CHAPITRE IV
Sommaire : Début insidieux. — Prodromes du côté de l’appareil digestif. — Début aigu. — Déformations osseuses. — La tête des rachitiques. — Retard dans l’ossification de la grande fontanelle.
— Souffle céphalique. — Dentition. — Déformation de la clavicule, des côtes, du sternum. - Chapelet rachitique. — Poitrine en carène. — Cyphose et scoliose. — Bassin rachitique. — Nouures des épiphyses. — Courbures des diaphyses. — Genu valgum.
— Nanisme. — Gros ventre. — Dilatation de l’estomac. — Polyphagie et polydipsie. — Diarrhée et constipation. — Symptômes généraux. — Retard dans la marche. — Complications. — Formes et degrés. — Évolution.
Le début du rachitisme est, très variable suivant les cas : le plus souvent ce début est sourd, insidieux et lent, et les déformations caractéristiques ne se révèlent que plusieurs semaines ou plusieurs mois après l’invasion réelle de la maladie. C’est ordinairement vers la fin de la première année ou vers le commencement de la seconde (entre 10 et 14 mois) que doit être placé le début réel du rachitisme.
C’est quand elle est précoce surtout que la maladie
s’installe sans bruit et sans éclat. Cependant on peul la prévoir, quand on sait qu’elle est p récédée f réquemment par des troubles dige stifs va riés. On note alors de la diarrhée, de la constipation, des vomissements, onr oit le ventre prendre un développement insolite, et l’on constate que l’accroissement régulier de l’enfant est entravé. Il a 14 ou 15 mois, il devrait commencer à marcher, il ne peut pas se tenir debout: il refuse absolument de quitter les bras de sa nourrice, il manifeste une grande répugnance pour le moindre effort, pour le moindre mouvement. En même temps son teint est pâle, ses chairs sont flasques, sa tête est souvent couverte de sueurs, surtout pendant le sommeil.
Quand on le prend, il pousse des cris, il est tout endolori, et ne peut subir le moindr e choc , la moindre pression, sans traduire des souffrances exagérées.
Ces prodromes (sueurs locales, impotence fonctionnelle, endolorissement général, troubles digestifs) doivent toujours éveiller l'attention et faire craindre l’évolution du rachitisme à bref délai.
C’est ainsi que s’annonce le rachitisme chez les enfants soumis à une alimentation vicieuse; il est très rare, dans ces circonstances, que la maladie ait un début franc et aigu. C'est même, cette incertitude habituelle dans le début du rachitisme qui fait varier beaucoup les auteurs sur la date précise des accidents. Sur 346 cas, Tripier en
a vu 98 dans lo cours de la première année, 176 dans la deuxième; mais il fait remarquer que la plupart de ces cas ont débuté antérieurement.
Ch. West dit n’avoir jamais vu le rachitisme commencer après 3 ans.
Fonssagrives fait remarquer que la période allant de la naissance à 2 ans est marquée par une fougue extrême de croissance, qui se traduit par une élongation de 29 centimètres, alors que les deux années suivantes ne donnent que 13 centimètres d’allongement. 11 ne faut donc pas s’étonner de voir le rachitisme affecter de préférence les deux premières années de la vie 1 .
Quelques auteurs ont décrit un rachitisme aigu dont le début serait brusque et annoncé par une véritable fièvre; pour moi, le rachitisme est toujours une maladie chronique qui évolue sans flèvrè dans l’immense majorité des cas. Cependant j’admets que cette maladie chronique puisse présenter une phase initiale aiguë. Voici dans quelles conditions:
Si le rachitisme reconnaît généralement pour cause l’alimentation vicieuse des nourrissons, et passe alors par une phase de dyspepsie gastro-intestinale évidente, il peut aussi succéder à' une maladie aiguë qui trouble rapidement la nutrition générale et crée en quelques jours ou en quelques semaines l’opportunité morbide.