LA PRUSSE ET LÀ COMMUNE 3V
vis de l'Europe. < Nous m sommes plus les inté-
' /i ressantes victimes d'une guerre malheureuse et
— * d'un adversaire intraitable; notre pays, notre ca»
pitale servent de foyer et de centre à ce cosnîopo* litisme révolutionnaire qui pourrait bien menacer Londres, Vienne^ Saint-Pétersbourg et Berlin, après avoir bouleversé Paris et la France. Notre amoindrissement au profit d'une puissance régulière et fortement organisée n'est pas fait pour inquiéter les autres puissances^ mais pour les rassurer; car il diminue d'autant notre faculté d'expansion démagogique; il affaiblit ce prestige qui faisait de nous, à certains moments, les aUumeurs de la Révolution Européenne.
a Les trônes et les chancelleries ont bien moins à redouter une royauté qui s'agrandit qu'une po« pulation qui s'agite. Des intérêts communs, des précautions diplomatiques, peuvent arrêter une épidémie de conquête; rien n'arrête une contagion de propagande internationale pour la chute des rois et des empereurs. Il faut rabattre les trois quarts de cet héroïsme parisien, gonflé comme ses
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qui devait peu à peu se substituer au patriotisme français, et lui dire : c*est à vous de sortir î comme Tartufe à Orgon. Seulement, au lieu de vivre sous un prince ennemi de la fraude^ nous vivions sous une République forcée de la subir. Rendons-lui cette justice, elle ne s'est que trop bien acquittée de sa ^âche. Elle a tout fraudé, sa propre origine, la souf draineté du peuple, l'autorité, la liberté, la vérité. lie patriotisme, ibs subsistances^ les draps, les cuirs, les tuniques et ies chaussures.
Non, jamais peuple n'est tombé si bas. En moins de huit mois, nous avons subi six fléaux dont un seul suffirait à tuer une nation malade. Nous avons vu successivement la guerre envenimée par la défaite, la défaite par l'invasion, l'invasion par la république, la république par l'anarchie, l'anarchie par la guerre civile, la guerre civile par le crime et le pillage.
Nous sommes au ban de l'Europe qui ne àeman< dait qu'à nous plaindre, et peut-être à nous secourir. Encore un peu, et la Prusse dont les conquêtes lui portaient ombrage, dont les violences avaient me-
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rite son blâme, lui apparaîtra comme la vengeresse du droit, de la religion, de l'autorité et de la justice, comme une digue de fer et de bronze contre la république universelle. Nous ressemblerons, nous, à ces personnages tragiques sur qui retombait le poids des calamités publiques et que l'épouvante des peuples condamnait à mort pour apaiser le courroux des Dieux.
Doit-on en conclure qu'il nous soit impossible de nous relever? Si je le croyais, je n'écrirais pas.
Oui, nous pouvons nous sauver encore, mais à condition de comprendre que l'homéopathie ne vaut rien en politique et que prolonger outre me* sure une situation fausse, c'est aggraver le malaise et le péril.
Or, quoi de plus faux qu'une situation pleine de sous-entendus, de prétentions et de réticences, qui nous montre un illustre orléaniste, entouré de quelques invalides de la République honnête, s'efforçant de donner un semblant de vie à un fantôme de République officielle^ entre une chambre mo« narchique et un accès de fièvre communiste? Ce
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qui est urgent^ si on veut arriver à une régénération matérielle et morale, c'est de raviver ce qui nous manque le plus^ le principe d'autorité, et de le retremper à sa véritable source; c'est de retrouver ce que nous perdons chaque jour davantage, la confiance de ceux qui peuvent nous venir en aide, depuis le plus riche banquier jusqu'au plus humble capitaliste, et, avec la confiance, le <5rédit, et, avec le crédit, ces ressources idéales qui ne tardent pas à se convertir en richesse réelle.
Nous inspirons en ce moment à l'Europe un sentiment f^énible, mélangé de frayeur, de pitié et de dégoût; pour changer ce sentiment en respect, il ^ufiirait d'un nom.
Pour faire face à une dette colossale, à un déficit énorme, à une rançon gigantesque^ nous ne pouvons espérer que des emprunts usuraires ; car le taux de l'emprunt se mesure à l'estime que mérite le débiteur et aux garanties qu'il présente. Que la France rentre dans le wai , et nous verrons, nonseulement les capitaux aflSuer dans les conditions les moins onéreuses, mais Temprunt secondé, al-