LÀ PRUSSE ET LA COMMUNE
légé et abrégé par la reprise des affaires, des flots de sève et de viç ranimant l'industrie, Tagriculture «t le commerce, le patriotisme retrouvant ses plus nobles flammes et ajoutant ses offrandes et ses sa- <îrifices à toutes les ressources du crédit, à tous les éléments de la richesse publique. .
Ceci me ramène à la question des cinq milliards, dans leurs rapports avec telle ou telle solution politique, telle ou telle forme de gouvernement. C'est beaucoup, cinq millisurds : Ëh bieàl nous arriverons à une somme beaucoup {dus forte encore, si nous calculons la différ^ce entre toutc<}e que l'anarchie nous ôte et tout ce que la m^iarcibie pourrait nous rendre.
113 avril 1871.
Paris
Assurément M. Guizot et H. Thiers sont les deux hommes de France qui auraient le plus de droits, de motifs ou de prétextes pour haïr Paris et lui vouer d'inflexibles rancunes.
Premier ministre d'une monarchie qu'il avai contribué à fonder, soutenu dans les Chambres par une majorité compacte, s'appuyant en province sur les intérêts matériels, affermi en Algérie par quelques succès définitifs, pouvant se figurer, sans trop d'aveuglement, que jamais le pays n^avai été plus riche, plus libre, plus tranquille et plus prospère^ croyant avec beaucoup de bons esprits que Tagitatiou soulevée par la réforme électorale
PARIS 2k
s'exhalerait en discours, tomberait sous la table des banquets ou se noierait dans des chopes de bière, H. Guizot a vu Paris renverser, en quelques heures,
cet édifice dont on peut dire qu'après avoir résisté dans sa faiblesse, il succombait dans sa force.
Gomme pour rendre la catastrophe plus douloureuse et la mortification plus poignante, il a su que sa propre impopularité avait une large part dans le naufrage, et qu'à ce cri : Vive la re/brm^/ répondait de tous côtés cet autre cri : A bas Guizot/ Il n'a pu se dissimuler que, si, pendant ces heures de fièvre et de délire^ il était tombé entre les mains de cette multitude furieuse^ il aurait été déchiré et mis en lambeaux comme Orphée par les Bacchantes.
Pour avoir été moins définitives, les déceptiouF de M. Thiers, dans ses rapports avec nos bons ei spirituels Parisiens, n'ont pas été moins désobligeantes. Antagoniste attitré de M. Guizot^ il pouvais espérer que son cher Paris lui adjugerait sa succession et le ferait profiter de sa chute. Chimère I il était, à quatre heures du soir, plus impopulaire, plus impuissant, couvert de plus de huées et de sif *
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flets que son adversaire ne l'avait été à huit heures du matin. Quinze jours après, il iailait qoe les gardes nationaux amis de l'ordre, —quels amist — s'installaaseat chez lui pour protéger son b.àt»l contre les attaques nocturnes des démagogues d'alors; et, comnie il ne poosait se dispenser d'abreuver largement ce tHe ccoiservateur, l'émînent homme d'Etat disait en riant à ses amis qu'il ne savait qui lui coûtait le plus cher : de ses défenseurs, qui vidaient sa cave, ou de ses agresseurs qui voulaient emporter ses meubles.
Plus tard, quand l'apposition parisienne acheva de s'accentuer dans les élections, M. Thiers, pour être élu à une assez mince majorité, eut besoin d'être pairooé par les Favre, les Picard et les Pelletan, et accepté, comme pis-aller, par la consigne républicaine.
En juillet 1870, lorsque la plus effrayante des guerres fut acclamée par les Parisiens comme la plus facile et la plus agréable des promenades militaires, M, Thiers, pour avoir fait entendre quelques paroles sensées, risqué auelques conseils de
prudence, fut traité de radoteur, de p^Miroa, Je Prussien et de traître. Les jo«ni«ux parisiens par excellence le bafouèrent, et il fut sérieusemeixt question, parnrî les coromufieux, communaux ou communistes de l'ayenir, de le jeter dans la Seine.
Quautt aux derniers épisodes de ses relatlMs parisienaes, ils sont ti!op connus et ne scMit pm assez finis pour fue j*en parle. Hcmoré encore et «*espeoté, malgré ses hésitations et ses fautes, par ^ut le reate de la France, AL Tliiers^ à Paris, est m «^Eietre, un bourreau, «m cannibale^ un Caligula parlementaire disputé aux Parques par les Furies. Les plus modérés le qualifient d'iduyt) ée fou et d'ivrogne. Sa tète est mise à prix, son hôtel 4IU pillage, et celui que l^ex-emperettr ^pek un jour riiistorien natioiMd, 9l la douleur de savoir ses papiers lesiplus précie^utx' foinllés ou dis^rsés par les mains grossières des stâres^e Eaoul-Rigault^t 4les iséides de Oludeeet
Ëhbien, telle est la puissance de certaines iHusions, la persistance <le certains plis, queMM.Guizt et Tbiers ont 4ïommis, à quelques jours de dis-
%5 LE RÀDBAC X>JK tÀ MEDUSE
tance, une erreur d'optique ou une capitulation d'idées dont sauraient se préserver les plus médiocres esprits.
M. Guizot, dans une lettre dont il m'est difficile de comprendre le sel et le sens^ même en supposant que nos journaux ne nous en aient donné qu'un fragment traduit de l'anglais, a écrit à peu près ceci : « Dans notre désastre, c'est Paris qui a sauvé l'honneur de la France. » Dans une de ces proclamations dont il est trop prodigue, n'ayant eu jusqu'à présent rien de bien brillant à nous annoncer^ M. Thiers n'a pas craint de dire : < Paris est républicain. »
Voyons ! Si vraiment Paris a sauvé l'honneur de la France^ ce titre est assez éclatant pour faire pardonner bien des peccadilles et même quelques crimes. Si réellement Paris est républicain, il y aurait là de quoi nous forcer à réfléchir ; car, si décidés que nous soyons à décenircUiser, nous n'entendons pas supprimer Paris; même en lui ôtant quelques-unes de ses prérogatives , son opinion ^rait encore d'un grand poids dans la balance.
Maïs, au risque de me couvrir de ridicule en osant contredire deux hommes aussi illustres, ja réponds hardiment :
— Non> Paris n'a pas sauvé la France. •— Non, Paris n'est pas républicain.
Et j'ajoute : S'il était républicain, il serait si in^ sensé ou si béte, qu'il faudrait immédiatement le faire interdire.
Ce qui a sauvé l'honneur de la France, c'est jus* tement ce qu'il y a eu de moins parisien dans les> éléments de la défense nationale. C'est le dévoue-ment de ces fils de famille qui, suspects à la Répu« blique, la voyant hostile à tout ce qu'ils aimaient ou vénéraient, n'en ont pas moins couru aû-devant du péril, tandis que les journalistes et les avocats déclamaient à cent lieues des Prussiens. C'est Thé-roïsme de ces prêtres, de ces cléricaux^ de ces sœurs, de charité, qui, injuriés ou persécutés par les créatures de Gambetta mx les compagnons de Garibaldi, n'écoutaient que l'appel désolé de la France au milieu des vociférations démagogiques ou impies. C'est la bravoure des mobiles, des vendéens^
:h^ LE RADEA9 DE LÀ MÉDUSE
ées zouaves pontificaux, de ces bretons de Trochu; €ans lesquels la journée duâl octobre, déjà si fatale, nous eût précipités, cinq mois plus tôt, dans l'a^ardbie et l'opprobre. C'est, en un mot, ce qu'il y a de plus contraire à la blagiie parisienne. Cellelà, nous commençons à savcÂr oe qu'elle a fait, ce qu'elle a laissé faire et oe qu'elle s'est vantée d'avoir lait.
Les derniers évésements jettent un jour impitoyable sur les phases précédentes ; l'épllc^e explique e drame. Jamais |e n'admettrai qu'on puisse être un hiros en octobre et un banâit en avril. Toujours je nm nafuserai àcroiire qiu'on ait pu être un foudre de guerre eninoi^embm ^ qu'on soit, en mars, un trenotbleur.
Or la population de Par^t, aussitôt après la levée du siéga, s'est divisée «n deux parts : une mi* norité d'un oontae dix s'est déclarée en révolte ou* verte^ ncHi^Beulement contre telle ou telle éventua* lité politique, mais con1a*e tout ce qui n'est pas destruction, sacrilège, meurtre, vol et pillage. Elle a : fait «ueeéder aux horreurs du blocus l'horreur
d'une tyrannie moins grandiose et plus odieuse que celle de 93. Une majorité de dix contre uft a subi ce joug infâoK^ qui suffirait à la honte d'un siècle et d'un peuple 9 sans songer à autre chose qu'à s'esquiver ou à se cacher.
Franchement, si vous voyez dans tout cda trace de vertus pa^iotiques et stoîques, dignes de sauver rhonne«r d'un gri»»i peuple, vous avez de trop bons yeux, et je me déclare inyùpe.
Au surplus, les inductions et les hypothèses sont
inutiles.. Entre la capitulation de Pariset le triomphe de la Commune, un temps bien court s'est écoulé ; assez long cependant pour que la Province, presque toujours dupe quand elle n'est pas victime, pût es renseigner sur ces modèles d'abnégation et de vail lance, résignés à mourir de faim ou à se faire chair à canon pour l'honneur «t le salut de la France,
Bon nombre d'échappés de Paris sont venus, notamittent, demanda un peu de nepos et de soleil au Uttoral'de la Méditerranée ; tous ont été unanimes. Le Parisien pur^sang, œlui qui devait, trois mois plus tard^ grossir les rangs de la révolte ou le per- ! [
îSS LE RADEAU DE LA MEDUSE
âonnei de ia déronte, s'est fort peu battu et n'a pas beaucoup souffert. Pour Timmense armée des ouvriers sans travail et sans envie de travailler, des petits boutiquiers sans clientèle, des marchands ruinés par la guerre ou le siège, des rapins d'atelier, des étudiants de treizième année, de ces industriels véreux qui pullulent sur le pavé de Paris, de ces gavroches qui font joujou de fusils et de barricades, de ces vagabonds qui couchaient dans les carrières d'Amérique et s'aflSIiaîent au clan du vol^ la défense n'était qu'une variante des ateliers nationaux, en uniforme, le sabre au côté et le fusil à la main, avec accompagnement de haute paye, de rations supplémentaires et de vin à discrétion. Le soin de veiller aux remparts, que l'ennemi se gardait bien d'attaquer, servait de prétexte à d'interminables parties de bouchon et de bezigue.
Quant aux sorties meurtrières, aux véritables combats^ ces héros — ceux surtout qui éclatent aujourd'hui — y brillaient par leur absence^ et la preuve, c'est le chiffre relativement minime — trois dents — de morts et de blessée, signalé, en cinq
PARIS bà
mois de siége^ parmi les gardes nationaux sédertaires. Au fond, ce n'était pas là leur affaire.
Leur affaire était de sauvegarder la République à leur façon, c'est-à-dire en l'envenimant, de fraterniser avec Blanqui, Mégy et Ranvier, de surveiller Trochu, Ducrot et Vinoy, et de leur susciter des embarras très-profitables aux Prussiens. Il en résultait^ entre les chefs militaires et cette partie de leurs troupes, des méfiances réciproques qui n'ont pas peu contribué à rendre illusoire cette défense trop vantée.
Ces sorties que le porte-voix de M. Gambetta transformait en chants d'Homère, traduits par Bitaubé^ et qui n'ont été qu'une illusion et un mécompte de plus, savez-vous pourquoi elles tournaient court et n'aboutissaient qu'à une perte inutile d'hommes, de munitions et d'argent? Parce que les généraux étaient encore plus inquiets des masses séditieuses qu'ils laissaient derrière eux que de l'artillerie invisible qui les arrêtait au passage parce qu'il leur était impossible de prolonger la lutte au dehors sans aggraver le péril au dedans.
M lE RADEAU ]>B LA MÉDUSE
Voilà la vérité vraie^ celle que Thistoire va écrire en marge des journaux^ des dépêches et des brochures destinées à flatter les multitudes. Et maintenaut, dites«moi si nos pauvres soldats^ ni^s pauvres martyre des bords de la Loire et des fronh tières de l'Est, qui, sans pain, sans provisions, affamés, gelés, déguenillés^ passant trente*siic heures sans manger ni boire, négligés par leurs officiers, à peine commandés par des généraux de hasard, ont ramené sous nos drapeaux une ombre, une velléité de victoire, dites-moi si ceux--l& n'ont pas sauvé l'honneur de la France plus que les défenseurs à deux tranchants de Paris assiégé et de Paris factieux, plus que les exécuteurs testa*mentaires de la résistance nationale au profit des Prussiens, des assassins, des repris de justice et des pillards!
Je serai pluâ bref avec Paris répubUeain, un des plus effrontés paradoxes qui s^ent jamais fait tourner la girouette d'un homme d'État. Si vous l'appelez républicain, pa^?ee que, tous les vingt ans, il nous offre le spectaele d'un million de bour-
geois méeont^ts et frondeurs, empressés, le matin, de donner une leçon au pouvcnr, et forcés, le soir, de subir le bon plaisir de quelques milliers d'émeutiers^ soit î Mais c'est là un assez triste programme, et, dans l'intérêt des générations à venir, il conviendrait d'y faire des retouches.
Est*ce bien la République, c'est*^-dire un gouvernement comme un autre, n'excluant ni la modération, ni l'ordre, ni l'autorité, ni la justice, que ces quelques milliers d'émeutiers, de tapageurs et de gredins entendent imposer à ce million de bourgeois? Non, c'est la révolution de la veille et l'anarchie du lendemain.
Est-ce une république quelconque. Grecque, Romaine ou Américaine, que salue ou accepte ce million de bourgeois ? Non, ils ne savent ce qu'ils veulent, ce qu'ils font et ce qu'ils subissent; sinon que le commerce va mal, que les ministres commettent des fautes, que le Siècle n*est pas content et que le parti prêtre menace de plus en plus la liberté de conscience. Us sont aussi peu sorciers c^ue possible; s'ils l'étaient pour un moment, s*ils
pouvaient prévoir les conséquences de leurs entraînements^ ils pousseraient des cris de désespoir^ d'épouvante et de colère contre ces tyrans de la rue et de Tégout, mille fois plus ruineux que tous les despotes anciens et modernes.
Gomment en serait-il autrement? Qui est plus intéressé que le Parisien au maintien ou au rétablissement de la monarchie? Qui pourrait ê'tre républicain à Paris? Les hautes classes, Taristocratie, les nobles habitants du faubourg Saint-» Germain ? Us n'ignorent pas que la République» telle qu'on Ta toujours professée et pratiquée en France, est pour eux synonyme de trouble, de péril, d'angoisse, de gêne, que la pire des monarchies leur est plus favorable que ces envieux de toute supériorité, ces ennemis de toute grandeur, ces destructeurs de toute fortune, ces profanateurs de toute noblesse ; il leur sufSt, pour les redouter et les haïr, d*un peu de claivoyance et de mémoire. La haute finance, la haute banque, les grands industriels, les grands capitalistes, les grands dignitaires de Sa Majesté TÂrgent? Â ceux-ci la
République fait plus de mal encore; car leur fortune mouvante, engagée dans de vastes affaires, balancée par d'énormes dépenses, souffre bien plus que la propriété et la province des agitations publiques. Les marchands de luxe ou de fantaisie, ceux dont les beaux magasins, aujourd'hui fermés et cadenassés, font en temps de calme les délices du flâneur? Priez-les, après six mois de République, de vous montrer leur livre de comptes.
La tribu des écrivains, des savants, des hommes de travail et d'intelligence? Hélas! Si quelques « uns de ceux-là, cédant à des ardeurs d'imagination qu'ils prennent pour des convictions politiques, sont ou se croient républicains, leur illusion n'est que trop punie; depuis Fauteur dramatique qui n'a plus qu'à se croiser les bras, jusqu'au chanteur qui ne trouve plus à placer ses vi de poitrine; depuis le peintre dont les toiles attendent vainement un acheteur, jusqu'au costumier dont les ciseaux rentrent dans leur gaine ; depuis le romancier jusqu'à l'éditeur ; depuis le danseur de l'Opéra jusqu'au professeur au collège de France, toute
cetle portion si Gonsidérable et si parisienne de la population de Paris figure aa premier raz^ des victimes de la Répubtique.
J'ai vu, de mes propres yeux vu, à Cannes^ un sculpteur célèbre offmnt, à prix réduits, des dessins afin de pouvoir payer son hôtel. A quoi bon continuer ce dénombremei^ dont pourraient se cl^urger Sancho et M. de La Palisse? Prenez une à une toutes les classes sooiaks, tous les éléments de la vie active, commerciale, littéraire, mondaine, artistique, toutes les spécialités dont se compose cette gigantesque agglomération d'intérêts et d'idées que Ton nomme Paris; poor chacune et pour toutes^ la réponse est la même; pour toutes et pour chacune la République^ avant même de s'être affirmée autrement que par le seul fait de son nom et de son exigence, est aussi mortelle (|ue le persil pottr le perroquet*
Reste^ je le sais, toute une population infé* rieure, ou, pour parler plus exactement, souterraine, dont les dernières couches, pareilles aux marches d*un escaliw dantesque, vont se perdre
dans les ténèbres de Mazdas ou le dair^obscar de la police. Restent les classes qoe la statistique qualifie de dangereuses^ noctambules du vice et du crime. Restent les métiers interlc^s, cercles de fer, de haillons et de boue», qui eauvelappeut la grande cité pendant ses veillées étiacelantes ou son itisoùciant sommeil. Restent edfin les naufra^ gés de tous les pays, les Ouîlawsâe tous les régimes, les fruits-secs de tous les espaliers, le& coureurs de toutes les aventures, tous ceux à qui la politique sert de prétexte pour ennoblir leurs démêlée avec la justice, et qui trouvent plus facile de propager là République générale que de pratiquer Thonnô-* *eté particulière. Accorderez^vous à tous ceux-là le titre de républicain? 0ht non; si malfaisante que soit la République, éparguonsolui cette injure I Non, ils ne sont pas républicains; ils sont, suivant le degré de culture, de bonne foi ou de dépravation morale, utopistes, ambitieux, niais, vaniteux, énergumènes, profanateurs, destructeurs, forcenés, pillards, incendiaires et bandits. Découvrez- vouâ
dans cette gradation inquiétante de quoi former
un parti politique, de quoi fonder un gouvernement^ de quoi déterminer Topinion d'une ville qui se vante de faire de chacun de ses becs de gaz le phare de la civilisation moderne? Allons donc!...
Il y a plus : si nous passons des intérêts maté* riels à la grande question des rapports futurs de Paris avec la province, l'évidence redouble. C'est au nom de sa prépondérance menacé j, de la centralisation inquiétée, que Paris s'est insurgé contre la France; c'est pour complaire à Paris républicain, que Ton maintiendrait la République. Eh bien^ il n'y a à cela qu'un malheur; c'est que cette République si chère à Paris ne pourrait pas exister trois mois sans la décentralisation la plus complète ; c'est que Paris si désireux de vivre sans royauté ne pourrait espérer qu'avec une royauté mal conseillée ou trop fidèle à la routine, le maintien de la centralisation administrative et politique, pour laquelle il fait semblant de se battre.
Conclusion : le prétendu républicanisme de Paris n'est qu'un contre-sens^ un sophisine, une série d'accès de fièvre, l'altération profonde, que
dis-je? la patréfaction de l'idée républicaine.
Paris est en deçà ou au delà de la république, telle qu'il la faudrait pour qu'elle pût durer.
Enfin, de deux choses l'une : ou Paris n*est pas républicain^ et alors pourquoi feindre ? pourquoi mentir? ou, sUl l'était, ce serait un tel aveuglement, une telle démence, qu'il siérait d'être raisonnable malgré lui, claivoyant pour lui, et de lui donner la province pour conseil de famille.
Prédiction: si, comme je Tespère, l'armée de Versailles ou plutôt de la France réussit à dompter le mauvais Paris et à délivrer le bon, c'est à Paris que la réaction monarchique aura le plus d'éclat et de fougue; c'est Paris qui criera avec le plus d'enthousiasme : Vive le Roi!
tu avril i&7i.