Consulter à ce sujet la thèse de Bevlard. Paris
HISTORIQUE
Rien de tel ne peut être admis, ne doit être espéré pour le rachitisme; cette maladie, qui n’a rien de spécifique, qui n’est pas une espèce morbide bien définie, mais seulement Un des effets de la misère physiologique dans le jeune âge, a toujours existé et existera toujours. L’antiquité et la perpétuité du rachitisme ne font pas doute pour moi.
L’Angleterre ayant été le berceau historique du rachitisme, les médecins du continent et particulièrement les médecins allemands désignèrent d’abord la maladie sous le nom de morbus Anglorum, morbus anglicus.
Les gens du peuple l’appelaient « the rickets », mot dérivé du normand, riquets, qui servait à désigner les personnes bossues et contrefaites. Cette vieille et populaire expression, à la fois pittoresque et compréhensive, conviendrait mieux que le mot grec Rachitis, employé par Glisson et à son exemple par tous les auteurs. Ce dernier terme en effet, dont les Français ont tiré Rachitisme, évoque seulement une localisation de la maladie, et la plus rare, la localisation vertébrale, et il s’appliquerait avec bien plus de raison au mal de Pott. Mais l’usage a prévalu.
En France le rachitisme était connu dans le peuple sous le nom de Chartres ( carcer , castrum), qui exprime l’entrave apportée aux mouvements, et assimile les rachitiques à de véritables prisonniers.
Le mot populaire de nouures, d'enfants noués, témoi-
gne de l’importance qu’on accorde, avec raison, aux gonflements épiphysaires ; les anciens auteurs avaient rendu exactement cette apparence par les mots latins articuli duplicati, dont la traduction anglaise est dopple joints, allemande doppelte glieder, française doubles jointures.
Peu de temps après la description de Glisson qui, sauf pour l’anatomie pathologique, était parfaite, Mayow publia un traité du rachitisme dans lequel il insistait sur un caractère important des lésions, sur le ramollissement des os h
Pendant plus d’un demi-siècle on s'en tint là, sans ajouter aucune acquisition nouvelle à l’immortel traité de Glisson.
A partir du dix-huitième siècle, les travaux originaux se multiplient, et l’histoire du rachitisme se complète.
En 1741, J.-L. Petit insiste sur Pétiologie et sur l’influence du sevrage prématuré 1 2 .
En 1751, Duvernev inaugure la période anatomo-pathologique par une excellente description de certaines lésions macroscopiques 3 .
Il trouve la substance des os ramollie, leur surface inégale, raboteuse, couverte par places d’une couche nouvelle formée par l’extravasation des sucs nourriciers.
Ces os sont plus raréfiés, plus légers et plus tendres