LE KMIKAV OB UL MÉDUSE
Sans doQte, il y a on pea de teat cela dans le spectacle qui nous désole; mais il y a aatre chose encore, et c'est cet om^ ehate qae je Tondrais io* diqner.
Rien de plus beau, mais rien de plus rare, que le dévouement absotn, sans aucune espèce d'arriëiepensée personnelle. On ne se dévoue pas dans le vide; on ne pe^rte pas son argent, on ne verse pas son sang sur Tautel d'un Dieu auquel on ne peut pas croire. Il but, môme chez les meilleurs, un ressort, un mobile, un but, un point d'appui. La plus pufe, la plus srcrée djs sources de dévouement, — la religion, — tarirait d'eUe-môme, si les âmes pieuses n'avaient plus à espérer les récompenses étemelles.
Maintenant, parcourez en idée Paris "et la France. Mettez à part ces minorités tuii>ulentes, démagogiques, communistes, criminelles, qui ne savent que trop bien, celles-là, pourquoi elles se battent, à quoi elles se dévouent; ne comptez que les classes et les Opinions qui peuvent concourir au salut du pays : gentilsbonmres, fils de f^.'nille, riches propriétaires.
CEI &E DiTESSSS WJ
cultivateurs aisés, manufacturiers, iudustriels, marchands, rentiers, bourgeois, a^rtisans honnêtes et raisonnables , travailleurs soucieux de conserver leur modeste pécule. Cette masse d'individus, si différents, mais parfois unis dans un sentiment ou un intérêt commun, a montré deux fois, depuis le commencement de nos désastres, que Tesprit de conservation peut avoir, lui aussi j ses heures de bon accord et d'irrésistible élan, des heures où il sait ce qu'il vent et où il oourt à son but sans se laisser endormir par I-égoïsme, ni égarer par le mensonge.
Il s'agissait, la première fois, de repousser les Prussiens; 'la seconde fois, d'arriver à la paix. Voilà deux objectifs bien nets/bien visibles, sur lesquels personne ne pouvait se tromper. B:epousser les Prussiens, c'est-à-dire protéger son pays, sa famille, son cbamp, son foyer, son honneur, contre cette invasion, dont le souvenir, après tant d'années, sai- -gnait encore, et qui a été de «plus en plus meurtrière dans ses récidives; obtenir la paîx, c'est-à-dire, faute de mieux, arrêter les progrès de cette invasion
dévorante, préserver ce qui restait intact, arracher à la maladie, à la prison, à la faim, à la mort, tous ces pauvres enfants que la France en deuil redemandait à ses ennemis et à ses maîtres, abréger une lutte déjà trop longue et essayer d'entrer en convalescence en sacrifiant la chimère à l'urgence, la gloriole au bon sens, l'impossible au nécessaire, le rêve de quelques ambitieux à la vie de trente-cinq millions d'hommes.
Dans ces deux circonstances, la situation avait au moins le mérite de la clarté. Si le premier de ces deux efforts est demeuré stérile, à qui la faute ? Que peut rhéroîsme individuel, quand il n'y a plus ni gouvernement, ni direction, ni oi^nisation, ni discipline; lorsqu'à l'ennemi du dehors se joignent les ennemis du dedans; quand des troupes improvisées, succédant à des armées disparues, ont à se débattre contre Tincurie des chefs, le désarroi des intendances, le froid, le dénûment, Tabandon, contre des privations et des souffrances auxquelles n'auraient pas résisté des soldats aguerris par vingt campagnes?...