‹ Le rachitisme et sa pathogénieChapitre 8 sur 22 · RÔLE OSSIFIANT DE LA MOELLE · texte numérisé non relu

RÔLE OSSIFIANT DE LA MOELLE

les os longs, une certaine spécialisation; l'hémâtopoièse paraît se localiser clans la moelle qui occupe le

centre du canal diaphysaire des oslongs et les grandes aréoles du tissu spongieux; l'ossification dans a moelle sous-périostique, dans celle des canaux de Havers, dans celle qui envahit le cartilage conjugal et dans celle qui occupe la périphérie du canal médullaire.

Mais, quoi que soit le parti qu'on adopte, on est obligé de reconnaître qu'entre tous ces éléments des cavités osseuses, hématopoiétiques et hématolytiques, ostéopoiétiques et ostéolytiques, il y a des relations étroites; ils vivent dans le même habitat et se nourrissent des mêmes sucs. Donc, même à défaut d'une communauté d'origine qui paraît d'ailleurs probable à quelques auteurs, la cohabitation et la conutrition établissent entre eux des rapports étroits. Nous sommes donc autorisés à penser qu'ils souffriront souvent ensemble ; et cette souffrance commune sera la règle dans le jeune âge où les deux fonctions sont plus actives et plus solidaires. Chez l'adulte, en effet, le rôle de la moelle est assez réduit ; il se borne à l'entretien du squelette existant et à la rénovation des éléments vieillis du sang ; chez le sujet dont la croissance n'est pas achevée, la moelle est au contraire très active ; elle fait croître le squelette ; elle préside à l'augmentation des éléments du sang ; cette acti-

M PATIIOGÉNIK DU RACHITISME

vité est particulièrement intense chez le tœtus, le nouveau-né et le nourrisson.

Aces périodes, on peut prévoir que les troubles de la sanguification et ceux de l'ossification seront associés plus fréquemment, puisque les éléments médullaires qui président à ces deux fonctions sont, sinon moins différenciés, au moins plus mélangés et partant plus aptes à subir les mêmes injluences morbides.

C'est la connaissance de ces rapports étroits de l'ostéopoièse et de lnémalopoièse dans le jeune âge, qui nous a conduit à la conception du rachitisme que nous allons exposer.

Pathogénie des altérations osseuses du rachitisme. — Pour qu'une conception pathogénique du rachitisme puisse être acceptée, il faut qu'elle explique l'ensemble des caractères de la maladie. Il faut avant tout qu'elle nous rende compte des lésions osseuses; nous avons étudié celles-ci et nous avons vu qu'elles passaient par trois stades : le premier est caractérisé par la vascularisation de l'os et du cartilage, la prolifération des cellules du cartilage et delà moelle osseuse et la raréfaction commençante de la substance fondamentale de l'os : un second stade est caractérisé par les progrès de la raréfaction, la formation abondante de tissu ostéoïde et la substitution

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