‹ Le rachitisme et sa pathogénieChapitre 14 sur 22 · RACHITISME ET ATROPHIE · texte numérisé non relu

RACHITISME ET ATROPHIE

privés d'air et de lumière). Quelle que soit la cause de cette prédisposition, son influence se traduit par une sorte de sensibilisation de l'organisme à l'action des causes efficientes du rachitisme. Sur un individu non prédisposé ou peu prédisposé, ces causes, même énergiques, ne produiront pas de rachitisme ou ne produiront qu'un rachitisme léger ; sur un sujet très prédisposé, ces causes, même faibles, détermineront un rachitisme plus ou moins grave.

Sur la nature de cette prédisposition, on pourrait dire qu'elle est due à une propriété spéciale des cellules issues du mésoblaste, ou plus exactement du mésenchyme, particulièrement des cellules de la moelle osseuse et des organes hématopoiétiques : leucocytes variés, ostéoblastes, érythrocytes ; en vertu de cette propriété, les éléments de ces tissus réagissent d'une manière désordonnée et excessive aux incitations infectieuses ou toxiques.

Rachitisme et atrophie des enfants du premier âge. — L'importance de la prédisposition est bion mise en lumière par une remarque faite depuis longtemps : les nourrissons athrepsiques et ceux qui ont une atrophie simple très prononcée peuvent présenter des signes de petit rachitisme ; ce sont assez rarement de grands rachitiques. Nous voyons donc les mêmes causes, par exemple les troubles digestifs ou la syphilis, produire chez les uns l'athrepsie ou l'atro-

phie, chez d'autres, le rachitisme. Les athrcpsiqucs succombent souvent dans les premiers mois, on peut dire que, chez eux, le rachitisme n'a pas eu le temps de se développer. Les atrophiques simples survivent en général plus longtemps; tant que l'atrophie reste chez eux très prononcée, on ne constate pas de rachitisme ou on ne relève qu'un rachitisme léger. Mais, chez quelques sujets, lorsque l'atrophie fait place à une croissance plus ou moins régulière, alors on peut voir apparaître un rachitisme plus ou moins accentué. N'est-il pas permis de supposer que si, sous l'influence d'une infection ou d'une intoxication chroniques, 'certains nourrissons deviennent athrepsiques ou atrophiques et ne deviennent pas rachitiques ou le deviennent peu, c'est parce que, chez eux, les réactions de défense de la moelle osseuse et des organes héinatopoiétiques sont peu actives et à peine ébauchées ?

Rachitisme du nouveau- né et rachitisme du nourrisson. — C'est un fait facile à constater que, souvent, il n'y a pas de proportion entre le degré des déformations rachitiques et celui de l'anémie concomitante ; on voit des rachitiques qui ont des déformations osseuses très prononcées et qui ont peu ou pas d'anémie, et, inversement, de grands anémiques qui n'ont que des déformations très légères. Il y a là quelque chose d'analogue à ce qu'on voit dans la lymphadéniequiesttantôtleucémique,tantôtaleucémique.

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