RACHITISME DES NOUVEAU-NÉS
Si nous examinons ces faits de plus près, nous sommes amené à leur trouver un rapport avec la division que nous avons déjà faite pour le rachitisme du premier âge. Nous avons distingué, au milieu des diverses variétés de rachitisme, deux formes assez nettes et qu'on peut opposer :l°le rachitisme à début précoce dont les premiers signes se montrent dans les trois ou quatre premiers mois et dont le début réel remonte sans doute aux premières semaines de la vie extra-utérine ou peut-être même aux dernières semaines de la vie intra-utérine ; 2° le rachitisme à début plus tardif dont les premières manifestations se montrent après le sixième mois, surtout vers la fin de la première année ou au commencement de la seconde. Nous avons appelé le premier « rachitisme du nouveau-né » etle second « rachitisme du nourrisson ».
Ces deux formes, dans leurs degrés légers, ne présentent pas de différences sérieuses. C'est surtout dans leurs degrés élevés et quand l'évolution se poursuit longtemps que leur opposition s'accuse.
Le rachitisme des nouveau-nés débute par du cranio-tabes ; lorsqu'il est léger et bien traité, il peut en rester là et ne se manifester que par les plaques de ramollissement de l'occipital et des pariétaux. Mais, s'il évolue, on voit apparaître du gonflement de l'extrémité antérieure des côtes et des épi-
physes des os des membres; on voit s'établir une anémie plus ou moins profonde et parfois la rate devient perceptible au palper. Les troubles digestifs peuvent faire totalement défaut; assez souvent ils ne sont représentés que par un pou d'anorexie et une légère constipation. Les choses peuvent ne pasallér plus loin. Mais si l'évolution continue, on remarque qu'elle ne se poursuit pas du côté du squelette dont les altérations restent légères, sauf à la voûte du crâne où les bosses frontales . et pariétales accusent leur saillie; le progrès de la maladie se manifeste surtout par des altérations du sang (anémie avec réaction normoblastique) et un gonflement général des organes lymphoïdes : rate, ganglions, amygdales, thymus. L'état désignés sous le nom d'anémie splénique pseudo-leucémique des nourrissons (maladie de Von Jakch-Luzet), de même que celui que l'on a désigné sous le nom d'état lymphatico-thymique et que nous avons appelé rachitisme gras, ne sont le plus souvent que des aboutissants tardifs de cette forme de rachitisme. Cette forme est produite plus fréquemment par certaines causes que par d'autres ; rarement elle succède à des troubles digestifs, elle dépend plus fréquemment d'une maladie des parents, d'une hémorragie de la mère ou du sujet lui-môme à la naissance et surtout de l'hérédo-syphilis.
Comparons les caractères de cette forme à début