‹ Le radeau de la méduseChapitre 14 sur 32 · CRI DE DBTRK8SB · texte numérisé non relu

CRI DE DBTRK8SB

En revanche, la France, consultée quatre mois trop tard, a voulu la paix en février comme elle l'aurait voulue en octobre. Cette fois, rien n'a pu prévaloir contre la volonté populaire, aifirmée dans les élections ; ni Tamour-propre national, exploité par des charlatans qui déclamaient au lieu de se battre ; ni les menées démagogiques ; ni les violences arbitraires des tyranneaux de communes et de clubs; ni les furibondes dépêches de M. Gambetta, ni les mesures d'intimidation essayées par ses préfets. Le succès, quoique trop tardif, a été sans réplique, e . il eût été plus complet encore, plus décisif pour notre salut, si un esprit de vertigcf et d'erreur n*eût diminué de moitié les attributions de cette Assemblée nationale, de qui le suffrage universel attendait évidemment deux bienfaits : la paix et la monarchie.

Vous le voyez, les honnêtes gens eux-mêmes, — cette majorité, si souvent convaincue de faiblesse, d'inertie ou d'impuissance,— savent très-bien par* venir à leurs fins, quaad ils voient clairement à quoi ils se dévouent, quel est le but de leurs efforts, quel sera le prix de leurs sacrifices.

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Mais aujourd'hui! au nom de quel intérêt, de quel sentiment^ de quelle foi, de quelle idole, de quelle récompense, leur demanderait-on d'extraire encore un peud^argent de leur escarcelle vide^ un peu de âang de leurs veines épuisées ? A qui et à quoi se dévouerasent-ils? A la République? Laquelle? Celle de M. Thiefrs? Lesplcôsanteries, même celles des hommes d'écrit, perdent à être trop prolongées. Celle de M. Jules Pavre, de M: Picard, de H. Jules Simon? C'est un régiment où les soldats sont eonstammenlrprêts à tirer sur leurs capitaines, UE étai^major sans cesse combattu^ trahi, débordé iparsiiiii'armée.

£n quoi d'ailleurs la République ou la politique de ces messieurs ou de ces citoyens difif%re-t-elle sensiblement de celle de M . Jules Ferry qui m'est suspect, de M. Pelletan qui a donné à Mégy la clef des champs et des barrica$!es, de M. Gambetta dont ladictature insensée a coûté plus cher à laFranceque toutes 'les^fautes et toutes les folies de l'Empire ? Êtesvous bien certain que M. Gambetta soit absolument étranger ou franchement hostile au mouvement

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cûmmimiste, qui^ depuis sept aôiuaiaes^ opprime, ensaQgknte, pille et désbo&ore Paris ? Si ce n'est lui, c'est donc ses firères! S'il est séparé des imeueurs de cette tragircomédâe isfiemiale, que d'iatermédiai* res paurra{qm>Gherl€» distances et supprimer de nouveau les Pyrénées ! Que d'anaeau& pour relier entre elles les diverses parties de la cbatne I

Si vous placez, par exemple^ entre Gamhetta et Dolescluze, des honomoes tête que Louis Blanc^ Vietor Hugo, Edmond Adam, Lockray, Tirardyje vous défie d'apercevoir un vide, une solution de continuité dans, ces variétés ou ces gradations de l'écarlate; nous arriverions ainsi de Jules Favre à Rochef<»rtj de Rochefoct à lourde^ de lourde aux échappés de Mazas et de k Roquette, par des pro« gressions teilenirat imperceptibles, par des transi*tions si bien ménagées^ que, si les derniers décrets de la Commune nous semblaient sortir du lacrymatoire de notre éloquent ministre des affaires, étrangères, rilliraion serait pardonnable.

Au surplus^ pourquoi discuter ce qui saute aux yeux ? N'antils pas tous concouru à la même

œuvre^ et cette œuvre de ruine et de mort peut-elle tout à coup s'effacer, parce que la République vertueuse et inconséquente chevrote de sa voix cassée : Halte I Halte t pendant que la République logique et scélérate crie de ses robustes poumons iMarche! Marche t Ne portent-ils pas tous la marque, Festampille, la tache du 4 septembre, date fatale qui pouvait tout sauver et qui acheva de tout perdre, mo» ment décisif où la vanité et Tégoïsme d'une poignée d* ambitieux affectèrent de ne pas comprendre tout ce qu'il y avait de monstrueux à greffer une Révolution sur une défaite, un malheur sur un désastre, un accès de fièvre chaude sur une blessure saignante, à désoi^aniser la France à l'instant même où le peu qui lui restait d'ordre, de forc«, de hiérarchie, d'autorité^ de discipline, suffisait à peine à conjurer ses périls ?

Sommes-nous obligés^ nous, les victimes de cette folie, les dupes de cet escamotage, les patients de ce long supplice, de nous fatiguer les yeux pour distinguer ce qui se perd déjà et se confond, au bout d'une saison, dans les ombres d'une ménoe

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