‹ Le rachitismeChapitre 18 sur 56 · Maladies par ralentissement de la nutrition. Paris · texte numérisé non relu

Maladies par ralentissement de la nutrition. Paris

mement fréquente chez les citadins aisés, tandis que le rachitisme est relativement rare chez leurs enfants qui présentent des signes notoires de syphilis héréditaire; si je considère, d'autre part, que le rachitisme est extrêmement fréquent chez les enfants des pauvres, et plus particulièrement dans certaines régions dont la,population est peu maltraitée par la syphilis, je serai tenté . de conclure qu'il faut au moins à la syphilis une autre condition adjuvante, et que cette cause surajoutée doit être cherchée dans une alimentation vicieuse.

Enfin, dernier argument tiré du rachitisme des animaux. M. Sutton 1 , après des recherches très étendues et très convaincantes, a montré que les animaux sauvages, les singes par exemple, réfractaires à la syphilis, comme chacun sait, peuvent devenir rachitiques. Les animaux domestiques, tout aussi réfractaires à la syphilis, sont exposés aussi, dans une certaine mesure, au rachitisme. Que faut-il conclure de cet exposé doctrinal et quelle part faut-il réserver à la syphilis dans l’étiologie du rachitisme?

Je commence par déclarer que cette part, sans être prépondérante, n’est pas négligeable, et que la syphilis prédispose réellement les enfants aux atteintes ultérieures du rachitisme.

1. Soc. pdth. de Londres, déc. 1882, Journ. of anat. and phys. juillet 1884,

' ÉTIOLOGIE ET PATIIOGÉNIE.

Voici comment on doit interpréter l’influence de la syphilis héréditaire et de la syphilis acquise.

M. Fournier, dans ses leçons sur la syphilis héréditaire, après avoir rappelé l’opinion d’Aslruc : « s’ils vivent, les enfants nés de ■parents syphilitiques sont rachitiques ou écrouelleux, » déclare que le rachitisme se rencontre chez les sujets atteints de syphilis héréditaire avec un degré de fréquence considérable et que cetle fréquence est assez significative par elle seule pour attester une relation de cause à effet entre la syphilis et le rachitisme. Mais il se hâte d’ajouter que le rachitisme n’est pas une lésion directe de syphilis, mais une conséquence indirecte, banale, du trouble général importé dans l’organisme de l’enfant, par la syphilis des parents. Le rachitisme succède à la syphilis, dit-il, comme l’anémie, la tuberculose, le lupus, les majformations organiques, la petitesse de la taille, l’infantilisme, etc.; c’est un effet banal d’une cause spécifique, et un effet banal que d’autres influences peuvent déterminer également.

J’adopte pleinement cette manière de voir. Si les enfants atteints de syphilis héréditaire deviennent souvent rachitiques, c’est parce que leur nutrition générale est profondément troublée par la maladie ou par l’allaitement artificiel qui est la conséquence fréquente de la manifestation de la maladie. Ces mêmes enfants, lorsqu’ils sont à la fois traités par le mercure et allaités par une bonne nourrice, peuvent être préservés du rachitisme.

J’ai, par devers moi, un grand nombre d’observations qui le démontrent ; on en trouvera plusieurs dans mon mémoire sur les Rapports de la syphilis et du rachitisme 1 .

Donc s’il y a entre les deux maladies une relation de cause à effet, celte relation n’est pas directe et spécifique, comme Parrot l’avait proclamé. La cause spécifique, la syphilis, n’agit que par un processus commun à beaucoup de maladies, processus de dénutrition et de déchéance organique que nous retrouvons à la suite de la coqueluche, de la rougeole, de la hroncho-rpneumonie, de l’entérite, et généralement de toutes les maladies infectieuses. On sait que toutes les maladies susdites, et bien d’autres encore, peuvent, quand elles surviennent dans la première enfance, aboutir au rachitisme.

Quant à la combinaison, au mélange des deux maladies, à l'hybridité pathologique admise un instant par Parrot, elle n’est pas impossible; il n’y a pas de loi qui s’oppose à ce qu’un os déjà atteint de syphilis, subisse l’infiltration et la déformation rachitiques, et l’on pourrait voir alors le rachitisme se greffer sur la syphilis.

Tous les cas de syphilis qu’il nous est donné d’observer dans la première enfance ne sont pas imputables à l’hérédité. Quelquefois nous nous trouvons en présence d’une

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