‹ Le rachitismeChapitre 40 sur 56 · Soc. méd. des hôp · texte numérisé non relu

Soc. méd. des hôp

dyspepsie infantile, sur laquelle je dois appeler l’attention en terminant.

On se plaint aujourd’hui, non sans raison, de la rareté des bonnes nourrices ; il semble qu’à mesure que l’industrie nourricière se développe, que les nourrices augmcm tent en nombre, elles perdent en qualité. Ces nourrices ont du lait pendant les premiers mois, puis leur appétit diminue, elles souffrent de l’estomac, la sécrétion mam^ maire diminue, et l’enfant commence à péricliter.

Pour être une bonne nourrice, il faut avoir un bon estomac ; or la plupart des nourrices mercenaires ont un mauvais estomac ; elles ont été, comme le sont leurs propres enfants, allaitées artificiellement ; elles ont payé tribut au rachitisme ; elles en subissent les effets lointains.

Envisagé ainsi, le pronostic du rachitisme nous apparaît plus complexe et plus grave qu’un examen superficiel ne le faisait prévoir.

En résumé, le rachitisme ne mérite pas la mauvaise réputation qu’on lui a faite et l’horreur qu’inspire son nom. Pour les personnes étrangères à la médecine, les scrofuleux et les rachitiques se valent ; ce sont des enfants difformes, estropiés, cachectiques, incurables. On a exagéré le pronostic du rachitisme, il guérit complètement, en apparence, dans la plupart des cas.

La vie n’est presque jamais compromise, et la mort, quand elle survient, dérive de quelque complication pulmonaire, intestinale ou nerveuse.

Dans les cas graves, le rachitisme laisse à sa suite des déformations pectorales et tibiales, parfois un genu valgiim ou une scoliose.

Quelques enfants sont boiteux, d’autres atteints de nanisme.

Chez la femme le rachitisme, quand il atteint le bassin, peut être une cause de dystocie qui compromet la vie de la mère et de l’enfant.

Ceux qui guérissent en apparence conservent le plus souvent une dyspepsie, avec dilatation de l’estomac, qui les accompagne jusqu’à l'âge adulte et jusqu'au terme de la vie. La dyspepsie survit au rachitisme, quelle a précédé, et l’on peut poser en loi que tous les anciens rachitiques sont des dyspeptiques.

Cette dyspepsie interminable a, dans le sexe féminin, un effet particulièrement fâcheux en cas d’allaitement. La nourrice qui a été rachitique dans son enfance et qui est restée dyspeptique ne peut que rarement faire les frais d’un allaitement prolongé, et le nourrisson qui lui est confié peut en souffrir.

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