LES ÉLECTIONS MUNICIPALES
A quoi boQ le disumuler?. Sauf quelques heureoh' ses e&ceplions, les: électioas mimicipales n'ont pas; cé|)OQdu à.aoaesiiiëraae8a. Moins de^tirois mois noli suffi au. suffrage univerad; pour se: déjugée sur un^ grand nombre de points, et dire, le 30 avril, le eomtraii» de ce: qufil avait dit le 8 février. C'est une vecbttto, et l'on stit, eiL médeciae, ee cpe pjnésage unaxechute, surtout (pand le malade, esi rebslfev k Gon^alesoence douteuse, l»«ialadie t^rible.
^mment ce qui semblait si dais 1^ loidemaii»
éas 8 février s'eat-il de nouveau^ eni^eloppé de sôûsh très et sanglants iMAgBSÎ Que s'esti-il donc passé danaeas>commuiies*q|ui, malgré le votaan cantOBy^
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le choix d'un jour ouvrier, la pression démagogique, les journaux incendiaires, le despotisme préfectoral, avaient si nettement aflSrmé leurs volontés, leurs sympathies et leurs rancunes ? Ont-elles retrouvé, depuis lors, assez de calme, de prospérité, de sécurité, de bien-être, pour se reprendre à leurs illusions et oublier leurs souffrances? Ont-elles eu, du 8 février au 30 avril, assez à se louer de la République pour se réconcilier avec elle ? N'est-ce pas plutôt que nos maux, en s*aggravant, ont exaspéré ces multitudes, toujours prêtes, dans l'explosion de leur colère, à frapper à côté, à se tromper sur les vrais auteurs et les vraies causes de leurs mi* sères?
Faut-il attribuer le triomphe de la démagogie à ces abstentions impardonnables dont nos instances n'ont pu diminuer le nombre, et qui parfois nous découragent, nous, défenseurs bénévoles de gens obstinés à ne pas se défendre? Dans ce dernier cas, quelle serait, non pas l'excuse, mais l'explication d'une inertie épidémique qui justifie le vieux proverbe : c Les absents ont tortl » et amoindrit d'un
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bon tiers la majorité conservatrice? Cherchons.
La lutte n'est pas finie; elle doit, avant peu, se renouveler sous d'autres formes et sur un autre terrain*
La question est capitale, le péril imminent, J'urgence irrécusable. Analyser le mal, c'est peut-être préparer le retour au bien.
D'abord, dans bien des localités de notre connaissance, la victoire RépuBLiGAiNs a offert un édifiant spectacle, qui nous consolerait si nous pouvions nous réjouir de ce qui humilie et déshonore l'humanité. Elle a été le monstrueux produit d'une fraternelle alliance entre le parti écarlate et les impérialistes les plus compromis. A Avignon, par exemple, nos républicains austères, nos stoïques victimes de TEmpire, nos incorruptibles amis des citoyens Bordone et Honoré Brun, auraient été complètement battus s'ils n'avaient admis et fêté, en tête de leur liste, qui ? le dernier maire du régime impérial, un ex-adjoint de M. Pamard et un fabricant millionnaire qui, à l'époque du plébiscite, — il y a un an à peine, — mit ses deux cents ouvriers
%r LB RADEMr DIT I/Al MéDVSB
en demeure ou de voter eut, ou d'aller chercher ailleurs du tnavail et du pain.*
Ajoutons, entre parenthèse^ que le succès de c» messieurs,— essentiellement conservateurs par in*térôt et par état^ ^ a^eu^ un l^demain dont lis ont d<l être bien heureux et bien fiers.
Le journal démagogique de l'endroit, après avoir célébré le' résultat des élections avec un agriahle mélange de a>ntentement et de réserve,. consacrait tout le œste de son papier à nous prouver que le» conununards parisiens étaient: de fort honnêtes gens, qu'on Jes caionmiait^odiettsement; que toutes 1g& histoires de réquisition^ d'emprisonnement^ de meurtre etde pillage étaient des mensonges inventés par ces gueuxderéaotionnaires, et qu'il n'y avait pas eu à Paris, depuisi le tt mars^ un* sbul.attbktat coious coNims tBSiPaoraiéTite n les persomnc» lit
N'importe! oes immorales alliances, bien qu'elles-, sa soient produites dans beaucoup d'autres* Wlles,.. ne: suffiraient pas à nous- livrer le: mot de l'énigme*. Ce qui esti pontif, ce .qui ressort, claisement de la lutte électorale du 30 avril, c'est que le parti im-
LBB ÉXBGTI^Nfl MVNiCIrJPA&BS ^
p^riftlislfe, vainea^ annulé aux élections géiiéal«% s'eali Bttmis ui ligBA pour e&vemmer le eenflU, ee^ traver le mouvement monartthliiœ et révéler une fois de plus ses affinités clandestines avec le communisme; c*est que Tes Steus — vieux mot que nous espéri4ans voir mourir d'inanitioni et de vieillesse, —^enl encore cédé à leurs préjugé» et à leurs haineâ de caste oantre oette ]iiûimrchie.qui ne se veuj^ cait d'eux que par ses bienûdts; c'est, enfin, qu'unemasse df électeurs: iafiécassés au maintien de l'ordre^ au rétablissement de l!au4K)rlté,: se sont abstenue,, et^ en a'abstenant, ont laissé pencher la balance du cAté de la démagogie. Réveil deUinlrigue bonapartiste, insurmontables pré ventione de la' bourg^oisiev. décousa^ment. oa lassitude de boa nombre dft nos amis qui pouyaienl nous apporter un victO'^ rieux appoint, trois causessecondaiieaq^i, &'ajoutant à la cause principale, — le ^gain des espérances et des audaces révolutionnaires, — devaient nécessairement déplacer les conditions du combat et les chances du succès.
Maintenant, pourquoi les hommes de désordre^
un moment démoralisés par l'armistice, les élections générales et la paix, viennent-ils de nous rappeler le serpent de Virgile,
« AtlolUntem irat, «I eœruia colla tumentemf »
Pourquoi les bonapartistes s'efiforcent-ils de rentrer en scène et cherchent*ils à extraire une revanche de Texcès de nos malheurs? Pourquoi les bleus — je ne dis pas précisément les orléanistes — aiment-ils mieux pactiser avec .leurs ennemis et les nôtres que se réconcilier franchement avec les seuls principes qui puissent sauver du naufrage les débris de leur fortune? Pourquoi Timmense catégorie des neutres, des découragés, des poltrons, des man'quanis, s'est-elle obstinée ou grossie au point de rendre notre victoire impossible?
Encore une fois, cherchons.
Quoique l'insurrection parisienne ait été à peu près comprimée dans tout le reste de la France, quoique le feu qui dévore lïotre malheureuse capitale couve en province sous la cendre, il n'en est pas moins vrai que nous ressentons tous Tialbaxmem
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de cet. événement gigantesque dont les ravages pénètrent et pénétreront plus avant que les obus prussiens. Ces ravages sont d'autant plus funestes qu'ils s'exercent, non-seulement rue de Rivoli ou place Vendôme, mais dans le monde invisible des consciences et des âmes.
Remettant en question ce qui semblait résolu, ranimant de criminelles espérances, retardant un dénoûment nécessaire, paralysant le patriotisme qui restait debout sur nos ruines et se préparait à s'indemniser de ses défaites par ses sacrifices, ils sont cause que les esprits faibles et légers tombent dans une sorte de fatalisme mulsuman et renoncent à lutter contre ce courant démocratique pour le* quel toutes les digues deviennent des écluses.
ku premier éclat de cette nouvelle catastrophe il y avait encore quelques bonnes chances. La rapidité et l'énergie de la répression pouvaient faire tourner cette agression sauvage au profit de tout ce qu'elle essayait de détruire. Sans recourir à une millième édition de l'esclave ivre offert aux regards des jeunes Lacédémoniens pour les dégoûter de
riinresse^. on pouvait espémc que cette raptui«> 6# firontée d'une poignée dféneigumènes^ de factiess et de bandits, aTec le dooit des gen» et Ift société nigulière^ fecaitœntrer en eux-mêmes tous les' nfrpublicainseb fatveîlle» chez qui le patriotÊune n^ë^ tait pas absolument étouM ou gangrené par les^ pluft détestable» pasiîca&Hqai aient jamais ohanigé rhomme en bête: fauve.
D'autre part^ le surerott de malaise que ohaeune' ùb ces jouraées de fureur et de sangc allaiit infliger à toutes les classes de nos populations, ài toutes le» branohes de mttre indufitcie,.à toitfes^itts reanonirces de notffe budget, à tous les. ressaie de notre actfî*' vite, pouvait< deasilto Ies> yeu& les plus aveugles^, convertir les foulësles plus aidurcies, et les brouil^ 1er à tout jams!» avec une fomna ou un semblant de gouvememait où> dérisoire tàme h pimUaire, oib chaque, nouveli épisode marquB?unt pro^s dans liH dresse univeraeUev
Rien* de tout cdara'estairotvé, etnedemt arrrver. Il n'y a pas jusqu'à présent proportion^ saffi>> suite entre l'énormité de: Tattaque «t l'éclat; de^ fil
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défense. Nul, en France, n'ignore (piels (mt été les préliminaineside cette seconde invasion; comment Hl Jules Favre a été mystifié parses chera Parisiens, et conunent M. Thiers, pressé de foin Paris, a négligé certaine») précautions- stratégiques- qui eussent épaitgné: à Uarmée de Versailles biem des^ effiirts inutiles. A égale distance d'une défaite décisive eb d'une propagande victorieuse, la Commune soutient un siège en. règle, qui dure depuis cinquante jours et a'en est encore qu'aux avant-postes.
Le» juges éclairés tiennent compte au gouvernement dès- difficultés inouïes qui compliquent les opérations, de la nécessité de n'avancer qu'à coup sûr, de ne pas verser le sang innocent, d'épargner le plus possible ce Paris qui s'épargne si peu lui*»
même. Mais les masses ne voient et n'apprécient que les résultats.
Pour nous borner à notre midi et à' quelques détails tout actuels, voilà les maralùbors de Ph)vencet les jardiniers de liai cdle dU^RtiAvB^ lès expéditeurs d'Arles, de Taraseon et^d^Avignon, qui ne trouvent plus de débouchés pour les^fiuits' et les légumes.
Encore quinze jours, et les cocons, qui s'annonçaient bien, nous prouveront, à nos dépens, que la folie des hommes est encore plus ruineuse aue la maladie des vers-à-soie.
Encore six semaines, et Pomone en deuil jettera dans notre beau fleuve figues et abricots, prunes et pêches, poires et raisins, faute de pouvoir les envoyer à Paris.
Encore trois mois^ et nos garances, seul espoir du riche et du pauvre, perdront soixante pour cent
de leur valeur; et cela^ pendant que notre implacable sécheresse^ les désastres de l'Algérie et le manque de circulation élèveront les céréales à des prix tels, que le pauvre n'aura plus de pain; pendant que nos paysans sont forcés de faire du bois de chauffage avec leurs oliviers que l'hiver a tués, avec leurs vignes que la Philoxerra vastatrix réduit à l'état de squelettes !
Eh t bien^ vous croyez peut-être que le peuple, dans cette situation épouvantable, fait remonter aux coupables la responsabilité de la gêne d'hier, de la pauvretés d'aujourd'hui, de la misère de
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demain? Non; l'excès de souffrance ne raisonne pas; toutes les douleurs aiguës, depuis la faim jusqu'à la fièvre, ont leurs paroxysmes d'injustice. Puisque j*ai risqué une comparaison médicale, j'en commettrai une seconde. Le peuple ressemble à ces malades incurables^ plus irrités contre le médecin qui ne sait pas les guérir que contre le mal qui les ronge. Le bistouri est plus souvent maudit que le canon.
Je parierais volontiers que, sur dix électeurs de petite ville ou de campagne qui avaient voté pour les candidats de la droite, cinq au moins ont changé de drapeau ou tourné le dos aux urnes, furieux que leurs bulletins du 8 février ne leur aient pas rendu ce qu'ils en avaient espéré.
Voilà pour les masses populaires, pour les ennuyés, les découragés et tous les sous-genres des abstentionnistee» Parmi ceux-ci, les poltrons occupent un rang considérable. Leur raisonnement est bien simple : « depuis près de deux mois, le gouvernement n'a pas su triompher de quarante ou cinquante mille gredins, qui tiennent en échec la
Wè LU mÂO&àiS: DS La KÉ&US»
nation tout entière.. Bonc, cfôgBediiis*sozitrfidoah tablèsy et le gouvememeat n'est pas à craindre.
« Si je vais^ le jour du TOte^ k mon pwiOon ûu à ma bastide, M. Thien» ne me fera pas- fusiller: Si Ton me voit voter pour la liste monarcbiq!)^ i»ob voisins, les doyens B;.* et G4..9 sont gens à me faire un mauvais parti*.^ ma fait teoitipist rfen de plus sain que Fair de^ la eampagne au renouveau d'avril et de mai.
« Pourquoi nos sei^eurs et matlx^s de Versailles ne se décident^ils pas? Pourquoi vofft-ils^ si lent^ ment en besogne et cherchent-ils à éterniser le pro* vîsoirc? »
Ce raisonnementpusillanime, mais logique^ prend chaque jour plus de consistance à mesure que las espérances trompées s'aggn^vmit du^ temps perdu. Le l*^mars, les élections munidpaies auraient été excellentes; le 1^ avril médiocres;- le 30^ avril,
elles ont' été mauvaises que seraient-elles le
4«' juillet?
Restent les bonapartistes. Hélas t leur rôle ét&dt tracé d'avance; Ne pouvant pécher (px'ea eao
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trouble, ils troublent l'eau et piétinent la vase^ Âu fait, pourquoi lein^a calculs sefraient-ils taxés de folie? Tous nous risquons de périr d'une apoplexie d'imprévu» Quds que soient no& légitimes griefs contre TEmpire^ Napoléon III ne nous est pas plus odieux que M. de Bismark^ Or, si les héitos db la^ Commune nous ont rendu^. par comparaison^ Im Prussiens moins haïssables, pourquoi le même effet d'optique n'aurait-ilpas. lieu au bénéfice de ce César fugitif, qui a emporté notre fortune? Ne suffit4l> pas, en France^, d'être tombé pour réveiller de gé-> néreuses sympathies? Les indifférents, les égoïstes^ les sybarites^ les^ hommes de Bourse et d'affaires^ ne toaenenMIs pas un regard furtif- de complaisance et de regret ver»- ces années* plantureuses^ où les périls et les désaslx^» à venirse cachaient sous des' fleurs et des billets de Banque? Allons, encore un peu d'intrigue et de complotl ce n'est pas changer d'habitudes. La Prusse, la €k>nmiune, leCësarisme, trois puissances beaucoup moins hostiles les unes" aux autres qu'on ne saraitit^té de le croire; trois variantes d'un méme^désostce; Irols^ tétes' d'hydre
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dans an même bonnet phrygien; trois dignes émules dont on ne saurait dire lequel a le plus fait pour notre ruine I
Je serai plus bref et moins vif avec les bleus de toutes nuances, depuis le cobalt orléaniste jusqu'à Findigo Tbiers et Picard. Ici le politique devrait céder la parole au moraliste, et, pour le dire en passant, bien des questions s'éclairciraient plus vite, si l'observateur prenait le pas sur le publîciste, si, au lieu de regarder la couleur du drapeau on étudiait un peu plus les secrets replis du cœur humain.
A ce point de vue, les élections municipales sont moins significatives que les élections générales. Dans la même ville, dans la même rue, des froissements d'amour-propre, des ressentiments à coups d'épingles, dçs conflits de voisinage, des querelles de famille, des commérages de cercle et de café, se traduisent en dissidences électorales sans toucher au fond des opinions politiques.
G*est parmi les bleus qu'on rencontrerait le plus de ces anomalies. Tel bourgeois paisible que la vue