire peuvent être comprises clairement. Nous allons